Ø Roger
Titre de l’album : Zooloup
Titre de l’extrait choisi : Alice
in Wonderbra et Abuse-mouche
Nom du compositeur ou de l’interprète : Denis Leloup,
tromboniste,comp. Zool Fleisher, piano
Genre musical : jazz
Denis Leloup, tromboniste compositeur, né en 1962 à Paris. Denis Leloup est un jazzman avec une influence à la musique classique due à sa formation.
Après des études au Conservatoire
Supérieur de Paris, il obtient un premier prix en 1980. Il joue et a joué dans de nombreux orchestres parisiens :
Jean-Loup Longnon, Denis Badault, Laurent Cugny, Gérard Badini, Patrice Caratini (Caratini Jazz Ensemble), Martial Solal, le Pandemonium de François Jeanneau, Antoine Hervé, Quoi de
neuf docteur ?…
A fait partie de l'Orchestre national de jazz en 1986 sous la
direction de François Jeanneau, puis de 1987 à 1988 avec Antoine Hervé, puis avec Laurent Cugny.
Il a joué
dans le quintette de cuivres Blocs-Notes pour lequel il a écrit une partie de la musique. Il
a participé à de multiples petites formations : S.O.S. quintet, Francis Lockwood quartet, Jean-Louis
Chautemps quartet, Zool Fleischer quintet, Agora (Jean-Marc Jafet), Daniel Humair Réunion, Hervé Sellin
sextet. Michel Petrucciani fait appel à lui au
sein de son sextet (Stefano Di Battista, Flavio Boltro, Anthony Jackson, Steve Gadd) pour la tournée 1997-98.
Il a accompagné Dee Dee Bridgewater.
On a pu
l'entendre aux côtés de Bill Watrous, Shelly Manne, Dizzy Gillespie, Woody Shaw, Walter Bishop,
Kenny Wheeler, André Ceccarelli, Alain Jean-Marie, Ricardo Del Fra, Andy Emler, Philippe
Macé, Michel
Legrand…
2002, il forme un duo avec le pianiste Zool Fleischer,
avec lequel il enregistre l'album Zooloup.
Ø Philippe

Titre de l’album : Matinée (XL 2007)
Titre de l’extrait choisi : « Second, minute or hour » et « Learning Lines »
Nom du compositeur ou de l’interprète : Jack Peñate
Genre musical : Pop anglaise de luxe à la portée de tous
Aperçu par hasard à la télé au détour d'une émission tardive, l'anglais Jack Peñate nous a immédiatement frappé par l’éventail de ses promesses rafraîchissantes. Quelques investigations plus tard, on apprend en vrac qu'il a 23 ou 24 ans, qu'il a signé sur un label indépendant après un marathon de concerts londoniens, qu'il vit encore chez sa mère (sic), et surtout qu'il a sorti à la fin de l’automne 2007 un premier album qui s'est trompé de saison, tant il foisonne d'un songwriting primesautier et guilleret qui semble aller comme une robe légère aux premiers jours de l'été où nous l'avons découvert. Ce qui nous charme et nous séduit avant tout chez ce garçon, c'est son habileté à convoquer les fourmis dans les jambes que nous provoquaient jadis une tripotée de groupes anglais millésimés 80's (Jam, Joe Jackson, Orange Juice, Housemartins, Smiths...) tout en alignant sans vergogne une collection de chansons qui portent aussi une signature propre. Oui, car disons-le carrément : Jack Peñate reste pour l'heure un des seuls à réussir avec autant d’insouciance un cocktail aussi efficace de bonne humeur, de rythmiques sautillantes de guitare ensoleillées et de refrains entêtants. Chaque plage est une fête, un pied de nez de Cyrano à la morosité, un mât de cocagne où l’on attrape les sourires. Cerise d’écume sur le gâteau, on observe sur les à-côtés de cette pop candide que la vénération avouée de Jack pour Jeff (Buckley) s'illustre plutôt bien dans une poignée de ballades aigre-douces d’excellente facture, qui résistent d'autant mieux à l'épreuve de la scène qu'elles peuvent y être présentées dans une version très différente.
Ø Anne-Marie H
Cette chronique est liée au Festival du Haut Jura qui fait
ma joie chaque année.
6 Juin : Eglise de Longchaumois. Il fait un temps épouvantable : il fait
froid, il pleut, il y a du brouillard et j'ai même ressorti mon manteau ! Il faut vraiment aimer la musique et le clavecin pour faire tant de kilomètres !
Le claveciniste, Bertrand Cuiller, interprète un programme Scarlatti, Padre Antonio Soler, très
beau.
Je fais l'acquisition du CD suivant:
Titre de l'album : Pescodd
Time (ce qui signifie la saison des petits pois!)
Titre de l'extrait choisi : Lady
Monteagle's Pavan
Nom du compositeur ou de l’interprète : William
Byrd, comp. ; Bertrand Cuiller, clavecin
Genre
musical : Musique ancienne - Clavecin
William Byrd (vers 1543-
1623) est l'un des grands compositeurs anglais de la fin du XVIème et du 1er tiers du XVIIème siècle. C'est un musicien de cour qui a composé de la musique vocale se rattachant à la Renaissance
et une oeuvre pour clavier qui marque le début du style baroque. Dans les dernières années de sa vie, il se consacre à la musique liturgique catholique en écrivant des
messes.
