Comités musiques

Vendredi 6 novembre 2009

 

Ø      Christine

Titre de l’album : Maria : Maria Malibran 1808-1836

Titre de l’extrait choisi : Yo que soy Contrabandista

Nom du compositeur ou de l’interprète : Manuel Garcia, comp.,  Cecilia Bartoli, S.

Genre musical : Chanson lyrique

 
Dans cet album Cécilia Bartoli nous permet de découvrir le répertoire de la cantatrice Maria Malibran, dotée de talents immenses, qui chantait en Italien, Allemand, Français, Anglais et Espagnol (sa langue natale)
. elle fut la première diva de l'histoire de l'opéra, la première déesse du Romantisme. Maria Malibran a l'étoffe d'une super star. Elle est la première cantatrice à reprendre le flambeau des castrats, que le public d'opéra idolâtrait aux siècles précédents.

 

Fascinée par les qualités vocales et dramatiques extraordinaires de Maria M. , Cecilia Bartoli cherche à reconstituer la sonorité de l'époque en prenant compte de tous les paramètres :  le type de voix, la conduite de la voix, l'étude des partitions originales, les instruments d'époque. C'est cette voix hors du commun qui permit à Maria  de chanter un répertoire inhabituellement vaste : de l'opéra baroque à Mozart et Rossini, puis la musique "contemporaine" de Donizetti et Bellini. Beaucoup d’œuvres furent spécialement composées pour elle et créées par elle.  Avec cet album, Cecilia se concentre pour la première fois sur l'époque romantique.

 

Ø      Pauline

Titre de l’album : Abcd’erre de la vocalchimie

Titre de l’extrait choisi : C’est non !

Nom du compositeur ou de l’interprète : André Minvielle (Claude Nougaro, paroles)

Genre musical : chanson d’oc, jazz, bal pop-muzette, scat

 

Inclassable et généreux : jubilatoire ! 2ème album toujours aussi multiple par les jeux de mots, de langues (occitan, portugais, créole), d’accents, d’instruments (mains, bouteilles, porte-voix, samples…). André Minvielle est un poète et un virtuose des sonorités de la langue. Le livret qui accompagne le CD est une merveille à parcourir avec attention.

 

Extraits : Les journalistes s’éclatent dans leurs chroniques discographiques : « batteur, scatteur, rappeur, rime-ailleurs, griot, de jazz en java, de mémoire gasconne en musiques pygmées, improvisateur entre hip-hop et free jazz, lanceur de poésie, expérimentateur de « yaourt », poëlitique, joueur avec les sons et les sens »…

Bio : Né dans le Béarn en 1957, il s’inscrit aux cours de percussions et de chant lyrique au conservatoire de Pau. Ses parents tiennent un bar-restaurant où il s’imprègne du chant d’Oc. Il se passionne des traditions populaires ou savantes, notamment grâce à quelques voyages. Chanteur de bal, il s’amuse avec des imitations (Stevie Wonder, Michel Jonasz), il travaille également avec l’orchestre de Pepe Nunca. En 1985, il assiste à un concert de la compagnie Lubat (Bernard Lubat est alors le batteur girondin de Nougaro). Il mène des travaux expérimentaux avec des vocalistes de toutes les nationalités et commence sa réflexion sur l’oralité et la musicalité de la langue. En 2000, il entreprend un énorme travail de collectage des accents de la francophonie avec l’association « Les Chaudrons » (projet Suivez l’accent) avec l’idée de constituer une importante phonothèque, des terroirs de la métropole à l’Outre-mer.

Discogr. : Il sort son premier album solo à 40 ans Canto ! après avoir collaboré à de nombreux albums musiciens et participé à plusieurs spectacles, ateliers d’improvisations, cours de chant…etc. En 2007, il a sorti un dernier album solo : La vie d’ici bas.

 

Ø      Anne-Marie A

Titre de l’album : La Giuditta : oratorio

Titre de l’extrait choisi : Aria : Dalla destra onnipotente

Nom du compositeur, de l’interprète, du groupe : Francisco Antonio de Almeida (1702-1755), comp. ; Lena Lootens, S (Giuditta) ; Martyn Hill, T (Oloferne)... [et al.] ; Concerto Köln ; René Jacobs, dir.

Genre musical : Musique vocale sacrée : 18ème siècle ; oratorios.

 

Francisco Antonio de Almeida est un compositeur portugais du 18ème siècle. Sa Giuditta, oratorio donné à Rome en 1726, est un chef d’œuvre très dramatique puisqu’il raconte l’histoire de Judith, délivrant sa ville de Béthulie assiégée par les troupes assyriennes du général Holopherne. Judith et Holopherne, un épisode biblique bien sanguinaire ! Il apparaît souvent dans la peinture de l’époque et dans de nombreux oratorios du XVIIème.

 

L’histoire : Giuditta, Judith, veuve, belle et courageuse, est fille d’Israël, vivant à Béthulie. Holoferne, général en chef des armées du roi des Assyriens (Nabuchodonosor II), est chargé de mener une expédition punitive contre tous les peuples qui lui ont refusé leur aide militaire, notamment Jérusalem. Il assiège Béthulie et s’empare des puits de la ville pour assoiffer ses habitants. L’action se déroule en 588 av.J.-C. Judith feint de séduire le général Holoferne, l’enivre avant de lui trancher la tête pendant son sommeil et de la brandir devant ses compatriotes pour les exhorter à combattre Babylone.

Le compositeur : Francisco Antonio de Almeida (1702-1755) fut envoyé par le roi Joao V comme élève boursier à Rome pour y étudier l’art musical italien. De retour à Lisbonne il est engagé comme compositeur officiel de cantates, sérénades et opéras pour la cour. En l’écoutant on ne peut s’empêcher de penser à Haendel.

Ce trésor oublié de l’opéra baroque portugais est un régal, avec une tension extraordinaire dans la deuxième partie.

 

Titre de l’album : Bye mélanco

Titre de l’extrait choisi : Gay marions-nous

Nom du compositeur ou de l’interprète : Anne Sylvestre

Genre musical : Chanson française

 

Non, elle n’a pas écrit que les fabulettes ! Mais bien d’autres beaux textes et des textes pour adultes. Tour à tour nostalgique, joyeuse, insolente… elle a pris de la distance avec un passé souvent douloureux et nous ravit avec une célébration de l’amour « gay ». Elle a fêté ses 50 ans de scène en 2007. A écouter absolument en prenant son temps pour bien tout entendre.

 

Ø      Philippe

Titre de l’Album : Musique de l’homme (Musica Guild 2003)

Titre de l’extrait : L'effet sonore

 + extrait Dvd –  Bass, bass, bass, bass, bass & bass

Interprètes : l’Orchestre de contrebasses

Compositeurs : Christian Gentet, Xavier Lugué, Olivier Moret, Etienne Roumanet, Yves Torchinsky et jean-Philippe Viret

Genre indexé : World ou Jazz, faute de mieux

 

Formé en 1981 à l’initiative de Christian Gentet, l’Orchestre de Contrebasses est une formation unique au monde composée de 6 contrebassistes de talent et d’inspiration. Mousquetaires funambules dont les archets s’escriment sans discorde jusqu’à l’ivresse au gré de compositions forcément originales, le sextet repousse sans cesse avec humour et élégance les limites sonores et visuelles de cet instrument incontournable en tessiture et en taille, qui semble une fois entre leurs mains offrir des possibilités infinies et proportionnelles à son encombrement légendaire.

 

Ceux qui appréhendent avec méfiance l'Orchestre de Contrebasses en croyant lorgner par le trou de serrure d'un cabinet des curiosités seront surpris. En effet,  l'inventivité décapante dont le répertoire du groupe est pétri, entre jazz, blues, folklore et musique contemporaine (entre autre) leur donne une réelle identité musicale, originale, durable, et disons-le : mondialement appréciée. Car même s'ils en ont baptisé à l'identique certaines de leurs pièces, ici, point de messes basses : le moindre son, qu'il s’accidente en cherchant des noises aux graves des profondeurs ou qu'il flirte avec les stridences les plus aiguës d’un escalier d'octaves, est mis en lumière au spectacle et doit se faire entendre. De la courbe de ses ouïes sillonnant la vertu au vice des clés de fa qui régente ses partitions, la contrebasse est alors de toutes les fréquences. Pour ce faire, la moindre parcelle de son imposante topographie se trouve  mise à contribution, quitte à être tambourinée à l’envie entre deux pincements aux cordes, lors de duels festifs chorégraphiés et mis en scène  avec précision, dynamisme et espièglerie. Du cinéma pour les oreilles, de la musique pour les yeux. Unis comme les 6 doigts d'une main que beaucoup de musiciens aimeraient avoir, l'Orchestre de contrebasses semble au final vouloir perpétuellement allonger le nez de Pinocchio de la pièce de Patrick Süskind*, réhabilitant par l'archet ou tout ce qui leur tombe sous les doigts un instrument que l'on ne soupçonnait pas si complet et qui, lorsqu'il est en nombre,  peut très bien se  passer de ceux qu'il est bêtement censé accompagner.

(*La contrebasse)

 

Ø      Anne-Marie H

Titre de l’album : Intégrale des Quatuors de Beethoven

Titre de l’extrait choisi : 3ème mouvement – Allegretto- du 8ème  Quatuor Opus 59 N°2

Nom du compositeur et des interprètes : Beethoven. Quatuor Talich

Genre musical : Musique de chambre

Et

Titre du DVD : Boris Godounov

Titre de l’extrait choisi : Scène du couronnement de Boris

Nom du compositeur et des interprètes : Moussorgski . Orchestre de l’opéra Kirov, direction Valery Gergiev.

Genre musical : opéra.

 

Quand de grands musiciens puisent dans un recueil de chants populaires russes publié en 1790. Un aristocrate, musicien, architecte, archéologue, historien, le Prince Lvov, et un musicien, Ian Pratsch, sont à l’origine de ce recueil de chants dans lequel Beethoven, Rossini, des musiciens russes comme Glinka, Moussorgski et Tchaïkovski puiseront leur inspiration. C’est le cas de la chanson « Gloire au beau soleil » que nous retrouvons dans les œuvres citées.

 

Les 3 quatuors de l’opus 59 sont appelés Quatuors Razoumovski, du nom du dédicataire et ils ont été composés en 1806. Le 8ème Quatuor est en mi mineur. Il comprend 4 mouvements. C’est dans le troisième que Beethoven utilise en guise de 2ème thème la chanson « Gloire au beau soleil ».

Les 16 Quatuors de Beethoven constituent un des chefs d’œuvre absolus de l’histoire de la musique, les Quatuors Razoumovski permettent une excellente introduction à cette musique de chambre. L’interprétation du Quatuor Talich est remarquable .

 

La gestation de Boris Godounov a été longue et laborieuse. L’œuvre a été créée dans sa 2ème version en 1874. Pour faire court, on peut dire qu’il y a 2 personnages principaux dans l’œuvre : le peuple et le tsar Boris.

Dans le prologue, Boris finit par accepter, après avoir refusé dans un premier temps, la couronne de Russie. Le peuple commence par acclamer le nouveau tsar ( il le haïra plus tard) sur l’air de la mélodie citée. Voici ses paroles : « Comme nous glorifions le beau soleil dans les cieux, Gloire, gloire, Que ta vie soit longue et heureuse, Tsar notre petit père. Réjouis-toi, amuse-toi, ô peuple ».

Si la mise en scène reste très classique, cette version de Boris Godounov par Valery Gergiev est très satisfaisante. On apprécie particulièrement le Boris de Robert Lloyd.

 

Titre de l’album : Niyo

Titre de l’extrait choisi : Niyo

Nom du compositeur et de l’interprète : Mamadou Barry.

Genre musical : « entre afrobeat, rythmes mandingues, funk doux, parfums de jazz revisités et sensualité latine », ou entre musiques africaines et jazz.

 

Le saxophoniste guinéen, Mamadou Barry, qui est aussi percussionniste et flûtiste, est l’un des plus grands musiciens de Guinée. Niyo est inspiré d’une mélodie de la basse côte de Guinée. Elle traite du thème de l’amant qui déplore l’absence de sa bien-aimée. L’album s’écoute avec beaucoup de plaisir.

