Ø Christine
Titre de l’album : Maria : Maria Malibran 1808-1836
Titre de l’extrait choisi : Yo que soy Contrabandista
Nom du compositeur ou de l’interprète : Manuel Garcia, comp., Cecilia Bartoli, S.
Genre musical : Chanson lyrique
Dans cet album Cécilia Bartoli nous permet de découvrir le répertoire de la cantatrice Maria Malibran, dotée de talents immenses, qui chantait en Italien, Allemand, Français, Anglais et
Espagnol (sa langue natale). elle fut la première diva de l'histoire de l'opéra, la première déesse du Romantisme. Maria Malibran a l'étoffe d'une super star. Elle est la première cantatrice à reprendre le flambeau des castrats, que le public d'opéra
idolâtrait aux siècles précédents.
Fascinée par les qualités vocales et dramatiques extraordinaires de Maria M. , Cecilia Bartoli cherche à reconstituer la sonorité de l'époque en prenant compte de tous les paramètres : le type de voix, la conduite de la voix, l'étude des partitions originales, les instruments d'époque. C'est cette voix hors du commun qui permit à Maria de chanter un répertoire inhabituellement vaste : de l'opéra baroque à Mozart et Rossini, puis la musique "contemporaine" de Donizetti et Bellini. Beaucoup d’œuvres furent spécialement composées pour elle et créées par elle. Avec cet album, Cecilia se concentre pour la première fois sur l'époque romantique.
Ø Pauline
Titre de l’album : Abcd’erre de la vocalchimie
Titre de l’extrait choisi : C’est non !
Nom du compositeur ou de l’interprète : André Minvielle (Claude Nougaro, paroles)
Genre musical : chanson d’oc, jazz, bal pop-muzette, scat
Inclassable et généreux : jubilatoire ! 2ème album toujours aussi multiple par les jeux de mots, de langues (occitan, portugais, créole), d’accents, d’instruments (mains, bouteilles, porte-voix, samples…). André Minvielle est un poète et un virtuose des sonorités de la langue. Le livret qui accompagne le CD est une merveille à parcourir avec attention.
Extraits : Les journalistes s’éclatent dans leurs chroniques discographiques : « batteur, scatteur, rappeur, rime-ailleurs, griot, de jazz en java, de mémoire gasconne en musiques pygmées, improvisateur entre hip-hop et free jazz, lanceur de poésie, expérimentateur de « yaourt », poëlitique, joueur avec les sons et les sens »…
Bio : Né dans le Béarn en 1957, il s’inscrit aux cours de percussions et de chant lyrique au conservatoire de Pau. Ses parents tiennent un bar-restaurant où il s’imprègne du chant d’Oc. Il se passionne des traditions populaires ou savantes, notamment grâce à quelques voyages. Chanteur de bal, il s’amuse avec des imitations (Stevie Wonder, Michel Jonasz), il travaille également avec l’orchestre de Pepe Nunca. En 1985, il assiste à un concert de la compagnie Lubat (Bernard Lubat est alors le batteur girondin de Nougaro). Il mène des travaux expérimentaux avec des vocalistes de toutes les nationalités et commence sa réflexion sur l’oralité et la musicalité de la langue. En 2000, il entreprend un énorme travail de collectage des accents de la francophonie avec l’association « Les Chaudrons » (projet Suivez l’accent) avec l’idée de constituer une importante phonothèque, des terroirs de la métropole à l’Outre-mer.
Discogr. : Il sort son premier album solo à 40 ans Canto ! après avoir collaboré à de nombreux albums musiciens et participé à plusieurs spectacles, ateliers d’improvisations, cours de chant…etc. En 2007, il a sorti un dernier album solo : La vie d’ici bas.
Ø Anne-Marie A
Titre de l’album : La Giuditta : oratorio
Titre de l’extrait choisi : Aria : Dalla destra onnipotente
Nom du compositeur, de l’interprète, du groupe : Francisco Antonio de Almeida (1702-1755), comp. ; Lena Lootens, S (Giuditta) ; Martyn Hill, T (Oloferne)... [et al.] ; Concerto Köln ; René Jacobs, dir.
Genre musical : Musique vocale sacrée : 18ème siècle ; oratorios.
Francisco Antonio de Almeida est un compositeur portugais du 18ème siècle. Sa Giuditta, oratorio donné à Rome en 1726, est un chef d’œuvre très dramatique puisqu’il raconte l’histoire de Judith, délivrant sa ville de Béthulie assiégée par les troupes assyriennes du général Holopherne. Judith et Holopherne, un épisode biblique bien sanguinaire ! Il apparaît souvent dans la peinture de l’époque et dans de nombreux oratorios du XVIIème.
