Ø Marie
Titre de l’album : Omara Portuondo e Maria Bethânia
Titre de l’extrait choisi : So vendo que Beleza
Nom du compositeur ou de l’interprète : Omara Portuondo et Maria Bethânia,
Genre musical : musique du monde
Deux voix de divas s’entremêlent, deux voix puissantes et caressantes se réunissent pour nous envoûter. Le timbre mate et alangui d’Omara Portuondo, égérie féminine du Buena Vista Social Club, s’accorde à celui rauque et coloré de Maria Bethânia, grand nom de la chanson brésilienne. L’aînée havanaise a apporté la chaleur du son cubain et sa cadette carioca, toute l’universalité du tropicalisme. Dans ce disque commun, elles dialoguent au rythme des berceuses et des tempos caribéens, des ballades et des chansons d’amour. Les voix se répondent et se séparent pour se reformer sur So vendo que Beleza, un des rares « vrais » duos de cet enregistrement. C’est un morceau joyeux et pétillant, qui contraste avec la délicatesse des deux chansons suivantes, dernier mouvement de l’album.
C’est un disque de femmes, de divinités et d’amoureuses, que ces mélodies subliment à travers le mélange de deux cultures pas si éloignées que ça. Un regret néanmoins : l’album est un peu court, on aurait aimé que la douceur se prolonge d’avantage !
Ø Anne-Marie H
Où il va être question de crimes.
Contre la mythologie…
Une certaine Juliette Lamber, qui deviendra Juliette Adam (amie de George Sand, égérie de Gambetta) écrit au sortir d’un spectacle : « Dès les premières scènes, un insupportable dégoût me prit de ces insanités. Quoi ! mes dieux étaient livrés aux calembours imbéciles, caricaturés jusqu’au grotesque le plus bas et le plus vil. »
Un autre, réputé le « prince des critiques » ! Jules Janin, attaque « cet autre attentat au sens commun, Orphée insulté par les bouffons de Paris ».
Quelle aubaine pour l’auteur de ce 1er crime : Offenbach ! Ces critiques rageuses feront la gloire d’Orphée aux Enfers.
Titre du DVD : Orphée aux Enfers
Titre de l’extrait choisi : Ah c’est ainsi.. duo du concerto
Nom du compositeur : Jacques Offenbach
Nom des interprètes : Natalie Dessay, Eurydice- Yann Beuron, Orphée- Les Musiciens du Louvre, dir. Marc Minkowski
Genre musical : Opérette
Pensez donc, quelle horreur ! Ce couple tragique de la mythologie, séparé par la mort de l’épouse, est devenu un couple banal, où chacun aime ailleurs !
Ce poète musicien qui apaise la nature, dompte les animaux, les sirènes, séduit Cerbère et les dieux de l’enfer est devenu professeur de violon à l’Orphéon de Thèbes et son art laisse Eurydice complètement froide :
« Le violoniste
Me paraît triste ;
L’instrumentiste
Est assommant ;
Et l’instrument
Me déplaît souverainement »
Mais quelle décadence !
Comme à l’accoutumée, Natalie Dessay est une cantatrice et une comédienne exceptionnelle et Yann Beuron est jubilatoire.
On en redemande ? Allez, un nouveau crime ! Du même…
On le sait, enfin, en principe !, la guerre de Troie qui dura 10 ans tire son origine de l’enlèvement d’Hélène, épouse du roi Ménélas, par Pâris, fils du roi Priam. C’est raconté par Homère dans l’Iliade. Et pourquoi Pâris enlève-t-il la belle Hélène ? C’était la récompense d’Aphrodite (Vénus) qui a été élue par Pâris la plus belle des 3 déesses [les 2 autres étaient Héra (Junon) et Athéna (Minerve)].
C’est tragique, une guerre, même racontée par Homère…
Et que font Offenbach et ses librettistes ? Ils caricaturent les rois de la Grèce : le bouillant Achille, les 2 Ajax, Ménélas « l’époux de la reine, poux de la reine », Agamemnon « le roi barbu qui s’avance, bu qui s’avance » sont des fantoches qui ne se préoccupent guère de la guerre.
Titre du DVD : La Belle Hélène
Titre de l’extrait choisi : Lorsque la Grèce est un champ de carnage. Couplet patriotique.