 

Titre de l’album : Cantatas for the Esterhazys

Titre de l’extrait choisi : Duetto, extrait de la cantate Destatevi, o miei fidei (Réveillez-vous, o mes amis)

Nom du compositeur et des interprètes : Haydn. Cappella Coloniensis et Vokalensemmble Köln sous la direction d’Andreas Spering.

Genre musical : Musique de circonstance.

 

Les devoirs d’un musicien de cour, ou comment vivre quand on est musicien.

Pendant très longtemps, les musiciens n’ont pu travailler que s’ils étaient les serviteurs d’un roi ou d’un prince qui leur commandaient des œuvres, y compris à leur propre gloire. Et parfois cela donne des chefs d’œuvre comme ces cantates pour la maison Esterhazy.

 

Joseph Haydn (1732-1809), contemporain de Mozart et de Beethoven, a été pendant 30 ans au service de la maison Esterhazy et a servi plusieurs princes. C’est pour le prince Nicolas, surnommé le Magnifique, que Haydn compose la Cantate Destaevi o miei fidei en 1763, dont  Harmonia Mundi nous propose le 1er enregistrement. C’est une œuvre composée pour la fête du prince et toute à sa gloire, comme en témoigne la traduction de l’extrait choisi : « Grand Héros, honneur du monde, de grâce, reçois un pur hommage de devoir, de respect et de foi. »

Ce devoir de célébrer un prince ou un roi, lié à la charge d’un musicien, maître de chapelle, par  exemple, est classique dans l’histoire de la musique : Lully, Purcell en constituent d’autres exemples. On pourrait craindre des œuvres genre « brosse à reluire ». C’est en partie vrai et faux. Vrai, dans la mesure où le musicien ne mettra en lumière que les hauts faits de son maître, pas les guerres, la famine… Faux, dans la mesure où ces mêmes œuvres sont d’une qualité musicale exceptionnelle. C’est le cas des plus grands compositeurs, dont Haydn.

 

Ø      Pierre

Titre du DVD : Fantaisie héroïque : Juliette en concert au Grand Rex

Titre de l’extrait choisi : Les Grognards

Nom de l’interprète : Juliette.

Genre musical : Chanson française, concert filmé, réalisé par Arnaud Legoff

 

En contraste avec le répertoire que l'on connaît de Juliette, "les grognards" est un morceau au caractère grave, presque poignant. Sensation renforcée par l'apport dans l'orchestre d'une rangée de tambours omniprésents ... 0n retient son souffle.

 

 

 

Par Bibliothécaires musicaux de Franche-Comté
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Mercredi 9 septembre 2009

Ø      Alexandre

 

Titre de l’album : Junior

Nom du groupe : Röyksopp, Svein Berge et Torbjørn Brundtland

Interprètes : Robyn, Anneli Drecker, Lykke Li, Karin Dreijer

Genre musical  : musique électronique, lounge music, influences disco. Norvège

Formats disponibles : CD, Vinyle, Numérique. Parution le 23 mars 2009

 

Röyksopp (en français : vesse-de-loup) est un groupe de musique norvégien composé de Svein Berge et Torbjørn Brundtland, fondé en 1998. Leur musique est électronique (lounge) aux sonorités disco, mais aussi Electroclash (1).

Après des collaborations avec Those Norwegians, Drum Island et Kings of Convenience, Torbjørn Brundtland et Svein Berge s'imposent sur le devant de la nouvelle scène nordique avec Röyksopp. Au programme : harmonies « classiques » dignes d'Erik Satie, chaleur « analogique » des années 1970 et excès rythmiques des années 1980.

Melody A.M., paru en octobre 2001, avait été plébiscité par la critique : en effet, il proposait un son que personne n’attendait et venant d’un pays auquel on n’aurait guère pensé. Le charme de cette musique a séduit les amateurs de musique électronique et les amateurs de pop mélodique. Il s'est vendu à 60 000 exemplaires en France et plus d’un million d’exemplaires dans le monde.

Leur second album, The Understanding, est sorti en 2005. Pour la majorité des parties vocales de cet album enregistré à Bergen, le duo s'est entouré de divers artistes, tels Chelonis R. Jones de Get Physical Records, de Karin Dreijer de The Knife et de Kate Havnevik.

L’album Junior : paru en mars 2009, Junior est le premier volet d’un diptyque dont la suite est annoncée pour la fin de l’année. Certaines sources non officielles annoncent que l’album en question sera baptisé Senior, par opposition au premier. Comme à son habitude, le groupe s’est entouré d’interprètes féminines, telle la chanteuse scandinave Robyn (sur le titre The Girl And The Robot, qualifié de "technopéra" par le groupe), leur compatriote Anneli Drecker sur les morceaux Vision One, You don’t have a Clue, True to Life, et à nouveau Karin Dreijer (This must be it, Tricky tricky), Lykke Li (Miss it so much)…

Suggestions d’écoutes :

Röksopp Forever (1) : premier titre de l’album, ce morceau se présente comme une introduction musicale très mélodique (prédominance du ré mineur) aérienne et progressive.

Vision One (2 ): introduction encore assez spatiale, stoppée net par un son assez grinçant qui rappelle Daft Punk.

Tricky tricky (4) : titre beaucoup plus froid que les précédents et ultra synthétique.

The Girl and the Robot (6) : un titre aux sonorités disco (120 BPM), une débauche de sonorités spatiales et électroniques entoure la voix de la chanteuse Robyn.

 

(1) L’Electroclash désigne une musique d’influence disco, pop, rock ou punk. Toutefois, ce genre n’est pas unanimement reconnu par les amateurs de musique électronique. Selon certains, il répondrait davantage à une stratégie marketing et journalistique. En réalité, il s’agit davantage d’un mélange de genres.

 

Titre de la playlist sur Naxos : sélection du comité musique, le thérémine

Alexandre a créé une playlist sur le thérémine, 1er instrument de musique électronique (1919) et a présenté cet extraordinaire instrument lors du comité à Orgelet le 26 juin. Voir aussi des vidéos sur youtube. 

Considéré comme le premier instrument de musique électronique, le Thérémine, mis au point par Lev Sergueïevitch Termen, a vu le jour en Union soviétique en 1919. Cet instrument a la particularité de produire des sons sans aucun contact physique avec l'instrumentiste, ce qui le rend difficile à maîtriser. La plus célèbre joueuse de Thérémine fut sans conteste Clara Rockmore, que nous vous proposons de découvrir dans cette playlist (accessible aux abonnés JuMEL).

 

Ø      Philippe

 

Titre de l’album : Tomorrow the green grass

Titre de l’extrait choisi : Blue

Nom du compositeur ou de l’interprète : Mark Olson et Gary Louris, comp. ; The Jayhawks, groupe

Label : American recordings/Universal-1995

Genre musical : americana (= globalement : country-rock alternatif)

 

Les Jayhawks se sont formés à Minneapolis en 1985. Malgré d'incessants changements de personnel, ils ont su garder une identité forte, basée sur une certaine tradition de la musique américaine et surtout sur des harmonies vocales de haut vol qui les démarquent instantanément de leur concurrence. Responsables d'une poignée d'albums dont les secrets bien gardés ont saveur de classiques du genre, les Jayhawks restent aussi une porte d'entrée idéale pour qui voudrait arpenter le rock américain par la face nord, et distinguer le bon du gras, que ce soit par le biais de ses autoroutes ensoleillées, de ses chemins de traverse sinueux ou de sa part d'ombre séminale, sans restriction.

 

Tout comme cet obscur groupe de doo-wop des années 50 auquel ils ont chipé le nom sans peut-être même le savoir, les Jayhawks ne sont jamais vraiment entrés en lumière. A moins qu'ils n'aient, modestement, reculé d'un pas à chaque fois que l'aura d'un projecteur caressait leurs songes de gloire de trop près. Sésame jalousement gardé dans son écrin ou ignorance scandaleuse, il n'en reste pas moins que Gary Louris et Mark Olson, les deux membres fondateurs, peuvent à l'éclat de leur oeuvre, bomber le torse, quoi que l'avenir en fasse. Déjà parce qu'un (bon) album des Jayhawks se réécoute, au chevet de l'envie : une fois dissipée l'ivresse des mélodies immédiates dans les vapeurs de la sobriété des arrangements, on s'émerveille au fil des écoutes de cet équilibre prolongé où tout se patine avec intelligence et retenue. Les paroles sont à l'avenant, portées par des harmonies vocales d'une parfaite mélancolie dont l'élégance consiste à ne jamais tomber dans la parodie geignarde, tentation facile qui serait à ce stade proprement rédhibitoire. Dans ce vaste pays dont s'habille l'espace des chansons, les routines usuelles, les déraillements du quotidien ou les renoncements résignés autopsient à merveille les tourments d'une Amérique moyenne plus sentimentale qu'elle n'en a l'air.

 

Ø      Anne-Marie H

 

Titre de l’album : Music for Queen Mary

Titre de l’extrait : Come, Ye Sons of Art, Ode pour l’anniversaire de la reine Mary

Nom du compositeur : Henry Purcell

Nom des interprètes : Monteverdi Choir, Monteverdi Orchestra, direction John Eliot Gardiner

Genre musical : musique classique – 17ème siècle

 

Nous célébrons cette année le 350ème anniversaire de la naissance de l’un des plus grands musiciens anglais, Purcell. Comme Lully en France, c’est un musicien attaché à la cour royale et il compose ce que l’on peut appeler de la musique de circonstance, ce qui ne signifie pas de la musique sans qualité. Il sert plusieurs souverains (catholiques et protestants) dont Guillaume III et Mary II. C’est pour le 33ème anniversaire de celle-ci que Purcell compose l’ode Come, Ye Sons of Art (L’année suivante, qui est aussi celle de la mort du compositeur, il écrit la Musique pour les Funérailles de la Reine Mary).

L’air Come ye sons of Art est composé pour voix d’alto ou contre- ténor avec chœur est introduit par une ritournelle dansante. Le duo Sound the trumpet pour 2 contre- ténors est très animé et orné .

Cette œuvre, très joyeuse, est une excellente introduction à la musique de Purcell.

 

Titre du DVD : The Fairy Queen

Nom du compositeur : Henry Purcell

Nom des interprètes : Yvonne Kenny, Thomas Randle, Orchestre et Chœur de l’Opéra national anglais, direction Nicholas Kok

Genre musical : opéra baroque

 

Inspirée de la pièce de Shakespeare, Le Songe d’une nuit d’été, l’ oeuvre de Purcell appartient à un genre typiquement anglais, le semi-opéra, qui mêle texte dramatique en plusieurs actes et, entre chaque acte, un masque ou divertissement musical qui associe chant et danse. La version présentée ne contient que la musique et la danse de tous les masques. Nous avons pu regarder quelques scènes de l’œuvre, où Obéron, le roi de la forêt, s’est fait la tête de Mickael Jackson !  Le mélange de danse, entre moderne et baroque, de musique et d’airs rend l’œuvre particulièrement plaisante. A essayer !

 

Titre de l’album : Primavera

Titre de l’extrait : Revecy venir du printemps

Nom du compositeur : Claude Le Jeune

Nom des interprètes : Suzie LeBlanc, Daniel Taylor et Les Voix humaines

 

Titre de l’album : Hommage à Joseph Samson

Titre de l’extrait : Psaume 35 Déba contre mes débateurs

Nom du compositeur : Claude Le Jeune

Nom des interprètes : Maîtrise de la Cathédrale de Dijon et Ensemble Joseph Samson

 

Compositeur protestant, Claude Le Jeune (1530- 1600) a été le musicien d’Henri IV. Il pensait que les auteurs anciens avaient distingué 2 parties dans la musique : l’Harmonique, « assemblage proportionné des sons graves et aigus », bien développée depuis l’antiquité, et la Rythmique, très développée autrefois. Claude Le Jeune participa à une réforme, celle de la musique mesurée à l’antique. De quoi s’agit-il ? La réforme utilise les textes poétiques selon des rythmes basés sur les syllabes des mots, brèves ou longues comme dans la poétique grecque et latine. Elle se traduit chez Le Jeune par des motets, des psaumes et des chansons. Disons-le, la réforme ne survit pas au décès de Claude Le Jeune.