L’histoire : Giuditta, Judith, veuve, belle et courageuse, est fille d’Israël, vivant à Béthulie. Holoferne, général en chef des armées du roi des Assyriens (Nabuchodonosor II), est chargé de mener une expédition punitive contre tous les peuples qui lui ont refusé leur aide militaire, notamment Jérusalem. Il assiège Béthulie et s’empare des puits de la ville pour assoiffer ses habitants. L’action se déroule en 588 av.J.-C. Judith feint de séduire le général Holoferne, l’enivre avant de lui trancher la tête pendant son sommeil et de la brandir devant ses compatriotes pour les exhorter à combattre Babylone.
Le compositeur : Francisco Antonio de Almeida (1702-1755) fut envoyé par le roi Joao V comme élève boursier à Rome pour y étudier l’art musical italien. De retour à Lisbonne il est engagé comme compositeur officiel de cantates, sérénades et opéras pour la cour. En l’écoutant on ne peut s’empêcher de penser à Haendel.
Ce trésor oublié de l’opéra baroque portugais est un régal, avec une tension extraordinaire dans la deuxième partie.
Titre de l’album : Bye mélanco
Titre de l’extrait choisi : Gay marions-nous
Nom du compositeur ou de l’interprète : Anne Sylvestre
Genre musical : Chanson française
Non, elle n’a pas écrit que les fabulettes ! Mais bien d’autres beaux textes et des textes pour adultes. Tour à tour nostalgique, joyeuse, insolente… elle a pris de la distance avec un passé souvent douloureux et nous ravit avec une célébration de l’amour « gay ». Elle a fêté ses 50 ans de scène en 2007. A écouter absolument en prenant son temps pour bien tout entendre.
Ø Philippe
Titre de l’Album : Musique de l’homme (Musica Guild 2003)
Titre de l’extrait : L'effet sonore
+ extrait Dvd – Bass, bass, bass, bass, bass & bass
Interprètes : l’Orchestre de contrebasses
Compositeurs : Christian Gentet, Xavier Lugué, Olivier Moret, Etienne Roumanet, Yves Torchinsky et jean-Philippe Viret
Genre indexé : World ou Jazz, faute de mieux
Formé en 1981 à l’initiative de Christian Gentet, l’Orchestre de Contrebasses est une formation unique au monde composée de 6 contrebassistes de talent et d’inspiration. Mousquetaires funambules dont les archets s’escriment sans discorde jusqu’à l’ivresse au gré de compositions forcément originales, le sextet repousse sans cesse avec humour et élégance les limites sonores et visuelles de cet instrument incontournable en tessiture et en taille, qui semble une fois entre leurs mains offrir des possibilités infinies et proportionnelles à son encombrement légendaire.
Ceux qui appréhendent avec méfiance l'Orchestre de Contrebasses en croyant lorgner par le trou de serrure d'un cabinet des curiosités seront surpris. En effet, l'inventivité décapante dont le répertoire du groupe est pétri, entre jazz, blues, folklore et musique contemporaine (entre autre) leur donne une réelle identité musicale, originale, durable, et disons-le : mondialement appréciée. Car même s'ils en ont baptisé à l'identique certaines de leurs pièces, ici, point de messes basses : le moindre son, qu'il s’accidente en cherchant des noises aux graves des profondeurs ou qu'il flirte avec les stridences les plus aiguës d’un escalier d'octaves, est mis en lumière au spectacle et doit se faire entendre. De la courbe de ses ouïes sillonnant la vertu au vice des clés de fa qui régente ses partitions, la contrebasse est alors de toutes les fréquences. Pour ce faire, la moindre parcelle de son imposante topographie se trouve mise à contribution, quitte à être tambourinée à l’envie entre deux pincements aux cordes, lors de duels festifs chorégraphiés et mis en scène avec précision, dynamisme et espièglerie. Du cinéma pour les oreilles, de la musique pour les yeux. Unis comme les 6 doigts d'une main que beaucoup de musiciens aimeraient avoir, l'Orchestre de contrebasses semble au final vouloir perpétuellement allonger le nez de Pinocchio de la pièce de Patrick Süskind*, réhabilitant par l'archet ou tout ce qui leur tombe sous les doigts un instrument que l'on ne soupçonnait pas si complet et qui, lorsqu'il est en nombre, peut très bien se passer de ceux qu'il est bêtement censé accompagner.
(*La contrebasse)
Ø Anne-Marie H
Titre de l’album : Intégrale des Quatuors de Beethoven
Titre de l’extrait choisi : 3ème mouvement – Allegretto- du 8ème Quatuor Opus 59 N°2
Nom du compositeur et des interprètes : Beethoven. Quatuor Talich
Genre musical : Musique de chambre
Et
Titre du DVD : Boris Godounov
Titre de l’extrait choisi : Scène du couronnement de Boris
Nom du compositeur et des interprètes : Moussorgski . Orchestre de l’opéra Kirov, direction Valery Gergiev.
Genre musical : opéra.