Nom du compositeur : Jacques Offenbach
Genre musical : Opérette
Il ne s’agit pas là d’une évocation prémonitoire de la guerre de Troie mais d’une injonction faite à Ménélas d’obéir à la déesse et d’accepter qu’Hélène parte avec Pâris… Sinon, le désordre le plus total règne : les épouses laissent leurs époux et réciproquement. Une catastrophe…
C’est hilarant de voir l’énergie de Laurent Naouri et de François Le Roux dans cette injonction et la mise en scène de Laurent Pelly ajoute à notre plaisir.
Alors, tant pis pour les grincheux, les pisse-froid et vive les crimes contre la mythologie !
Ø Dominique
Titre de l’album : Frère animal
Titres des extraits : La chanson du DRH ; Mon beau casier
Auteurs-compositeurs : Arnaud Cathrine- Florent Marchet
Interprètes : Arnaud Cathrine - Florent Marchet - Valérie Leulliot - Erik Arnaud - Nicolas Martel - Antoine Lhouillier
Editeur : Verticales
Genre : Roman musical
Roman musical , écrit par Arnaud Cathrine et Florent Marchet, musique composée par Florent Marchet , il se présente sous la forme d’un livre accompagné d’un CD où l’on retrouve le texte en musique et chanté.
Il existe maintenant sous la forme d’un spectacle musical.
Le cadre de l’histoire :
Une ville de province. La SINOC (Société industrielle nautique d’objets culbuto) emploie une grande partie de la population : elle est « la mère nourricière ».
Le sujet :
C’est une critique sociale de l’entreprise à travers les points de vue de différents personnages :
Le DRH, le directeur de marketing, l’ouvrier qui part en retraite, le chef d’équipe …
C’est aussi une histoire familiale, un conflit de générations entre un père Jean (qui a fait sa carrière à la Sinoc, d’abord ouvrier et maintenant chef d’équipe) et un fils Thibaut (qui ne veut pas cet avenir là et veut sortir du rang).
Un texte très fort et une musique totalement en adéquation : une écoute qui ne peut pas laisser indifférent.
Titre de l’album : Birdy nam nam
Titre de l’extrait choisi : Abbesses
Nom du compositeur ou de l’interprète : Birdy nam nam
Genre musical : Musique électronique
Birdy nam nam est un collectif de 4 DJ français. Ils pratiquent le turntablism (ils scratchent sur des platines).
Dans la composition des morceaux, chaque membre du groupe a son rôle à jouer. Par exemple : un à la basse, un autre à l’accordéon, et les autres à la guitare.
Birdy nam nam est leur premier album. On y retrouve toutes leurs influences : jazz, électro, dub world music, soul, rock et surtout hip-hop.
Le groupe offre une autre approche du mouvement électronique français. Ils touchent un public éclectique de part leurs influences diverses. Les morceaux de l’album forment un ensemble assez homogène avec des sons jazzy.
Le DVD, quant à lui, nous montre toute la complexité que requiert le turntablism. Les Birdy nam nam ne connaissent pas les instruments « traditionnels » mais savent à merveille jouer du scratch et de la platine.
Leur dernier album (sorti en 2009) contient plus de morceaux dancefloor.
Titre de l’album : Lipopette bar
Titre de l’extrait choisi : Conte de fées
Nom de l’interprète : Oxmo Puccino et les Jazzbastards
Genre musical : hip-hop, rap
« Lipopette bar » c’est avant tout une histoire façon « film noir des années 30 ». L’originalité de cet album vient du mélange des sonorités : rythmiques hip-hop et mélodies jazz. C’est un doux mélange qui permet de créer une ambiance intimiste tout en racontant, à travers les différentes chansons, une histoire sombre mais élégante.
Ø Rozenn
Titre de l’album : Allez hop hop hop !
Titre de l’extrait choisi : La poésie du zizi
Nom du compositeur ou de l’interprète : Les voilà voilà
Genre musical : musique pour enfants : variétés
A l’origine du groupe Les voilà voilà , Cédric Levaire, d’abord pianiste de bar puis compositeur pour des compagnies et directeur artistique de séjours pour enfants et ados. Il est accompagné sur ce premier album d’Arno Clerc chargé - dixit le groupe - des voix et des guirlandes. Les voilà voilà se produisent surtout sur scène, Arno Clerc est alors remplacé par Marc Brebion, guitariste. Cédric Levaire est auteur, compositeur, musicien.
Hop hop hop traduit bien l’atmosphère de cet album enjoué, énergique, autrement dit qui swingue un max ! Textes et crédits ! plein d’humour, avec une préférence pour le titre : le grand méchant loup, qui précise, entre autres, qu’en fait, le prince n’a pas voulu d’une Cendrillon qui sentait fort des pieds… A partir de 5 ans.