Nous en avons un excellent exemple, remarquablement interprété avec la chanson Revecy venir du printemps. Elle alterne refrain et couplets variés, ornés avec un rythme qui peut surprendre.

Le Psaume 35, sur un texte de Jean Antoine de Baïf, comprend le thème de l’œuvre, en brèves et longues, ou plutôt en noires et blanches, puis la version pour le chœur à 5 voix.

Démarche intéressante même si elle ne connaît aucun développement après la Renaissance.

Le disque Primavera mérite une attention toute particulière.

  

Ø      Pierre et Anne-Marie A

 

Titre du DVD : The Promise of Music, Gustavo Dudamel

Nom du réalisateur : Enrique Sanchez Lansch

Nom des interprètes : Simon Bolivar Youth Orchestra of Venezuela, Gustavo Dudamel, chef d’orchestre…[et al.]

Label : Deutsche Grammophon 004400734427

Genre musical : musique classique

 

José Antonio Abreu, économiste et musicien, a fondé en 1975, un réseau d’orchestres de jeunes au Vénézuela. C’est une démarche exemplaire, qui permet aux enfants d’apprendre très tôt la musique classique même s’ils sont issus des quartiers les plus pauvres et de jouer très jeunes dans des orchestres. Aujourd’hui plus de 200 orchestres sont créés et l’un d’entre eux, l’orchestre Simon Bolivar de Caracas, dirigé par son chef très charismatique, Gustavo Dudamel, se produit dans le monde entier.

Ce jeune orchestre Vénézuélien joue avec une énergie débordante Beethoven, Malher ou des auteurs latinos. Pour la plupart de ces jeunes artistes, la musique a changé leur vie et on sent qu'elle est devenue leur vie. Ils donnent tout à chaque concert et on sent qu'ils adorent jouer.

Le DVD nous montre un documentaire où l’on découvre les musiciens de l’orchestre Simon Bolivar dans leur famille, dans les répétitions, dans la préparation du concert au festival Beethoven de Bonn, mais aussi la démarche de José Antonio Abreu et l’énorme succès que rencontrent ces orchestres de jeunes vénézuéliens.

Le DVD comprend aussi le concert filmé de l’orchestre « Simon Bolivar youth orchestra of Venezuela » dirigé par Gustavo Dudamel au festival Beethoven de Bonn.

 

Ø      Anne-Marie A

 

Titre de l’album : Avant dernières pensées 

Titre des extraits choisis : Gnossiennes, chez le docteur

Nom du compositeur ou de l’interprète : Erik Satie, comp., Alexandre Tharaud et Erik Le Sage, piano, Juliette et Jean Delescluse, chant…[et al.]

Label : HMC90201718 Harmonia Mundi

Genre musical : musique classique

 

Coups de cœur pour le compositeur Erik Satie et le pianiste Alexandre Tharaud. Dans ce disque entièrement consacré à Satie, compositeur né à Honfleur en 1866 et mort à Paris en 1925, Tharaud interprète à merveille les « tubes » que sont les Gnossiennes et la Première Gymnopédie mais aussi des œuvres moins connues. Le premier CD est consacré aux œuvres pour piano seul et le second aux duos (piano à quatre mains avec Eric Le Sage), chansons et mélodies etc. Il s’est entouré d’un ténor, Jean Delescluse et d’une chanteuse, Juliette qui interprète avec beaucoup d’humour, comme à son habitude, des chansons de cabaret de Satie.

Erik Satie faisait partie du groupe des six (Auric, Durey, Honegger, Milhaud, Poulenc Tailleferre). C’était un « compositeur humoriste », un peu à part, il n’a pas suivi le cursus de ses pairs. Il est considéré au Japon comme un très grand compositeur, un des compositeurs les plus proches de la pensée bouddhique.

 

Dans les multiples interviews qu’a données Alexandre Tharaud lors de la sortie de ce double CD on apprend que si Satie est considéré comme un compositeur « pas assez difficile à jouer » « peu sérieux » dans notre pays, tout l’opposé de ce que pense Tharaud bien évidemment, il est au contraire perçu à l’égal de Debussy, Beethoven ou Bach au Japon par exemple – un des compositeurs les plus proches de la pensée bouddhique.

Des éloges de ce disque dans tous les magazines de musique (Le Monde la musique, Diapason, Classica, télérama…), une touchante unanimité, très méritée.

Le coffret de 2 CD est un très bel objet avec en couverture le portrait de Satie par Jean Cocteau

 

Titre du DVD : Lagaan

Titre de l’extrait choisi : Mitwa

Réalisateur : Ashutosh Gowariker

Nom du compositeur ou de l’interprète : Allah Rahka Rahman, comp. ; Udit Narayan et Alka Yagnik, chanteurs

Genre musical : musique de film bollywood

 

Tout bollywood est dans ce film de plus de trois heures : les références historiques, nous sommes dans un village du centre de l’Inde sous l’occupation britannique en 1893, la danse, la musique, les valeurs, le suspens et bien sûr l’amour, mais attention, pas même un baiser sur la bouche, c’est interdit au cinéma !

 

Bollywood est le nom donné à l'industrie cinématographique indienne basée à Mumbai (Bombay) et dont les films sont réalisés en hindî (et en ourdou). Il s'agit de la composante la plus populaire du cinéma indien, Le terme « Bollywood » est un mot-valise combinant l'initiale du nom « Bombay » - ancien nom de la ville indienne appelée officiellement Mumbai - et celui d'un autre symbole de l'industrie cinématographique, en l'occurrence américaine : « Hollywood ». Il ne désigne pas un lieu spécifique mais plutôt un genre cinématographique, celui du film musical, voire de la comédie musicale. Les films comportent généralement plusieurs clips musicaux, chantés et dansés.

 

Dire que la musique tient une place importante dans les productions de Bollywood est un sérieux euphémisme. Intégrées à part entière dans la conduite du récit aussi bien que dans la campagne de promotion du film (les albums des bandes-originales sortent souvent avant le long-métrage lui-même, et chaque film a son ou ses singles dont les plus chanceux deviennent des tubes nationaux), les chansons sont avec les décors majestueux et les héros au physique parfait, l'âme de ce cinéma indien à grand spectacle.

 

Lagaan (Lagaan : Once Upon a Time in India) est un film indien réalisé par Ashutosh Gowariker, sorti en 2001.

En 1893, sous l’occupation britannique, les habitants de Champaner, un village du centre de l'Inde, attendent la mousson avec impatience car les récoltes sont maigres.

Chaque année, le village doit s'acquitter du Lagaan, un impôt payé sur la récolte des céréales. Afin d'humilier les villageois, le chef de la garnison britannique locale veut doubler cet impôt alors qu'ils sont au bord de la famine. Mais c’est sans compter sur la détermination du jeune et beau Bhuvan qui va tout faire pour empêcher cela…

La musique du film a été composée par A.R. Rahman.

L’extrait choisi est un duo assez classique de la musique « bollywood », énergique et rythmé, associant un homme et une femme, voix suraiguë (mais mélodieuse) et surchargée d'effets de réverbération, refrain emballant – le plus souvent repris par un chœur constitué des personnages secondaires –, le tout soutenu par une section percussions à l'efficacité redoutable. Le résultat est délicieusement enivrant, provoquant un doux état d'euphorie comparable à celui que les classiques de la comédie musicale hollywoodienne parvenaient à créer en leur temps.

Si vous souhaitez continuer dans l’ambiance bollywood vous pouvez voir et entendre un autre film de Gowariker, Swades et un film de Sanjay Leela Bhansali, Devdas. C’est kitch à souhait mais ça détend et ça fait rêver !

  

Ø      Dominique

 

Titre de l’album : Gossip in the grain

Titre de l’extrait : You are the best thing

Auteur-compositeur : Ray Lamontagne

Label : Pariah Dogs

Genre : Soul Folk

 

Dans le 3ème album du song-writer, on retrouve à nouveau sa voix profonde, sensuelle et éraillée. Les ballades folk alternent avec des morceaux plus blues, ou country. Un très beau moment à savourer au calme.

Auteur-compositeur, guitariste et interprète de musique soul et folk, Ray Lamontagne est né en 1974.

En 2004 il sort son premier album « Trouble » qui lui vaut en 2005 trois récompenses à Boston : L’album de l’année, La chanson de l’année et le meilleur chanteur/auteur-compositeur masculin.

En 2006 il sort son deuxième album : « Till the sun turns black ».

 

Titre de l’album : Les Affranchis

Extrait : La Fille du fossoyeur

Auteur compositeur interprète : Alexis HK

Genre musical : Chanson française

Label : La Familia

 

Après « Belle Ville » (2002) et « L’homme du moment » (2004) revoilà enfin Alexis HK (Alexis Djoshkounian pour l’état civil) avec  sa voix et son univers si particuliers.

On retrouve son amour  de la langue française (« Maudits anglois », « La Langue des dieux »), son goût pour les fables («Chiken manager », petit résumé de la  vie politique hexagonale), les satires (« Les affranchis », constat amusé sur le milieu de la musique) Beaucoup d’humour (« la maison ronchonchon »),(« la fille du fossoyeur ») et de tendresse (« Zouzou »). Un régal !

Ces 5 dernières années ont été bien remplies : résidence artistique, concerts formule guitare-voix dans des petites structures dont des médiathèques (avec l’Association 45 tours), ateliers d’écriture pour aboutir à ce 3ème album, qu’il a  produit lui-même.

A noter les collaborations de R-Wan, (du Groupe Java sur « La Fille du fossoyeur »), de Renan Luce (qui pousse la chansonette dans « Thanks pour the add »), de Nicolas Jaillet qui signe un très beau texte « C’est le printemps ».

Petit conseil : aller jeter un œil sur le clip « Les affranchis » : petite version « mafiosa » du milieu de la chanson française où l’on retrouve une belle brochette d’artistes.

 

Titre de l’album : Les Trucs abîmés

Extrait : Mon frère

Auteur compositeur interprète  : La Casa (groupe)

Genre musical : Chanson française

Label : 3° Bureau

 

Un univers folk-rock pour ce 1er album. Des chansons en français et en espagnol.

La Casa, c’est la rencontre, dès l’enfance dans leur Mayenne natale, de Pierre Le Feuvre (auteur-compositeur) et Jean-François Péculier (compositeur), devenus tous deux musiciens professionnels.

Ils créent un premier groupe La Sainte Java où ils tâtent un peu tous les genres : rock alternatif, punk, reggae.

Ils découvrent plus tard le folk. La Sainte Java devient La Casa.

Cet album est la première signature et premier lancement du nouveau label 3° Bureau (Wagram)

 

Titre de l’album :  Cristal ballroom

Extrait : Cristal ballroom

Auteur compositeur interprète  : Babx

Genre musical : chanson française pop-rock

Label : Karbaoui records

 

Coup de cœur de la chanson 2006 de l’Académie Charles Cros et nomination aux Victoires de la musique 2007 dans la catégorie album révélation, pour son premier album éponyme, il récidive aujourd’hui avec « Cristal Ballroom » (référence à la scène du Titanic où l’orchestre joue ses dernières notes)

Multiinstrumentiste, Babx nous embarque,  pour un voyage entre rêve et réalité,  entre le Japon, le Pakistan et l’Ukraine. L’amour est présent aussi (« Lady L », « L rêve d’L »). Ambiance envoûtante.

 « Il a grandi dans le VIIe arrondissement de Paris. Sa maman est pianiste, professeur de chant et ethnomusicologue. Elle a travaillé avec Nusrat Fateh Ali Khan et Giovanna Marini, et fondé la chorale polyphonique des Glotte-Trotters. David lui a dédié sa chanson Sous le piano de ma mère. Son grand-père est chef d'orchestre. Son père, psychanalyste et écrivain. Son beau-père, plasticien, chef décorateur de cinéma, a collaboré avec Godard, Carax, Angelopoulos et animé un mouvement éphémère, le «post-Xisme». D'où l'emprunt du «x» de BabX » (l’Express)

A 20 ans , Babx (David Babin) découvre Léo Ferré et décide de suivre sa trace.