Le disque s'inscrit dans une démarche intéressante : Le compositeur s'inspire de danses de la
Renaissance (pavanes, gaillardes...), mais ses danses deviennent des pièces très élaborées qui n'ont plus grand chose à voir avec leur origine. Reste le tempo de la danse : La pavane est une
danse italienne (de Padoue) qui se danse avec lenteur et solennité.
Telle est cette Lady Monteagle's
Pavan, remarquablement interprétée par Bertrand Cuiller. Le titre fait référence à l'épouse de Lord Morley, vraisemblablement protecteur du compositeur. Byrd fait preuve d'inventivité en
recourant à des procédés d'imitation et de variation.
15 Juin. Chapelle St Romain. Un site magnifique, un temps imprévisible. Ce jour-là, la pluie ne
viendra qu'après le concert.
Montserrat Figueras et quatre autres musiciens, dont sa fille
Arianna Savall ( que je n'avais pas appréciée l'année dernière dans un programme Bach, non adapté à sa voix) interprètent un magnifique concert intitulé Lux Feminae, Lumière de la
Femme.

Titre de l'album : Lux Feminae
Titre de l'extrait choisi: Yo me soy la morenica, villancico anonyme
Interprètes : Montserrat Figueras et des membres d'Hesperion XXI, dont Jordi
Savall.
Le CD comprend des
pièces qui vont de 900 à 1600, certaines sont anonymes, d'autres non. Elles sont réparties en chapitres qui évoquent différents aspects de l'histoire et de la vie des femmes : Femina antiqua,
Femina nova, Femina ludica, Femina mistica, Femina amans, Femina mater, Femina gemens.
On y entend des
musiques arabo-andalouses, de la musique sépharade, de la musique qui évoque l'amour courtois.
L'extrait
choisi se présente sous la forme d'une chanson avec refrain et couplets, un villancico. Une forme plutôt populaire pour évoquer ce que nous connaissons à Chartres, Dijon et dans d'autres églises
: Les Vierges noires.
Si vous aimez la voix de Montserrat Figueras, Hesperion XXI, la musique ancienne,
alors n'hésitez pas : Le disque est tout à fait pour vous !
Ø Jean-Claude
Titre de l’album : Digital
Prophecy
Titre de l’extrait choisi :
Nom du compositeur ou de l’interprète : Dhafer Youssef, voc, oud, comp. ; Eivind Aarset, guit. ; Dieter Ilg, cb....[et al]
Genre musical : Jazz : Influence orientale
C'est à la lisière du jazz et de l'électronique que Dhafer Youssef, compositeur, chanteur et joueur de Oud (Luth oriental) nous emmène. Il marie éléments arabes et rythmes actuels. D’origine tunisienne, il est né à Télboulba le 19 novembre 1967 ; à 22 ans il part s'installer à Vienne en Autriche où il resta 10 ans avant de rejoindre Paris.
Mêlant la dimension spirituelle du Soufi au son tranchant du jazz, il crée un univers sonore qui n’appartient qu’à lui. Ses musiques puisent leurs sonorités dans les traditions soufies et le lyrisme arabe qu’il associe aux instrumentations du jazz européen. Son talent réside également dans l’approche poétique de son jeu, ainsi que dans son chant profond chargé d’émotion, qui fait de sa voix, l’une des plus intéressantes de la musique contemporaine.
Dhafer Youssef a collaboré avec plusieurs grands chanteurs parmi eux on cite, Paolo Fresu, Nguyen Le, Bugge Wesseltoft, Omar Sosa...etc.
Entre 1996 et 2006 Dhafer Youssef produit 4 CD :
- « Malak » son premier album chez Enja records. L’album est immédiatement salué par la critique. Par une formule alchimique intelligente
entre l’univers du jazz européen et le bassin musical méditerranéen, Dhafer crée une oeuvre très personnelle, chargée d’émotion où alternent climats, couleurs, et rythmes de l’Orient. Avec «
Malak », Dhafer Youssef et son quartet (Markus Stockhausen-trumpet, Dieter Ilg or Renaud Garcia-Fons basse, Patrice Heral-drums).
- « Electric Sufi » Avec ce deuxième album chez Enja records, Dhafer Youssef poursuit sa quête d’un univers où se mêlent harmonieusement les racines
de son Maghreb natal et les musiques mystiques arabes avec les sonorités actuelles du monde d’aujourd’hui : le jazz mais aussi les musiques électroniques ou le funk. Pour cela, il invite Wolfgang
Muthspiel guitare, Markus Stockhausen trompette, Deepak Ram bansuri, Dieter Ilg basse, Doug Wimbish basse, Mino Cinelu percussions, Will Calhoun batterie, Rodericke Packe électronique.