Ø Irénée
Titre de l’album : Santogold
Titre de l’extrait choisi : you'll find a way
Nom du compositeur ou de l’interprète : Santogold
Genre musical : ska, ragga, reggae, pop…
Mélangeant avec brio le ska, le ragga, le reggae, et la pop, les américains de Santogold ou Santigold (nouveau nom donné par la force des choses en raison de poursuites judiciaires) offrent un disque très rafraîchissant ou transparaît le talent de la chanteuse Santi White et de son compère John Hill, les deux chevilles ouvrières de ce groupe qui multiplie par ailleurs les collaborations musicales.
Cet album très agréable à l'écoute se distingue également par des lignes de basse assez hallucinantes, un seul conseil, écoutez-le !
Titre de l’album : When life gives you lemons, you paint that shit gold
Titre de l’extrait choisi : You
Nom du compositeur ou de l’interprète : Atmosphère
Genre musical : rap
Trop souvent le rap est considéré par les profanes comme une musique revendicative (ce qui est vrai), machiste, faisant l'apologie des valeurs matérielles et cultivant une certaine estime pour l'esprit "gangster" et tous ceux qui défient l'autorité en général. Ce deuxième aspect définit en partie un courant qui fut très à la mode en son temps le "gangsta-rap" mais le gansta rap ce n'est pas le rap dans son ensemble, cet album nous le prouve de la plus belle des façons puisque les américains d'Atmosphère ont voulu faire ici un album positif, avec des paroles assez élaborées se rapprochant davantage du mouvement hip hop et d'artiste tel que Grandmaster Flash.
Le résultat est un disque assez varié musicalement ou la lassitude ne pointe jamais le bout de son nez, une très belle surprise !
Ø Anne-Marie A
Titre de l’album : Fiesta
Titre de l’extrait choisi : Danzon n° 2 d’Arturo Marquez
Nom du compositeur ou de l’interprète : Silvestre Revueltas, Innocente Carreño, Antonio Estevez...[et al.], comp. ;Simon Bolivar Youth Orchestra of Venezuela ; Gustavo Dudamel, dir.
Label : Deutsche Grammophon (2008)
Genre musical : Musique classique, Amérique latine.
Musique latino-américaine à travers un choix de pièces de différents compositeurs.
Choix de ce disque pour deux raisons, d’abord pour la démarche intéressante et louable de l’orchestre Simon Bolivar qui rassemble 200 jeunes musiciens vénézuéliens, issus des régions les plus pauvres du Venezuela. Ils ont appris la musique classique dans des écoles spécialisées et gratuites, programme social mis en place il y a une trentaine d’années au Venezuela et qui permet aux enfants, dès l’âge de 2 ans, d’apprendre gratuitement la musique classique.
Ensuite parce que ma collègue Hélène m’a fait découvrir le Danzon n° 2, un des plus beaux titres de ce disque, qu’elle adore. Merci à elle, nous aussi on adore ! De la fête, de l’espoir, de la joie…
Cette œuvre écoutée, « le Danzon n° 2 (1994) d’Arturo Marquez, est si célèbre qu’on l’a surnommé le « second hymne national » du Mexique. Marquez s’est inspiré dans ses Danzones de la musique de Cuba et de la région mexicaine de Veracruz. Les jeunes gens rêvent ici de jouer le Danzon, ils l’adorent », explique Dudamel.
Auparavant Dudamel a enregistré des symphonies de Beethoven et de Mahler. Un jeune chef à suivre de très près.
Titre de l’album : Les Gens qui passent... dans la rue
Nom du compositeur ou de l’interprète : Les Gens qui passent, ens. voc. et instr.
Genre musical : Rock français mélodique
Les gens qui passent c’est un groupe de jeunes musiciens jurassiens qui vient d’enregistrer son premier disque. Alors chapeau, même si ce début a quelques petites imperfections, la voix est un peu jeune sur certains titres et l’enregistrement manque un peu de contraste, mais l’ensemble est d’un très bon niveau et très encourageant. Les mélodies sont agréables et les textes souvent bien tournés et authentiques.