En 2004 il rachète le mythique studio Pigalle, là ou Léo Ferré a réalisé ses premiers enregistrements et co-fonde le label de disques : Karbaoui Records.

 

 

Par Bibliothécaires musicaux de Franche-Comté
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Mercredi 15 avril 2009

Ø      Marie

Titre de l’album : Omara Portuondo e Maria Bethânia

Titre de l’extrait choisi : So vendo que Beleza

Nom du compositeur ou de l’interprète : Omara Portuondo et Maria Bethânia,

Genre musical : musique du monde

 

Deux voix de divas s’entremêlent, deux voix puissantes et caressantes se réunissent pour nous envoûter. Le timbre mate et alangui d’Omara Portuondo, égérie féminine du Buena Vista Social Club, s’accorde à celui rauque et coloré de Maria Bethânia, grand nom de la chanson brésilienne. L’aînée havanaise a apporté la chaleur du son cubain et sa cadette carioca, toute l’universalité du tropicalisme. Dans ce disque commun, elles dialoguent au rythme des berceuses et des tempos caribéens, des ballades et des chansons d’amour. Les voix se répondent et se séparent pour se reformer sur So vendo que Beleza, un des rares « vrais » duos de cet enregistrement. C’est un morceau joyeux et pétillant, qui contraste avec la délicatesse des deux chansons suivantes, dernier mouvement de l’album.

C’est un disque de femmes, de divinités et d’amoureuses, que ces mélodies subliment à travers le mélange de deux cultures pas si éloignées que ça. Un regret néanmoins : l’album est un peu court, on aurait aimé que la douceur se prolonge d’avantage !

 

Ø      Anne-Marie H

Où il va être question de crimes.

Contre la mythologie…

 

Une certaine Juliette Lamber, qui deviendra Juliette Adam (amie de George Sand, égérie de Gambetta) écrit au sortir d’un spectacle :  « Dès les premières scènes, un insupportable dégoût me prit de ces insanités. Quoi ! mes dieux étaient livrés aux calembours imbéciles, caricaturés jusqu’au grotesque le plus bas et le plus vil. »

Un autre, réputé le « prince des critiques » ! Jules Janin, attaque « cet autre attentat au sens commun, Orphée insulté par les bouffons de Paris ».

Quelle aubaine pour l’auteur de ce 1er crime : Offenbach ! Ces critiques rageuses feront la gloire d’Orphée aux Enfers.

 

Titre du DVD : Orphée aux Enfers

Titre de l’extrait choisi : Ah c’est ainsi.. duo du concerto

Nom du compositeur : Jacques Offenbach

Nom des interprètes : Natalie Dessay, Eurydice- Yann Beuron, Orphée- Les Musiciens du Louvre, dir. Marc Minkowski

Genre musical : Opérette

 

Pensez donc, quelle horreur ! Ce couple tragique de la mythologie, séparé par la mort de l’épouse, est devenu un couple banal, où chacun aime ailleurs !

Ce poète musicien qui apaise la nature, dompte les animaux, les sirènes, séduit Cerbère et les dieux de l’enfer est devenu professeur de violon à l’Orphéon de Thèbes et son art laisse Eurydice complètement froide :

« Le violoniste

Me paraît triste ;

L’instrumentiste

Est assommant ;

Et l’instrument

Me déplaît souverainement »

Mais quelle décadence !

Comme à l’accoutumée, Natalie Dessay est une cantatrice et une comédienne exceptionnelle et Yann Beuron est jubilatoire.

 

On en redemande ? Allez, un nouveau crime ! Du même…

On le sait, enfin, en principe !, la guerre de Troie qui dura 10 ans tire son origine de l’enlèvement d’Hélène, épouse du roi Ménélas, par Pâris, fils du roi Priam. C’est raconté par Homère dans l’Iliade. Et pourquoi Pâris enlève-t-il la belle Hélène ? C’était la récompense d’Aphrodite (Vénus) qui a été élue par Pâris la plus belle des 3 déesses [les 2 autres étaient Héra (Junon) et Athéna (Minerve)].

C’est tragique, une guerre, même racontée par Homère…

Et que font Offenbach et ses librettistes ? Ils caricaturent les rois de la Grèce : le bouillant Achille, les 2 Ajax, Ménélas « l’époux de la reine, poux de la reine », Agamemnon « le roi barbu qui s’avance, bu qui s’avance » sont des fantoches qui ne se préoccupent guère de la guerre.

 

Titre du DVD : La Belle Hélène

Titre de l’extrait choisi :  Lorsque la Grèce est un champ de carnage. Couplet patriotique.

Nom du compositeur : Jacques Offenbach

Nom des interprètes : Laurent Naouri, Agamemnon- Michel Sénéchal, Ménélas- François Le Roux, Calchas. - Les Musiciens du Louvre, dir. Marc Minkowski

Genre musical : Opérette

 

Il ne s’agit pas là d’une évocation prémonitoire de la guerre de Troie mais d’une injonction faite à Ménélas d’obéir à la déesse et d’accepter qu’Hélène parte avec Pâris… Sinon, le désordre le plus total règne : les épouses laissent leurs époux et réciproquement. Une catastrophe…

C’est hilarant de voir l’énergie de Laurent Naouri et de François Le Roux dans cette injonction et la mise en scène de Laurent Pelly ajoute à notre plaisir.

 

Alors, tant pis pour les grincheux, les pisse-froid et vive les crimes contre la mythologie !

 

Ø      Dominique

Titre de l’album : Frère animal

Titres des extraits : La chanson du DRH ; Mon beau casier

Auteurs-compositeurs : Arnaud Cathrine- Florent Marchet

Interprètes : Arnaud Cathrine - Florent Marchet - Valérie Leulliot - Erik Arnaud - Nicolas Martel - Antoine Lhouillier

Editeur : Verticales

Genre : Roman musical

 

Roman musical , écrit par Arnaud Cathrine et Florent Marchet, musique composée par Florent Marchet , il se présente sous la forme d’un livre accompagné d’un CD où l’on retrouve le texte en musique et chanté.

Il existe maintenant sous la forme d’un spectacle musical.

Le cadre de l’histoire :

Une ville de province. La SINOC (Société industrielle nautique d’objets culbuto) emploie une grande partie de la population : elle est « la mère nourricière ».

Le sujet :

C’est une critique sociale de l’entreprise à travers les points de vue de différents personnages :

Le DRH, le directeur de marketing, l’ouvrier qui part en retraite, le chef d’équipe …

 

C’est aussi une histoire familiale, un conflit de générations entre un père Jean (qui a fait sa carrière à la Sinoc, d’abord ouvrier et maintenant chef d’équipe) et un fils Thibaut (qui ne veut pas cet avenir là et veut sortir du rang).

 

Un texte très fort et une musique totalement en adéquation : une écoute qui ne peut pas laisser indifférent.

 

Ø      Sophie I 

Titre de l’album : Birdy nam nam

Titre de l’extrait choisi : Abbesses

Nom du compositeur ou de l’interprète : Birdy nam nam

Genre musical : Musique électronique

 

Birdy nam nam est un collectif de 4 DJ français. Ils pratiquent le turntablism (ils scratchent sur des platines).

Dans la composition des morceaux, chaque membre du groupe a son rôle à jouer. Par exemple : un à la basse, un autre à l’accordéon, et les autres à la guitare.

Birdy nam nam est leur premier album. On y retrouve toutes leurs influences : jazz, électro, dub world music, soul, rock et surtout hip-hop.

Le groupe offre une autre approche du mouvement électronique français. Ils touchent un public éclectique de part leurs influences diverses. Les morceaux de l’album forment un ensemble assez homogène avec des sons jazzy.

Le DVD, quant à lui, nous montre toute la complexité que requiert le turntablism. Les Birdy nam nam ne connaissent pas les instruments « traditionnels » mais savent à merveille jouer du scratch et de la platine.

Leur dernier album (sorti en 2009) contient plus de morceaux dancefloor.

 

Titre de l’album : Lipopette bar

Titre de l’extrait choisi : Conte de fées

Nom de l’interprète : Oxmo Puccino et les Jazzbastards

Genre musical : hip-hop, rap

 

« Lipopette bar » c’est avant tout  une histoire façon « film noir des années 30 ». L’originalité de cet album vient du mélange des sonorités : rythmiques hip-hop et mélodies jazz. C’est un doux mélange qui permet de créer une ambiance intimiste tout en racontant, à travers les différentes chansons,  une histoire sombre mais élégante.

  

Ø      Rozenn

Titre de l’album : Allez hop hop hop !

Titre de l’extrait choisi : La poésie du zizi

Nom du compositeur ou de l’interprète : Les voilà voilà

Genre musical : musique pour enfants : variétés

 

A l’origine du groupe Les voilà voilà , Cédric Levaire, d’abord pianiste de bar puis compositeur pour des compagnies et directeur artistique de séjours pour enfants et ados. Il est accompagné sur ce premier album d’Arno Clerc chargé - dixit le groupe - des voix et des guirlandes. Les voilà voilà se produisent surtout sur scène, Arno Clerc est alors remplacé par Marc Brebion, guitariste. Cédric Levaire est auteur, compositeur, musicien.

Hop hop hop traduit bien l’atmosphère de cet album enjoué, énergique, autrement dit qui swingue un max ! Textes et crédits ! plein d’humour, avec une préférence pour le titre : le grand méchant loup, qui précise, entre autres, qu’en fait, le prince n’a pas voulu d’une Cendrillon qui sentait fort des pieds… A partir de 5 ans.

Ø      Irénée

Titre de l’album : Santogold

Titre de l’extrait choisi : you'll find a way

Nom du compositeur ou de l’interprète : Santogold

Genre musical : ska, ragga, reggae, pop…

 

Mélangeant avec brio le ska, le ragga, le reggae, et la pop, les américains de Santogold ou Santigold (nouveau nom donné par la force des choses en raison de poursuites judiciaires) offrent un disque très rafraîchissant ou transparaît le talent de la chanteuse Santi White et de son compère John Hill, les deux chevilles ouvrières de ce groupe qui multiplie par ailleurs les collaborations musicales.

Cet album très agréable à l'écoute se distingue également par des lignes de basse assez hallucinantes, un seul conseil, écoutez-le !

 

Titre de l’album : When life gives you lemons, you paint that shit gold

Titre de l’extrait choisi : You

Nom du compositeur ou de l’interprète : Atmosphère

Genre musical : rap

 

Trop souvent le rap est considéré par les profanes comme une musique revendicative (ce qui est vrai), machiste, faisant l'apologie des valeurs matérielles et cultivant une certaine estime pour l'esprit "gangster" et tous ceux qui défient l'autorité en général. Ce deuxième aspect définit en partie un courant qui fut très à la mode en son temps le "gangsta-rap" mais le gansta rap ce n'est pas le rap dans son ensemble, cet album nous le prouve de la plus belle des façons puisque les américains d'Atmosphère ont voulu faire ici un album positif, avec des paroles assez élaborées se rapprochant davantage du mouvement hip hop et d'artiste tel que Grandmaster Flash.

Le résultat est un disque assez varié musicalement ou la lassitude ne pointe jamais le bout de son nez, une très belle surprise !

 

Ø      Anne-Marie A

Titre de l’album : Fiesta

Titre de l’extrait choisi : Danzon n° 2 d’Arturo Marquez

Nom du compositeur ou de l’interprète : Silvestre Revueltas, Innocente Carreño, Antonio Estevez...[et al.], comp. ;Simon Bolivar Youth Orchestra of Venezuela ; Gustavo Dudamel, dir.

Label : Deutsche Grammophon (2008)

Genre musical : Musique classique, Amérique latine.

 

Musique latino-américaine à travers un choix de pièces de différents compositeurs.