- « Digital Prophecy » disponible à la B.D.P, se veut résolument moderne. Tous les artistes associés à cet album font partie de la grande scène « électro-jazz » scandinave. Le
leader aura pratiquement réuni le groupe du trompettiste norvégien Nils Petter Molvaer : Eivind Aarset à la guitare et Rune Arnesen à la batterie. Dhafer Youssef nous a habitués à la fusion de la
musique orientale, du jazz et de l’électronique. Son précédent album, Electric sufi chez Enja, témoignait déjà d’une grande maturité face à ce métissage d’influence. Digital prophecy est un
disque tout en douceur, une musique d’ambiance qui nous plonge rapidement dans la méditation. Eivind Aarset fait un travail remarquable de nappes très aériennes, Bugge Wesseltoft produit un jeu
au piano très léger et précis. Dhafer Youssef reste lui aussi dans cet esprit lorsqu’il joue du oud ou lorsque sa voix, si atypique, monte dans le registre du suraigu.
- « Divine Shadows » Pour cet album, Dhafer Youssef s’est rendu en Norvège à la découverte de nouvelles sources de méditations musicales. Accompagné par son ami Eivind Aarset, devenu incontournable dans ses excursions créatrices, le musicien tunisien est parti à la recherche d’esprits divins. Pour les invoquer, comme dans le titre "Persona Non Grata", il couple les souples vibrations de son oud aux fines arabesques de sa voix, les fait soutenir par un quatuor de cordes et d’implacables grooves électroniques pour mieux métamorphoser l’ensemble en une puissante énergie incantatoire. Il visite toutes les dimensions, de la douceur ("Un Soupir Eternel") à la violence ("Odd Poetry"), sans perdre de vue son objectif : les mondes inexplorés et les esprits qui les habitent.
- Il jouera ensuite avec le trio de l’autrichien Wolfgang Muthspiel avec qui il vient de signer en 2007 son dernier
album :
« Glow » qui décrit le cheminement de deux personnes qui se connaissent bien. Glow est
un album spécial. Ce n’est ni le bilan d’une vie, ni la marque d’une rencontre éphémère, ni une fenêtre dans le processus de travail d'une longue collaboration, mais une sensibilité conçue de la
combinaison du passé, du présent et de l'avenir, offrant sans fin toutes les combinaisons d’écoute pour l'auditeur. "(W. Kampmann)
A écouter sans modération !...
Ø Anne-Marie
A
Titre de
l’album : Cinq reflets de l'Amour de loin ; Nymphea Reflection ; Oltra Mar
Titre de l’extrait choisi : Oltra mar / Amour et Cinq reflets / outremer
Nom du compositeur ou de l’interprète : Kaija Saariaho, comp. ; Pia Freund, S ; Gabriel Suovanen, BAR ; Finnish Radio Symphony Orchestra ; Jukka-Pekka Saraste, dir.
Genre musical : Musique classique - Musique vocale ** Finlande ** 21e siècle
Label : Ondine N° ODE1049-2
Kaija Saariaho est une compositrice finlandaise, née à Helsinki en 1952. Elle a étudié la musique à l’Académie Sibelius de Helsinki et également à Paris auprès de Pierre Boulez à l’IRCAM. Elle s’est enthousiasmée pour la musique spectrale de Tristan Murail et Gérard grisey, une vraie révélation pour elle qui aime travailler sur la matière même du son. Beaucoup de ses pièces utilisent des ressources électroniques en plus des instruments traditionnels.
Elle a reçu de nombreux prix et la distinction « Musicien de l’année 2008 » par Musical America, en tant que « faisant partie des rares compositeurs contemporains ayant atteint l’admiration du public aussi bien que le respect universel de la critique. Ses deux opéras ont particulièrement été remarqués : « L’Amour de loin » en 2000 et « Adriana Mater « en 2006.
« Cinq reflets de l'Amour de loin », qui figurent dans ce disque, ce sont cinq scènes de l'opéra "L'Amour de loin" remaniées pour donner une suite de cinq mélodies. Le librettiste de cet opéra est l’écrivain Amin Maalouf, qui donne une réflexion spirituelle sur l’amour, le désir et l’accomplissement (un troubadour, au 12ème siècle, écrit des poèmes d’amour à une dame imaginaire. Un pèlerin lui raconte que l’objet de son amour, une comtesse, existe vraiment. Le pèlerin chante à la dame l’amour du troubadour. Au dernier acte l’amour et la mort se rencontre : le troubadour rencontre enfin sa bien-aimée, mais, tombé malade, il meurt dans ses bras).
J’ai écouté de nombreuses fois ce disque avant d’en apprécier toute la subtilité, toute l’émotion cachées derrière cette musique qui n’est pas, à mon avis, facile à écouter d’un premier abord.
A écouter donc, dans de bonnes conditions ! Et se laisser emporter sans a priori pour vraiment goûter toutes les nuances, les évocations tendres et douloureuses de ces histoires que cette musique raconte.
L’extrait écouté en premier, oltra mar (au-delà de la mer en ancien français), a pour sujet un voyage en bateau qui symbolise les tentatives de l’homme pour comprendre l’univers, de grandes choses sur l’amour, le temps qui coule et la mort…
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