[Les Gens qui Passent est un groupe de rock français composé de 4 membres : Marc Etienne Géry (Chant / Basse / Composition), Pierre Leroy (Batterie / Percussions / Choeurs), Clément Desbiez-Piat (Claviers), Alexis Gros (Guitare). Sur le site www.mytrempl1madeinjura.com]
Titre de l’album : Mytrempl1 2008
Titre de l’extrait choisi : « Sweet Life » des Sevendays
Nom des trois groupes lauréats du tremplin : Groovy Baby Funky Boost, Benja, Lead Orphans, ens. voc. et instr.
Label : Made in Jura, 2009
Genre musical : rock, groove, pop, funk…
Deuxième disque pour le tremplin des musiciens jurassiens. A l’initiative du Conseil général du Jura, une première en 2007, cette opération vise à mettre en avant des artistes du Jura, sélectionnés par un jury, en leur donnant la possibilité d’enregistrer quelques titres sur un CD collectif et de se produire lors d’un concert annuel au bœuf sur le toit à Lons-le-Saunier.
Les lauréats de 2008 sont Groovy Baby Funky Boost, Benja et Lead Orphans.
Avec le label « Made in Jura », les objectifs en faveur de ces artistes sont définis ainsi : détecter des talents, accompagner des artistes, développer des carrières, financer des projets artistiques…
Cette édition 2009 propose deux CD, un avec quatre titres pour chaque groupe lauréat et un autre avec quinze titres d’autres groupes jurassiens. Une vraie réussite pour montrer la diversité de la création musicale dans notre département, avec un enregistrement de très belle qualité. Une initiative vraiment remarquable !
Ecoute lors du comité du titre des Sevendays « Sweet life ». Ce groupe de quatre musiciens basé à Mantry (39) chante en anglais et donne à entendre un mélange de pop et de rock très agréable, mon titre préféré !
Voir le site Internet sur lequel tous les groupes jurassiens peuvent faire une page de présentation et mettre un lien sur leur site personnel www.mytrempl1madeinjura.com
Ø Jean-Claude
Titre de l’album : If duo
Nom du compositeur ou de l’interprète : Bruno Angelini et Giovani Falzone
Genre musical : jazz
Bruno Angelini et Giovani Falzone seront au festival Jazz à Frontenay les 21 et 22 août prochain. Ils nous feront découvrir des extraits de leur dernier CD “If duo” sorti en juin 2008.
Bruno Angelini est l’un des pianistes français les plus passionnants du moment. Son association avec Giovanni Falzone, trompettiste italien à la technique époustouflante et à la sonorité toujours “chantante”, est l’une des plus pertinentes qui soit. Leur expérience commune remonte à 2003 ce qui a permis à ces deux musiciens d’apprendre à se jauger musicalement et humainement.
Un duo brillant, inspiré, lyrique, d’une très grande complicité musicale, Giovanni Falzone n’a jamais été si près de lui-même que dans ce duo avec Bruno Angelini. Chant de désir ou aveu d’une plainte, selon l’humeur, il nous balade au cœur de ses « ténèbres », nous enveloppe d’un lyrisme échevelé qui file dans l’aigu avec de fausses fragilités…. Ses envols sont capricieux avec des ruptures de tempos, pour le moins déconcertantes. Aucune facilité dans les phrases qui s’épanouissent en volutes énervées, stridentes souvent, ou encore en bourdonnements exaspérés…
Nom de l’interprète : Zaz
Genre musical : jazz
Une voix, une révélation que nous avons pu découvrir à la cave à Jazz à l’occasion de la percée du vin jaune, nous avions appris qu’elle s'était produite sur la scène de l'Olympia le 26 janvier dernier dans le cadre du festival « Génération Réservoir », concours mettant à l'honneur les artistes autoproduits. Zaz a été proclamée gagnante de ce concours, rien d'étonnant étant donné son talent et son grain de folie !
Sa voix est puissante mais elle n'en n'abuse pas, ses paroles sont touchantes mais elle ne tombe pas dans le ringard, c'est super frais et vrai. Elle peut paraître un peu parfois « vieille école » pas du tout ! Elle joue habilement sur le fil, entre rétro et avant-gardiste ; si j’osais, je dirais que c’est un peu une nouvelle « piaf » De plus elle fait trop bien la trompette avec sa bouche…Nous nous attendions à ce qu’elle fasse encore parler d'elle… çà n’a pas manqué : Le monde du 4 avril vient de lui consacrer une page… Sortie de son premier CD en juin prochain qui sera présenté en avant première à « Jazz à Frontenay » les 21 et 22 août.
Ø Philippe
Titre du DVD : Spinal Tap, vrai faux "Rockumentaire" de Rob Reiner (1984) (sortie DVD en 2003).