Choix de ce disque pour deux raisons, d’abord pour la démarche intéressante et louable de l’orchestre Simon Bolivar qui rassemble 200 jeunes musiciens vénézuéliens, issus des régions les plus pauvres du Venezuela. Ils ont appris la musique classique dans des écoles spécialisées et gratuites, programme social mis en place il y a une trentaine d’années au Venezuela et qui permet aux enfants, dès l’âge de 2 ans, d’apprendre gratuitement la musique classique.

 Ensuite parce que ma collègue Hélène m’a fait découvrir le Danzon n° 2, un des plus beaux titres de ce disque, qu’elle adore. Merci à elle, nous aussi on adore ! De la fête, de l’espoir, de la joie…

Cette œuvre écoutée, « le Danzon n° 2 (1994) d’Arturo Marquez, est si célèbre qu’on l’a surnommé le « second hymne national » du Mexique. Marquez s’est inspiré dans ses Danzones de la musique de Cuba et de la région mexicaine de Veracruz. Les jeunes gens rêvent ici de jouer le Danzon, ils l’adorent », explique Dudamel.

Auparavant Dudamel a enregistré des symphonies de Beethoven et de Mahler. Un jeune chef à suivre de très près.

 

 

Titre de l’album : Les Gens qui passent... dans la rue

Nom du compositeur ou de l’interprète : Les Gens qui passent, ens. voc. et instr.

Genre musical : Rock français mélodique

 

Les gens qui passent c’est un groupe de jeunes musiciens jurassiens qui vient d’enregistrer son premier disque. Alors chapeau, même si ce début a quelques petites imperfections, la voix est un peu jeune sur certains titres et l’enregistrement manque un peu de contraste, mais l’ensemble est d’un très bon niveau et très encourageant. Les mélodies sont agréables et les textes souvent bien tournés et authentiques. 

[Les Gens qui Passent est un groupe de rock français composé de 4 membres : Marc Etienne Géry (Chant / Basse / Composition), Pierre Leroy (Batterie / Percussions / Choeurs), Clément Desbiez-Piat (Claviers), Alexis Gros (Guitare). Sur le site www.mytrempl1madeinjura.com]



Titre de l’album : Mytrempl1 2008

Titre de l’extrait choisi : « Sweet Life » des Sevendays

Nom des trois groupes lauréats du tremplin : Groovy Baby Funky Boost, Benja, Lead Orphans, ens. voc. et instr.

Label : Made in Jura, 2009

Genre musical : rock, groove, pop, funk…

 

Deuxième disque pour le tremplin des musiciens jurassiens. A l’initiative du Conseil général du Jura, une première en 2007, cette opération vise à mettre en avant des artistes du Jura, sélectionnés par un jury, en leur donnant la possibilité d’enregistrer quelques titres sur un CD collectif et de se produire lors d’un concert annuel au bœuf sur le toit à Lons-le-Saunier.

Les lauréats de 2008 sont  Groovy Baby Funky Boost, Benja et Lead Orphans.

Avec le label « Made in Jura », les objectifs en faveur de ces artistes sont définis ainsi : détecter des talents, accompagner des artistes, développer des carrières, financer des projets artistiques…

Cette édition 2009 propose deux CD, un avec quatre titres pour chaque groupe lauréat et un autre avec quinze titres d’autres groupes jurassiens. Une vraie réussite pour montrer la diversité de la création musicale dans notre département, avec un enregistrement de très belle qualité. Une initiative vraiment remarquable !

Ecoute lors du comité du titre des Sevendays « Sweet life ». Ce groupe de quatre musiciens basé à Mantry (39) chante en anglais et donne à entendre un mélange de pop et de rock très agréable, mon titre préféré !

Voir le site Internet sur lequel tous les groupes jurassiens peuvent faire une page de présentation et mettre un lien sur leur site personnel  www.mytrempl1madeinjura.com

 

Ø      Jean-Claude

Titre de l’album : If duo

Nom du compositeur ou de l’interprète : Bruno Angelini et Giovani Falzone

Genre musical : jazz

 

Bruno Angelini et Giovani Falzone seront au festival Jazz à Frontenay les 21 et 22 août prochain. Ils nous feront découvrir des extraits de leur dernier CD “If duo” sorti en juin 2008.

Bruno Angelini est l’un des pianistes français les plus passionnants du moment. Son association avec Giovanni Falzone, trompettiste italien à la technique époustouflante et à la sonorité toujours “chantante”, est l’une des plus pertinentes qui soit. Leur expérience commune remonte à 2003 ce qui a permis à ces deux musiciens d’apprendre à se jauger musicalement et humainement.

Un duo brillant, inspiré, lyrique, d’une très grande complicité musicale, Giovanni Falzone n’a jamais été si près de lui-même que dans ce duo avec Bruno Angelini. Chant de désir ou aveu d’une plainte, selon l’humeur, il nous balade au cœur de ses « ténèbres », nous enveloppe d’un lyrisme échevelé qui file dans l’aigu avec de fausses fragilités…. Ses envols sont capricieux avec des ruptures de tempos, pour le moins déconcertantes. Aucune facilité dans les phrases qui s’épanouissent en volutes énervées, stridentes souvent, ou encore en bourdonnements exaspérés…

 

Nom de l’interprète : Zaz

Genre musical : jazz

 

Une voix, une révélation que nous avons pu découvrir à la cave à Jazz à l’occasion de la percée du vin jaune, nous avions appris qu’elle s'était produite sur la scène de l'Olympia le 26 janvier dernier dans le cadre du festival « Génération Réservoir », concours mettant à l'honneur les artistes autoproduits. Zaz a été proclamée gagnante de ce concours, rien d'étonnant étant donné son talent et son grain de folie !

 

Sa voix est puissante mais elle n'en n'abuse pas, ses paroles sont touchantes mais elle ne tombe pas dans le ringard, c'est super frais et vrai. Elle peut paraître un peu parfois « vieille école » pas du tout ! Elle joue habilement sur le fil, entre rétro et avant-gardiste ; si j’osais, je dirais que c’est un peu une nouvelle « piaf »  De plus elle fait trop bien la trompette avec sa bouche…Nous nous attendions à ce qu’elle fasse encore parler d'elle… çà n’a pas manqué : Le monde du 4 avril vient de lui consacrer une page… Sortie de son premier CD en juin prochain qui sera présenté en avant première à « Jazz à Frontenay » les 21 et 22 août.

 

Ø      Philippe

Titre du DVD : Spinal Tap, vrai faux "Rockumentaire" de Rob Reiner (1984) (sortie DVD en 2003).

Nom du compositeur ou de l’interprète : Michaël Mc Kean, Christopher Guest, Harry Shearer

Genre musical : LOL

 

On envie forcément celui ou celle qui visionnera Spinal Tap pour la première fois et qui saura apprécier le dynamitage permanent des codes de la rock'n'roll attitude qu'il donne à voir au travers des pérégrinations irrésistiblement loufoques d'un groupe de hard rock lambda inventé de toutes pièces pour l'occasion, discographie, morceaux, lubies, névroses, QI de poulet du Gers et nombrilisme compris. Tous ceux qui l'ont vu, même les plus visés par l'estocade, vous le diront : ce premier film, quasi inaperçu en France à l'époque de sa sortie, d'un Rob Reiner goguenard qui apparaît lui-même à l'écran sous un faux nom spaguetti, n'a jamais trouvé son équivalent en puissance comique. Ni avant, même si on pense aux Rutles*, ni après, parce qu'on évite à tout prix de penser à Wayne's World.


A contrario de ce dernier, fadasse et caricatural,
Spinal Tap est un rien plus ambitieux : tourné et codifié comme un vrai documentaire, le film propose, au travers de situations « vécues » toutes plus désopilantes les unes que les autres et sous couvert de pénétrer l'intimité d'un groupe en tournée, d'assister à l'atomisation progressive de tout ce qui pourrait être sérieux, réfléchi ou même sensé. Cela fonctionne d'autant mieux que l'on sent bien le plaisir coupable et jubilatoire qu'ont pris les protagonistes à décrypter puis à démonter une par une les petites ou les grosses manies des musiciens du cru, avec une mention spéciale pour les velus aux chevilles qui enflent, imbus de leur petite personne, de leur belles guitares rutilantes à micro HF ou de leurs gros amplis à lampes.


Improbables Cheap Trick d'opérette, les Spinal Tap sont tellement crédibles dans leur aliénation givrée qu'ils font tout passer à l'ouest, y compris une discographie en forme de best of foutraque et dispersé, ruant tel un cabri dans tous les pièges du cliché majuscule. Et comme charité bien ordonnée, etc. il apparaît finalement tout naturel que les acteurs principaux aient eux-même composé (et joué) tous les morceaux présentés, creusant le sillon jusqu'à attifer leurs pseudo-tubes de paroles bovines pitoyables et de refrains magistralement ineptes (
Tonight I'm gonna rock you tonight, par exemple). Sans être pour autant musicalement plus mauvais que certains vrais groupes qui en prennent au passage pour leur grade ou leurs partitions. Au final, les fans de rock pas seulement à moustaches tiennent-là leur Tontons flingueurs ou leur Père Noël est une ordure à eux, tant on pourrait passer des soirées entières à se taper les cuisses jusqu'à point d'heure comme des ados attardés rien qu'en évoquant les dialogues cultissimes ou les scènes les plus fameuses du film.

 

Reste que la parodie a fait long feu et n'en finit pas de renaître de ses cendres, à tel point que le groupe Spinal Tap, qui a même droit au (cha)pitre dans le Dico du rock de M. Assayas, n'arrête pas de se reformer sans se réformer pour de sporadiques tournées, et s'est même fendu d'un vrai faux 19ème album en 1992, malheureusement moins bon que l'album noiraud de la BO (à la pochette totalement noire sans la moindre inscription recto et verso, comme dans le film... et comme sur Deezer). Dernier pied de nez en date : pour fêter leur 25 ans, les "Tap" ont décidé de faire une tournée mondiale d'une date (c'est eux qui le disent sur leur vrai site officiel) : ce sera à Wembley, le 30 juin prochain. Celui qui ira me racontera si les amplis étaient sur 11 ou si le batteur s'est inopinément désintégré sous l'effet d'une combustion spontanée de rigueur...

 

*The Rutles : documentaire parodique de 1978 sur de faux Beatles plutôt réussi mais moins détonnant que Spinal Tap, réalisé pour la BBC à l'instigation du Monty Python Eric Idle, auquel George Harrison himself, pas bégueule pour une tasse de thé, prêta même présence et crédits de production.

 

Par Bibliothécaires musicaux de Franche-Comté
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Lundi 6 avril 2009

Ø      Marie

Titre de l’album : Le Voyage imaginaire

Titre des extraits choisis : Espagne, Italie, Arabie

Nom du compositeur ou de l’interprète : Robert Casadesus, comp., Jean-François Bouvery, piano.

Genre musical : Musique classique

 

« Né à Paris le 7 avril 1899 et disparu à Paris le 19 septembre 1972, Robert Casadesus est aujourd'hui considéré comme l'un des grands pianistes français du 20ème siècle. Issu d'une famille de musiciens, il obtient à quatorze ans un premier prix de piano au Conservatoire de Paris et le prix Diémer en 1920. L'année suivante, il commence ses premières tournées en Europe entamant ainsi une carrière internationale qui durera un demi-siècle […] » qui s’est déroulée en grande partie aux Etats-Unis après la Deuxième Guerre Mondiale. Proche de Fauré et de Ravel, Robert Casadesus étonnait par ses interprétations des plus grands compositeurs. Ravel a même déclaré : « Vous devez être vous-même compositeur pour si bien comprendre la musique des autres. »

Le Voyage imaginaire est son premier opus. Composé entre 1916 et 1917 pour un piano, il lui aurait été inspiré de films muets, de son besoin de poser de la musique sur des images. C’est probablement celui que l’on connaît le moins, mais on sent pourtant toute la verve et le talent de ce compositeur français. On y entend des compositions pleines d’une sorte de transparence, de légèreté et d’une grande technique.