Quand de grands musiciens puisent dans un recueil de chants populaires russes publié en 1790. Un aristocrate, musicien, architecte, archéologue, historien, le Prince Lvov, et un musicien, Ian Pratsch, sont à l’origine de ce recueil de chants dans lequel Beethoven, Rossini, des musiciens russes comme Glinka, Moussorgski et Tchaïkovski puiseront leur inspiration. C’est le cas de la chanson « Gloire au beau soleil » que nous retrouvons dans les œuvres citées.
Les 3 quatuors de l’opus 59 sont appelés Quatuors Razoumovski, du nom du dédicataire et ils ont été composés en 1806. Le 8ème Quatuor est en mi mineur. Il comprend 4 mouvements. C’est dans le troisième que Beethoven utilise en guise de 2ème thème la chanson « Gloire au beau soleil ».
Les 16 Quatuors de Beethoven constituent un des chefs d’œuvre absolus de l’histoire de la musique, les Quatuors Razoumovski permettent une excellente introduction à cette musique de chambre. L’interprétation du Quatuor Talich est remarquable .
La gestation de Boris Godounov a été longue et laborieuse. L’œuvre a été créée dans sa 2ème version en 1874. Pour faire court, on peut dire qu’il y a 2 personnages principaux dans l’œuvre : le peuple et le tsar Boris.
Dans le prologue, Boris finit par accepter, après avoir refusé dans un premier temps, la couronne de Russie. Le peuple commence par acclamer le nouveau tsar ( il le haïra plus tard) sur l’air de la mélodie citée. Voici ses paroles : « Comme nous glorifions le beau soleil dans les cieux, Gloire, gloire, Que ta vie soit longue et heureuse, Tsar notre petit père. Réjouis-toi, amuse-toi, ô peuple ».
Si la mise en scène reste très classique, cette version de Boris Godounov par Valery Gergiev est très satisfaisante. On apprécie particulièrement le Boris de Robert Lloyd.
Titre de l’album : Niyo
Titre de l’extrait choisi : Niyo
Nom du compositeur et de l’interprète : Mamadou Barry.
Genre musical : « entre afrobeat, rythmes mandingues, funk doux, parfums de jazz revisités et sensualité latine », ou entre musiques africaines et jazz.
Le saxophoniste guinéen, Mamadou Barry, qui est aussi percussionniste et flûtiste, est l’un des plus grands musiciens de Guinée. Niyo est inspiré d’une mélodie de la basse côte de Guinée. Elle traite du thème de l’amant qui déplore l’absence de sa bien-aimée. L’album s’écoute avec beaucoup de plaisir.
Titre de l’album : Cantatas for the Esterhazys
Titre de l’extrait choisi : Duetto, extrait de la cantate Destatevi, o miei fidei (Réveillez-vous, o mes amis)
Nom du compositeur et des interprètes : Haydn. Cappella Coloniensis et Vokalensemmble Köln sous la direction d’Andreas Spering.
Genre musical : Musique de circonstance.
Les devoirs d’un musicien de cour, ou comment vivre quand on est musicien.
Pendant très longtemps, les musiciens n’ont pu travailler que s’ils étaient les serviteurs d’un roi ou d’un prince qui leur commandaient des œuvres, y compris à leur propre gloire. Et parfois cela donne des chefs d’œuvre comme ces cantates pour la maison Esterhazy.
Joseph Haydn (1732-1809), contemporain de Mozart et de Beethoven, a été pendant 30 ans au service de la maison Esterhazy et a servi plusieurs princes. C’est pour le prince Nicolas, surnommé le Magnifique, que Haydn compose la Cantate Destaevi o miei fidei en 1763, dont Harmonia Mundi nous propose le 1er enregistrement. C’est une œuvre composée pour la fête du prince et toute à sa gloire, comme en témoigne la traduction de l’extrait choisi : « Grand Héros, honneur du monde, de grâce, reçois un pur hommage de devoir, de respect et de foi. »
Ce devoir de célébrer un prince ou un roi, lié à la charge d’un musicien, maître de chapelle, par exemple, est classique dans l’histoire de la musique : Lully, Purcell en constituent d’autres exemples. On pourrait craindre des œuvres genre « brosse à reluire ». C’est en partie vrai et faux. Vrai, dans la mesure où le musicien ne mettra en lumière que les hauts faits de son maître, pas les guerres, la famine… Faux, dans la mesure où ces mêmes œuvres sont d’une qualité musicale exceptionnelle. C’est le cas des plus grands compositeurs, dont Haydn.
Ø Pierre
Titre du DVD : Fantaisie héroïque : Juliette en concert au Grand Rex
Titre de l’extrait choisi : Les Grognards
Nom de l’interprète : Juliette.
Genre musical : Chanson française, concert filmé, réalisé par Arnaud Legoff
En contraste avec le répertoire que l'on connaît de Juliette, "les grognards" est un morceau au caractère grave, presque poignant. Sensation renforcée par l'apport dans l'orchestre d'une rangée de tambours omniprésents ... 0n retient son souffle.
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Des musiques qui font résonner le récit, qui ouvrent l’espace, qui donnent à imaginer…

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