Nom du compositeur ou de l’interprète : Michaël Mc Kean, Christopher Guest, Harry Shearer
Genre musical : LOL
On envie forcément celui ou celle qui visionnera Spinal Tap pour la première fois et qui saura apprécier le dynamitage permanent des codes de la rock'n'roll attitude qu'il donne à voir au travers des pérégrinations irrésistiblement loufoques d'un groupe de hard rock lambda inventé de toutes pièces pour l'occasion, discographie, morceaux, lubies, névroses, QI de poulet du Gers et nombrilisme compris. Tous ceux qui l'ont vu, même les plus visés par l'estocade, vous le diront : ce premier film, quasi inaperçu en France à l'époque de sa sortie, d'un Rob Reiner goguenard qui apparaît lui-même à l'écran sous un faux nom spaguetti, n'a jamais trouvé son équivalent en puissance comique. Ni avant, même si on pense aux Rutles*, ni après, parce qu'on évite à tout prix de penser à Wayne's World.
A contrario de ce dernier, fadasse et caricatural, Spinal Tap est un rien plus ambitieux : tourné et codifié comme un vrai documentaire, le film propose, au
travers de situations « vécues » toutes plus désopilantes les unes que les autres et sous couvert de pénétrer l'intimité d'un groupe en tournée, d'assister à l'atomisation progressive
de tout ce qui pourrait être sérieux, réfléchi ou même sensé. Cela fonctionne d'autant mieux que l'on sent bien le plaisir coupable et jubilatoire qu'ont pris les protagonistes à décrypter puis à
démonter une par une les petites ou les grosses manies des musiciens du cru, avec une mention spéciale pour les velus aux chevilles qui enflent, imbus de leur petite personne, de leur belles
guitares rutilantes à micro HF ou de leurs gros amplis à lampes.
Improbables Cheap Trick d'opérette, les Spinal Tap sont tellement crédibles dans leur aliénation givrée qu'ils font tout passer à l'ouest, y compris une
discographie en forme de best of foutraque et dispersé, ruant tel un cabri dans tous les pièges du cliché majuscule. Et comme charité bien ordonnée, etc. il apparaît finalement tout naturel que
les acteurs principaux aient eux-même composé (et joué) tous les morceaux présentés, creusant le sillon jusqu'à attifer leurs pseudo-tubes de paroles bovines pitoyables et de refrains
magistralement ineptes (Tonight I'm
gonna rock you tonight, par exemple). Sans être pour autant musicalement
plus mauvais que certains vrais groupes qui en prennent au passage pour leur grade ou leurs partitions. Au final, les fans de rock pas seulement à moustaches tiennent-là leur
Tontons flingueurs ou leur Père Noël est une ordure à eux, tant on pourrait passer des soirées entières à se taper les cuisses jusqu'à point d'heure
comme des ados attardés rien qu'en évoquant les dialogues cultissimes ou les scènes les plus fameuses du film.
Reste que la parodie a fait long feu et n'en finit pas de renaître de ses cendres, à tel point que le groupe Spinal Tap, qui a même droit au (cha)pitre dans le Dico du rock de M. Assayas, n'arrête pas de se reformer sans se réformer pour de sporadiques tournées, et s'est même fendu d'un vrai faux 19ème album en 1992, malheureusement moins bon que l'album noiraud de la BO (à la pochette totalement noire sans la moindre inscription recto et verso, comme dans le film... et comme sur Deezer). Dernier pied de nez en date : pour fêter leur 25 ans, les "Tap" ont décidé de faire une tournée mondiale d'une date (c'est eux qui le disent sur leur vrai site officiel) : ce sera à Wembley, le 30 juin prochain. Celui qui ira me racontera si les amplis étaient sur 11 ou si le batteur s'est inopinément désintégré sous l'effet d'une combustion spontanée de rigueur...
*The Rutles : documentaire parodique de 1978 sur de faux Beatles plutôt réussi mais moins détonnant que Spinal Tap, réalisé pour la BBC à l'instigation du Monty Python Eric Idle, auquel George Harrison himself, pas bégueule pour une tasse de thé, prêta même présence et crédits de production.
Mis en place par l'agence ACCOLAD, Musiquefc est un outil collaboratif grace auquel les bibliothécaires musicaux de Franche-Comté partagent leurs informations sur la vie musicale de la région : groupes ou artistes, concerts, sites, festivals, coups de coeur, animations en bibliothèques...