 

 

Titre de l’album : Jamais la paix

Titre de l’extrait choisi : Maman XY

Nom du compositeur ou de l’interprète : Mademoiselle K

Genre musical : Rock

 

L’année 2006 a marqué le début d’une aventure prometteuse. Le nouveau quatuor de la scène rock française avait vendu des dizaines de milliers d’exemplaires de son premier album et partait en tournée à travers l’Europe et l’Asie. De cette épopée est né « Jamais la paix », un album très attendu. Avec 12 chansons écrites par Katerine Gierak, la chanteuse du groupe, auteur et compositeur, et ses trois acolytes, ce nouvel opus est plus « rock », plus énergique, avec des textes très incisifs et parfois intimes. Cris, respirations ou chuchotements, on est entraîné dans un mouvement perpétuel, dans un univers un peu surréaliste, parfois dérangeant ou étouffant. Sa formation en musique classique ajoute à ces compositions une touche baroque que l’on ressent dans la mélodie (arpèges et ornements) et dans sa technique instrumentale. Bref, ça détonne.

Maman XY pose la question de l’identité et a fait naître interrogations et rumeurs sur son auteur. Finalement, elle interpelle simplement, douloureusement, par son refrain chanté qui contraste avec le reste de la chanson.

 

Ø      Sophie I

Titre de l’album : Les Chansons animalières 

Titre de l’extrait choisi : Jean-Robert le dromadaire  + visionnage des clips : Meuh, meuh je suis une vache  et Tagadada je suis le cheval 

Nom du compositeur ou interprète : Jean-Yves Lacombe

Genre musical : Chansons pour enfants

Jean-Yves Lacombe n’est pas seulement un auteur-compositeur de chansons pour enfants. Jazzman, il est le créateur du duo Lacombe-Asselin (spectacles d’humour musical) et est aujourd’hui violoncelliste dans le groupe « Le Quatuor ».

« Les Chansons animalières » est son premier album pour enfants. Il fait partie de la sélection Talents Jeune Public de l’Adami pour le festival Mino. Ce disque comprend 22 chansons. Des chansons courtes, surprenantes, pleines d’humour et de jeux de mots. L’album est très dynamique et vraiment drôle. Les paroles peuvent être facilement reprises par les enfants.

 

Ø      Anne-Marie A

Titre de l’album : Mâjaz

Titre de l’extrait choisi : Masâr

Nom du compositeur ou de l’interprète : Trio Joubran, oud

Label : Randana, 2007

Genre musical : Musique traditionnelle : Palestine. Musique de Oud.

 

Ce sont trois frères, nés à Nazareth. Ils jouent tous les trois du oud, le luth du monde arabe. Tantôt de savantes improvisations, tantôt des interprétations d’airs traditionnels, toujours une immense émotion à travers cette musique qui nous parle de la Palestine, de la difficulté de vivre là-bas mais aussi de l’amour du pays. C’est autour des « maqamats » (mélodies, improvisations dans les musiques savantes arabes et turques), qu’ils  nous emmènent dans la musique arabe. 

Les profondes connivences et affections entre ces trois membres d’une même famille, dont le père est maître luthier et la mère chanteuse, sont palpables à tout moment.

Pour ce second disque le trio a fait appel au percussionniste Youssef Hbeisch.

 

Titre de l’album : Stolen from strangers

Titre de l’extrait choisi : Alviverde (Arto Lindsay, chant)

Nom du compositeur ou de l’interprète : Jun Miyake, comp., trompette, etc.

Label : Yellow Bird Records, 2008

 

Depuis trente ans le japonais Jun Miyake parcours le monde et capte des sons, des impressions qui viennent enrichir cet album aux allures de  road-movie. On trouve ici, dans ce treizième album, un éclectisme tout à fait surprenant, aérien, envoûtant : bossa-nova, electronica, jazz, chœurs balkaniques…

Ce multi-instrumentiste, mais surtout immense trompettiste,  a invité à ses côtés de vieux complices comme Arto Lindsay, Vinicius Cantuaria, Arthur H, Lisa Papineau… et nous fait découvrir un étrange langage musical, vraiment novateur, très agréable à l’oreille.

 

Titre de l’album : Songs of the spanish civil war

Titre de l’extrait choisi : Mendiko Negarrak (to Federico Garcia Lorca)

Nom du compositeur ou de l’interprète : Ramon Lopez Quartet, Benat Aciary, chant

Label : Léo Records, 2000

Genre musical : Free jazz

 

J’ai découvert, lors du festival 2008 « Le Fruit des voix » à Lons-le-Saunier, le trio Benat Achiary, Ramon Lopez, Philippe De Ezcurra, qui m’a fortement impressionné. Tout d’abord sceptique et réticente à l’écoute des premières notes, je me suis laissée guidée, sans à priori et j’ai pu mesurer toute la richesse et l’émotion de ces improvisations et de cette danse entre le chanteur et son micro, tenu comme un instrument !

Comme leur dernier disque « Avril » n’était pas disponible à la BDP (en prêt !) j’ai présenté cet album « Songs of the spanish civil war » du Ramon Lopez Quartet, également très intéressant, sur un répertoire de chants de la révolution espagnole 1936-1939. La voix de Benat Achiary donne la mesure de la désespérance ressentie par tout un peuple.

Merci à Annick Meschinet et à toute son équipe du « Fruit des Voix » de nous faire découvrir des choses aussi novatrices et de si grande qualité.

 

 

 

Ø      Jacques

Titre de l’album : Kangaba

Titre de l’extrait choisi : Djanfa Magni

Nom du compositeur ou de l’interprète : Lansiné Kouyaté, et David Neerman

Label : No format, 2008

Genre musical : Jazz


Lansiné Koutaté est Malien et joue du balafon. David Neerman est européen et joue du vibraphone. Ces instruments cousins se retrouvent ici avec plein de choses à se raconter. La  coopération des deux musiciens date de 2003 et aboutit à l'album Kangaba sur lequel ils sont accompagnés par le contrebassiste de jazz Ira Coleman et le batteur Laurent Robin.
Entre musique malienne mandingue, jazz et post rock, Kouyaté et Neerman explorent un univers nouveau et original.

 

Ø      Rozenn

Titre de l’album : Le stylo à cancre

Nom du compositeur ou de l’interprète : écrit, composé et chanté par Olive et Moi ; raconté par François Morel ; illustrations de Elisa Géhin

Editeur : Actes Sud Junior, (collection toto ou tartare)

Genre musical : Chansons pour enfants

 

Il paraît que Simon est paresseux à l’école. De son point de vue, ce n’est pas tout à fait exact. La journée, Simon est simplement fatigué. A la maison, tous les soirs, il fait la classe, c’est lui le maître ! Et il se trouve que ses élèves sont particulièrement indisciplinés…

Ce livre-cd nous donne l’occasion d’entrer dans l’univers d’un enfant doué pour les bêtises, les inventions et de connaître son rapport à l’école.

De l’humour, des illustrations très colorées, des chansons exaltantes, voici un livre-cd « frais » ! Cerise sur le gâteau : la voix de François Morel, « raconteur » impeccable !

Cette collection comporte plusieurs titres réalisés notamment par Dick Annegarn, Da Silva, Claude Sicre des Fabulous Trobadors.

A écouter, à lire en famille à partir de 8 ans.

 

Ø      Anne-Marie H

Vive les conspirateurs ! …d’opérette !

Titre de l’album : La fille de Madame Angot (1872)

Titre de l’extrait : Air des conspirateurs.

Nom du compositeur : Charles Lecoq (1852- 1918)

Genre musical : opéra comique.

 

Les conspirateurs d’opérette ont ceci de sympathique qu’ils ne sont guère dangereux et qu’ils prêtent plus à rire qu’à trembler.

L’action de cet opéra comique se déroule pendant la période du Directoire. Les protagonistes en sont Clairette Angot, fille d’une célèbre marchande de poissons « forte en gueule » et un peu légère, décédée, Pomponnet, son fiancé, perruquier, Ange Pitou, chansonnier, auteur d’une chanson polémique dont le refrain dit : «  C’était, pas la peine, c’était pas la peine assurément de changer de gouvernement », son amoureux, Melle Lange, comédienne, amie de Clairette, maîtresse de Barras et du financier Larivaudière, protectrice d’Ange Pitou.

Je laisse de côté de multiples péripéties, pour en arriver à l’air des conspirateurs. Royaliste, malgré sa liaison avec Barras, Melle Lange laisse entrer dans son salon les conspirateurs déguisés en Inc’oyables, « Pe’’uques blondes et collets noi’s ». Allure feutrée, piano piano, soupçonneux, ces faux Incroyables s’émeuvent quand on annonce l’arrivée de la police !

Bien sûr, tout rentrera dans l’ordre et nos conspirateurs ne seront pas inquiétés.

La musique de Charles Lecoq est très agréablement écrite et se laisse écouter avec beaucoup de plaisir.

 

Et on poursuit dans le même registre.

Titre du DVD : La Grande Duchesse de Gérolstein (1867)

Titre de l’extrait : Air des conspirateurs

Nom du compositeur : Jacques Offenbach (1819- 1880)

Interprètes : Les Musiciens du Louvre, Grenoble, direction Marc Minkowski

Genre musical : opéra- bouffe

 

On s’étonne parfois de la courte vue de la censure, prompte à couper et à interdire et qui laisse parfois passer des pamphlets enrobés de telle sorte que les principaux concernés par la satire, Napoléon III, le Tsar, le Prince de Galles se sont précipités au spectacle et n’y ont vu que du feu !

Le Général Boum ( !), chef des armées, qui déclare la guerre, on ne sait plus pour quel motif, sinon pour occuper l’esprit de la Grande Duchesse, le Baron Puck, qui veut conserver le pouvoir politique, et le Prince Paul, éternel fiancé de la Grande Duchesse, complotent contre Fritz, fusilier, protégé de la Souveraine qui l’a nommé général en chef et lui a confié « le sabre de (son) père ».

Il faut, pour conserver ses prérogatives, éliminer le gêneur. D’où la réunion secrète (sous l’œil de la souveraine ! ) de 17 conspirateurs qui vont aiguiser leurs armes en s’assurant que Fritz sera bien seul au moment de l’attaque. Bien sûr la vie de Fritz sera préservée, il épousera Wanda, la souveraine le Prince Paul : «  Quand on n’a pas ce que l’on aime, il faut aimer ce que l’on a ! », le Général continuera de faire joujou avec la guerre et le Baron Puck d’exercer le pouvoir.

La musique d’Offenbach est une merveille de finesse et de drôlerie, la version de Minkowski est un régal pour les oreilles et les yeux.

 

De l’amour et de la mort.

Titre de l’album : La Barcha d’amore 1563- 1685

Titre de l’extrait : Non ha’l ciel de Giulio Caccini ( vers 1550-1618)

Interprètes : Monserrat Figueras, Hesperion XXI, Le Concert des Nations, direction J. Savall.

Genre musical : Madrigaux

 

Giulio Caccini, chanteur, instrumentiste (luth, chitarrone, viole et harpe) à la cour des Médicis et compositeur, a été considéré comme « le père d’un nouveau style de musique », proche de la déclamation, le « recitar cantando » qui deviendra le récitatif.

Il publie en 1602 un recueil de madrigaux et de canzonette sous le titre de Le Nuove Musiche., les Nouvelles Musiques. Ce sont pour l’essentiel des compositions pour une seule voix et basse continue.

C’est le cas de Non ha’l ciel, madrigal qui évoque les douleurs causées par le sentiment amoureux, et cultive le langage précieux de l’époque : « Penar lunfo e gioir corto, morir vivo e viver morto… », Souffrir longuement et jouir rapidement, mourir vif et vivre mort…

La voix de Monserrat Figueras, accompagnée d’un luth, d’une guitare, d’une viole de gambe et d’une harpe est l’interprète idéale de cette musique raffinée, sans tomber dans l’élitisme.

 

Titre de l’album : Homo fugit velut umbra

Titre de l’extrait choisi : Homo fugit velut umbra, Passaglia della vita. Anonyme

Interprètes : Marco Beasley, ténor et l’Arpeggiata, direction C. Pluhar.

Genre musical : Madrigaux

 

Le CD est consacré à Stefano Landi (1586- 1639).

Toutefois, la 1ère pièce est anonyme. C’est une longue méditation sur la nécessité de songer à la mort, quels que soient notre âge, notre condition. La mort est la loi à laquelle nous devons tous nous soumettre :  « bisogna morire », il faut mourir. Sur un tel thème, on imagine volontiers une musique lugubre, funèbre. Eh bien pas du tout, et c’est vraiment l’intérêt de cette pièce. La musique qui accompagne le texte ne correspond pas à une passacaille mais plutôt à une tarentelle. L’œuvre surprend par le décalage entre un texte sombre et une musique guillerette. A découvrir et à apprécier.

 

Ø      Philippe

Titre de l’album : Stories from the safe house

Titre de l’extrait choisi : Sixteen

Nom du compositeur ou de l’interprète : Hugh Coltman

Label : ULM, 2008

Genre musical : plutôt pop, folk et très reposant

 

Le cocon supposé du titre tient autant du virage que du hamac et l'affreuse pochette, inversement proportionnel au contenu, brouille autant les pistes qu'elle ne révèle une profession de foi : tout pour la musique. Avec la tronche approximative de Nans le Berger de l'auteur, pourrait-on dire, rien d’étonnant.

Bien que le parallèle avec ce Michel-ci s'arrête là, puisque comme son nom l'indique, Hugh est un anglais (parisien d'adoption) qui lorgnerait plutôt du côté de Mc Cartney, Neil Finn (Crowded house) et Jeff Buckley, mais pas seulement. Quatre fois ouf, mais quand même : format open disc, pressage SACD, audiophilie coupable à tous les étages, tout est prévu ici pour combler le mélomane et ses pavillons dressés aux écoutilles. Un soin qui souligne par l'écrin une gestation hors norme des diverses pièces qui composent l'opus. On pourrait d'ailleurs en comparer le résultat liquoreux et fruité à des vendanges tardives, comme l'indiquent les quelques notes couleur nuit discrètement estampillées au dos de l'objet : Ces chansons m'ont accompagnées pendant longtemps, j'espère qu'elles feront de même pour vous. Et comment ! Et fi du millésime, d'autant que ces éclats sont ceux d'une vengeance tardive aussi : où comment l'ancien chanteur d'un groupe de blues rock obscur et oublié réussit, ukulélé en bandoulière au creux de la galère, à sortir de son étroite chrysalide par une ouverture d'azimuts : en papillonnant de Charybde en Scylla, de jazz en nova, de folk en bossa, de pop rock en ska, Hugh Coltman nous offre une collection de vraies chansons en demi teinte dont une bonne moitié nous deviennent familières seulement après la première écoute. Un vrai-faux premier album d'une rare consistance, idéal pour les dimanche matins dont on attend une suite peut-être déjà écrite pour les autres jours de la semaine avec l'impatience d'une poule qui vient de trouver un couteau, if you see what I mean by the way I feel.

 

Ø      Sophie

Titre de l’album : Miserere

Nom du compositeur ou de l’interprète : Gregorio Allegri, comp.

Genre musical : Musique vocale sacrée : Italie : 17e siècle

 

Le Miserere d’Allegri est une œuvre musicale chantée a cappella, composée durant le règne du pape Urbain VIII, vers 1630.

C’est un motet pour neuf voix à deux chœurs, une mise en musique du Psaume 50. Le Miserere était chanté dans la Chapelle Sixtine lors des matines du mercredi et vendredi de la semaine sainte, et uniquement en ce lieu et à cette occasion.

La phrase la plus haute (do aigu) est chantée par une seule voix au sein des chœurs. On pense à un castrat à l’époque. Le premier à sortir son do fut-il Allegri lui-même, qu’on soupçonne d’avoir été castrat ? On l’ignore et ce n’est pas le seul mystère de ce Miserere singulier.

Le secret du Miserere d'Allegri vécut presque cent cinquante ans, de 1638 à 1770. Cette année-là, à Rome, un voyageur assista au concert pascal, rentra dans son hôtel et transcrivit de mémoire la partition, avec le célèbre do, après cette unique audition. Ce copieur prodigieux, qui bravait l'excommunication, était un gamin de 14 ans en voyage avec son père. Il s'appelait Wolfgang Mozart. Dans la foulée, l'ado composa son propre Miserere (Köchel 85).

 

 

 

Ø      Dominique

Titre de l’album : Pas si bêtes …

Titre de l’extrait : Natalia Poutine

Groupe : Les Blaireaux

Label : Le Terrier productions

Genre musical : Chanson française

 

Enregistré en public au Splendid (Lille), au Ninkasi Kao (Lyon) et au Divan du monde (Paris) le groupe propose des morceaux très festifs, avec une forte présence des cuivres et du piano, comme dans le fameux « A l’auberge du chat qui pète ».

Groupe originaire de la région de Lille, Les Blaireaux, bande de six copains d’enfance, font  preuve dans leurs textes d’un humour décapant : que ce soit la caricature du « Grand reporter »,  le portrait de la lâcheté humaine, « Je suis un lâche », ou encore une page de l’histoire contemporaine (revisitée !) à travers les tribulations d’un agent secret, « Natalia Poutine ».

Le propos se fait plus sérieux dans la très belle chanson « Pakrac » consacrée à la tragédie yougoslave.

Les petits intermèdes musicaux sont savoureux pleins d’autodérision, « je suis… musicien », et de tendresse, « Le Confetti ».

Autres albums à la BDP : Le Sens du poil (2003), Parades prénuptiales (2007).

 

Titre de l’album : Stereo spirit

Titre de l’extrait : Banta

Auteur-compositeur : Daby Touré

Label : Real world

Genre musical : folk-pop africaine

« Né en 1971 à Boutilimit dans le désert mauritanien, Daby Touré grandit à Nouakchott avant de partir vivre avec son oncle dans un petit village appelé Djeole. Ses parents ont divorcé et son père refuse d’élever seul un enfant en bas âge. Daby, loin de la ville, apprend à s’occuper du bétail et s’imprègne des cultures Soninke, Toucouleur et Wolof. Il apprend surtout leur musique et s’amuse à taper avec ses amis sur des boîtes métalliques ou des vieux bidons. Daby Touré a grandi et repart pour Nouakchott vivre avec son père. Quand il rentre le soir de son travail, celui-ci aime particulièrement jouer de la musique avec ses amis. Pourtant, Hamidou Touré, qui n’est autre que l’aîné du clan Touré Kunda, refuse que son fils suive sa voix et lui interdit de toucher une guitare. Daby apprendra en cachette. Il écoute la radio et s’imprègne des musiques de Bob Marley, Michael Jackson, Police ou encore Stevie Wonder. En 1989, les remous politiques obligent Daby et son père à partir pour la France où il est invité par ses frères à enrichir le groupe Touré Kunda. Daby a 18 ans et malgré les réticences d’Hamidou, la musique prend petit à petit une place importante. Il joue dans les bars ou dans les soirées organisées par la fac. Finalement, il plaque ses études de commerce et monte en 1992 avec son cousin Omar, le groupe Touré Touré qui mêle influences jazz et africaines. Sort leur premier et unique album « Ladde » qui leur permet de se faire un nom. Le disque est bien accueilli et les concerts se multiplient… mais Daby cherche autre chose. Il veut se démarquer de la musique de son père, Il ne veut pas simplement faire des musiques dansantes comme l’occident les aime mais des choses plus fines et plus personnelles. Il s’enferme seul dans son studio et compose de nouvelles chansons. Après plusieurs années de travail et la rencontre avec Cyrille Dufay, le musicien venu de l’électro, il sort « Diam ». en 2004, sa renommée se fait plus grande, Peter Gabriel lui demande même d’assurer sa première partie. Sur des mélodies pures et abouties, aux sonorités nouvelles, le prodige chante en soniké, wolof ou pular, la vie de son peuple et celle du monde. » (sources : www.Mondomix.com)

Dans ce 2ème album, entièrement joué et réalisé par ses soins , D. Touré nous offre un grand moment de douceur et de sérénité. A écouter sans fin…

 

Ø      Christine

Titre de l’album : Kid Ory's Creole Jazz Band, 1954

Titre de l’extrait choisi : Muskrat Ramble écrit par Kid Ory

Nom du compositeur ou de l’interprète : Kid Ory

Genre musical : Jazz  Nouvelle  Orléans


Ce CD marque le grand retour de Kid Ory sur la scène d'où il avait disparu pendant de nombreuses années. En effet pendant les années 1920/25 il jouait aux côtés des plus grands du style "New Orléans" , tels que Joe King OLiver, Louis Amstrong ... La crise de 29 le mit sur la touche et c'est un producteur qui est allé le chercher au fond de sa campagne où il élevait des poneys.
Sur ce CD les titres ne sont guères originaux et ce sont des classiques de La " Nouvelle Orléans", mais c'est un disque plein de joie, de rythme et d'entrain, sans oublier que Kid Ory était alors âgé de 68 ans en 1954 !

 

Ø      Pierre

Titre de l’album : Hampton, Salvador, Terry Clark, Moustache et leurs amis jouent Brassens

Titre de l’extrait choisi : Oncle Archibald

Label : Philips

 

Après le disque : "Moustache / Brassens", sorti en 1979, Georges Brassens souhaitait enregistrer un autre album avec son ami Moustache  (qu'il appelait affectueusement "le gros" ).
Le décès de Brassens survint avant la concrétisation de ce projet , et c'est en 1983 que furent réunis pour cet enregistrement quelques jazzmen proches du chanteur.

Le titre choisi est particulièrement pétillant, dans l'esprit "New-Orléans"; et l'album, en général, fait autant plaisir aux fans de jazz qu'aux amateurs de Brassens.

Par Bibliothécaires musicaux de Franche-Comté
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Mercredi 10 décembre 2008

Ø      Françoise

Titre de l’album : Kalimba

Titre de l’extrait choisi : A live experience

Nom du compositeur ou de l’interprète : Joachim Kühn, piano, saxophone alto ; Majid Bekkas, guembri, oud, kalimba, oix ; Ramon Lopez, batt.

Genre musical : Jazz métissé

 

Ce morceau présente une  osmose particulièrement réussie entre le piano de Joachim Kühn ,la  voix de Majid Bellas  accompagné du gembri (un luth qui ressemble à une basse) et la batterie de Ramon Lopez. La musique tout en étant rythmée et  orientalisée conserve tout à fait  le style jazz, accentué par  un magnifique  chorus du pianiste. Il faut souligner que l’allemand Joachim Kühn qui a provoqué cette rencontre avec la musique marocaine et espagnole est un pianiste remarquable et a joué notamment avec Ornette Coleman, Portal, Aldo Romano, Daniel Humair,… « A live experience » nous convainc sans peine que le jazz métissé est devenu un genre créatif à part entière à l’instar du be bop et du free.

 

Titre de l’album : Nouvelles vagues : de Godard à Audiard

Titre de l’extrait choisi : un héros très discret (1996) réalisé par Jacques Audiard ; musique composée par Alexandre Desplat.

Nom du compositeur ou de l’interprète : Traffic Quintet, ens. mus ; Alexandre Desplat, dir, comp. ; Antoine Duhamel, comp. ; Dominique Lemonnier, violon ; Anne Villette, violon ;  Estelle Villotte , alto ; Raphaël Perraud, violoncelle ; Philippe Noharet, contrebasse.

Genre musical : Musique de film

 

Drôle de trafic que celui de ce quintette qui emprunte son nom au chef-d’œuvre de Jacques Tati : expériences éclectiques croisées pour revisiter le vaste champ des musiques de films, alliage subtil et singulier de timbres – deux violons, un alto, un violoncelle et une contrebasse  – sur lequel se sont bâtis un répertoire et une identité. Ce cd est l’enregistrement d’un spectacle musical réalisé en 2005 à la Cité de la Musique, associant la création vidéo et la musique de film. La musique du film « un héros très discret » et l’intérêt que porte Alexandre Desplat à l’orchestre à cordes se prêtent  particulièrement au jeu subtil de ces cinq musiciens.

 

Ø      Anne-Marie A

Titre de l’album : Le Sette Chiese – Streets – Eclair de lune

Titre de l’extrait choisi : Eclair de lune

Nom du compositeur ou de l’interprète : Bruno Mantovani, comp. ; Ensemble intercontemporain ; Susanna Mälkki, dir.

Genre musical : Musique contemporaine

 

Bruno Mantovani, jeune compositeur (né en France, en 1974 à Chatillon), est en résidence depuis trois ans à Besançon dans le cadre du festival de musique. Son catalogue comprend déjà une cinquantaine de pièces, allant du solo à l’opéra. Ses œuvres sont jouées en France et à l’étranger. Ses sources d’inspiration sont très variées, de l’architecture à la gastronomie et des arts de la bouche – il a notamment fait un concert d’improvisation sur les vins du Jura - en passant par tout l’univers citadin.

Pendant sa résidence il rencontre les enfants des écoles, des collèges, du conservatoire… Il aime parler de son travail de compositeur et fait tout pour faire aimer cette musique qui n’est pas facile à priori mais qui est d’une très grande richesse.

Sette chiese (2002) : œuvre pour grand ensemble divisé en quatre groupes spatialisés, inspiration architecturale (complexe des 7 églises de Bologne : ensemble architectural unique en son genre, commencé au premier siècle de notre ère et achevé à la fin de la Renaissance, composé de diverses bâtisses littéralement « encastrées » les unes dans les autres). Pièce qui se distingue du reste de l’œuvre de Mantovani, ici la règle c’est l’introspection , la sobriété. Réflexion sur l’espace et sur sa poétique, sur la fonction religieuse. Il y a 9 mouvements contrastés dans cette œuvre. Les 4 groupes d’instruments sont placés de façon à rythmer l’œuvre dans des dimensions de conflit, de fragmentation, d’occupation progressive de l’espace : on est d’abord dehors puis on entre dans une église, puis dans une autre…

Eclair de lune (2006) : A la fois sonate pour piano, œuvre d’ensemble et électronique, concerto pour trois caisses claires, pièce acousmatique, étude sur la spatialisation de groupes instrumentaux… tout ça ! Ce doit être encore plus intéressant de le voir en écoutant. Musique électroacoustique. Cela faisait 7 années que Bruno Mantovani se consacrait à la musique instrumentale, il revient à la musique électroacoustique et à ce désir de manipuler la matière sonore. Il est secondé par Sébastien Roux, réalisateur en informatique musical. La partie électronique a été réalisée à partir de multiples enregistrements de caisses claires : montage, transformation. Atmosphère mystérieuse garantie.

 

Titre de l’album : Marius et Fanny : extraits

Titre de l’extrait choisi : Loin vers un autre destin

Nom du compositeur ou de l’interprète : Vladimir Cosma, comp., dir. ; Roberto Alagna, T (Marius) ; Angela Gheorghiu, S (Fanny) ; Jean-Philippe Lafont, BAR (César) ; Marc Barrard, BAR (Panisse)

Genre musical : opéra

 

Une création de Vladimir Cosma, d’après l’œuvre de Marcel Pagnol, avec le couple actuellement le plus célèbre du monde lyrique : Angela Gheorghiu et Roberto Alagna, remarquables !

L’œuvre a été donnée à Marseille en septembre 2007. De très belles mélodies, des airs que l’on retient facilement et qui nous font passer un très bon moment plein d’émotion.

 

Titre de l’album : Maskarada

Titre de l’extrait choisi : Asturias

Nom du compositeur ou de l’interprète : Taraf de Haïdouks

Genre musical : Musique tsigane

 

Cet « orchestre des bandits d’honneur » (musiciens tsiganes), rompus aux mariages et aux fêtes sans fin, capables de jouer des jours et des nuits avec des extraordinaires chanteurs, violonistes, flûtistes, accordéonistes et contrebassistes nous entraînent ici sur le terrain du classique en adaptant des œuvres de Bartok, De Falla ou Khatchaturian. Un vrai régal, de la fougue, une musique endiablée !

 

Ø      Christine

Titre de l’album : A la rencontre de Ravel
Titre de l’extrait choisi : Tzigane
Nom du compositeur ou de l’interprète : Maurice Ravel, comp. ; Isaac Stern , Orchestre de Philadelphie dir. Eugène Ormandy
Genre musical : Classique


Ravel composa "Tzigane" en 1924 pour la violoniste hongroise Jelly d'Aranyi qui le joua pour la 1ère fois à Londres 3 jours seulement après avoir reçu la partition.  Tzigane est une suite d'épisodes dans le style traditionnel de la musique hongroise pour violon. Le morceau commence par une longue introduction au violon ; une cadence pour violon avec léger accompagnement orchestral précède la partie principale aux nombreux effets harmoniques. De l'interprétation de Jelly D'Aranyi Ravel disait :"Je ne sais pas ce qu'elle fait mais ça me plaît."

 

Ø      Emmanuel

titre de l'album : Anthologie
Titre de l'extrait : Quand j'aime une fois, j'aime pour toujours
Interprète : Richard Desjardins
Genre : Chansons québécoises

C'est de la poésie et elle ne s'explique pas, elle s'écoute elle se vit. Oh ! bien sûr,  on ne comprend pas tout au mot près, même avec le livret, mais ça sonne, ça résonne, ça vit. La chanson "Quand j'aime une fois, j'aime pour toujours" est au franco-canadien ce que "What's a wonder full world" est en anglais l'interprétation de Satchno (Louis Armstrong). On comprend tous les mots de la chanson et elle nous cause, rarement on a écrit autant sur l'amour ; oh on l'a rêvée, on l'a espérée mais trop tard elle était en nous mais c'est Richard le québécois qui l'a écrite. Toutes les autres chansons de l'album "Anthologie" sont à la hauteur de ces chanteurs qui nous viennent de l'autre coté de l'Atlantique. Vivement le prochain Richard Desjardins, Inch Allah !

 

Ø      Jean-Claude

Titre du DVD musical : Calle 54

Nom du réalisateur : Fernando Trueba

Genre musical : Latin jazz

 

Calle 54 : « A genoux devant le latin jazz ! »

Dans la série, « les frappés du Latin Jazz », un DVD bien branché qui est paru au cours de l'année 2002. Il s'agit d’un film musical.

 

 Un film consacré au Latin-jazz avec les gloires de ce genre musical. Ce film est construit comme un concert géant où l’on voit tour à tour les performances scéniques et musicales du grand saxophoniste Paquito de Rivera, disciple de Dizzy Gillespie, et le clan impénétrable jusqu’alors du Fort Apache Band de Jerry Gonzalez. Sans oublier d‘ autres grands du Latin Jazz : le cubain  Cachao,  et les portoricains Tito Puente et Patato Valdes, les pianistes (père et fils) Bebo et Chucho Valdès. Elu un des 10 meilleurs films de l'année 2000 par le New York Times, le Wall Street Journal et Newsday.

Le réalisateur Fernando Trueba, mélomane confirmé, produit dès 2000 plusieurs albums Latin jazz et flamenco, ainsi que la bande originale de son film, Calle 54, composée par Bebo Valdes. En 2002, il créé Calle 54 records, et poursuit son travail aux côté du musicien. Son intervention nous éclairera notamment sur la relation (parfois fusionnelle) qui unit un compositeur de musique à son réalisateur.
Au dire des artistes, des aficionados et des « branchés cinoches », ce film ne demande qu'à être savouré et analysé de fond en comble !
Loin de toucher uniquement les passionnés et les incontournables du Latin Jazz, Calle 54 est, à mon sens, à même de toucher par la simple vérité de son émotion, un public populaire.
Dans la catégorie « les latins ont des grandes oreilles », on se souvient du Buena Vista Social Club, qui remporta un franc succès mondial en écrasant l'humble film Cuba Féliz, mais qui au-delà de l'émoi présent et de l'analyse musicologique éclairée absente, renferme un projet où la guitare de Ry Cooder vient transformer maladroitement et engloutir la simplicité des acteurs-musiciens.
A l’inverse, avec Calle 54, l’espagnol Fernando Trueba a choisi lui la simplicité et plutôt que de s'embrouiller avec son ego, il a mis les caméras à genoux devant des artistes herculéens, et transmet avec un respect notable sa passion pour le Latin Jazz.

Calle 54, est un véritable voyage musical. On ne peut pas être insensible dans ce film aux retrouvailles chaleureuses de Bebo Valdés et Chucho Valdés son fils. On retrouve aussi le gigantissime Tito Puente, il s'agit pour lui d'un film posthume, où l'on peut découvrir le senior dans son palais de la musique avec une description des peintures murales, et remémorant quelques grandes stars comme Dizzy Gillespie, Chano Pozo, Machito, Mario Bauza ou Mongo Santamaria. S’en suit un opus imposant où il excelle aux Timbales, au Vibraphone et à la direction.

Du début à la fin, des 108 minutes du film aux 60 minutes de compléments - Origines du Latin Jazz : explication de la Clave, qu'est-ce que le Latin Jazz... - Calle 54 est filmé avec délicatesse (lumières et décors excellents), chacune des douze séquences sont préfigurées par une mise en bouche avec des explications sur les racines et les anecdotes de ce milieu Latin Jazz. Puis on passe à l'étape musique, où les artistes sont filmés dans des studios et où la scénographie met en valeur les différences de chaque personnage, de chaque groupe.
Une treizième séquence présente tous les artistes au travers de la musique et du discours du trompettiste-percussionniste Jerry Gonzales. Personne n'est laissé de côté dans ce film.

Une mosaïque musicale incontestablement instructive et pleine de joie, sans fausseté musicologique et sans archéologie sonore à trois francs six sous - des artistes libres - une musique libre.

 

Ø      Sophie I

Titre de l’album : Virelangues
Titre des extraits choisis : J’ai chaud chez ce cher Serge ; Tas de riz, tas de rats
Nom du compositeur ou de l’interprète : Béatrice Maillet
Genre musical : Musique pour enfants – jeux linguistiques


Ce sont 23 textes et jeux de sons plus ou moins connus. Les deux récitantes sont captivantes. Elles ne se contentent pas seulement de réciter les textes mais en font une réelle interprétation, fine et juste. Elles donnent ainsi de la profondeur et du sens aux jeux de mots et forcent donc l’intérêt et l’attention de l’auditeur. La distribution de certains textes à des enfants apporte encore plus d’originalité et de fraîcheur à l’album : ils savent nous communiquer leur amusement à jouer avec les difficultés du langage. La musique, quant à elle, est toujours en adéquation avec le récit. Elle met en relief les textes et l’interprétation. On rit, on sourit, c’est un album inventif, avec lequel on peut jouer et s’amuser en famille, toute génération confondue.

 

Ø      Pierre

Titre de l’album : Les Planètes

Titre de l’extrait choisi : Mercure ; Jupiter

Nom du compositeur ou de l’interprète : Gustav Holst, comp.

Genre musical : Musique classique


Passionné d'astrologie, Holst fut séduit à l'idée de donner une expression musicale aux "caractères" des différentes planètes.
L’œuvre qu'il créa en 1918 comporte 7 mouvements, tous d'une grande richesse harmonique avec des thèmes très contrastés.

 

Ø      Irénée

Titre de l’album : Smash

Titre de l’extrait choisi : Gotta get away

Nom du compositeur ou de l’interprète : Offspring

Genre musical : post-grunge et post-punk

 

Reconnu par la scène punk et grunge aux Etats-Unis, Offspring a eu un peu plus de mal à s'imposer ailleurs mais reste tout de même une référence du genre comme en témoigne une carrière vieille maintenant de presque vingt ans.

L'album dont il est question ici constitue le succès majeur de cette formation que l'on peut qualifier de post-grunge et post-punk pour ceux qui aiment les étiquettes.

Gotta get away, aux cotés de Self-esteem et come out and play, demeure un des plus gros hits du groupe, le reste de ce disque est assurément du même tonneau et se laisse écouter sans lasser. 

 

Ø      Nicole

Titre de l’album + DVD : Les tambours de Brazza

Nom de l’interprète : groupe composé de jeunes musiciens et de danseurs

Genre musical : musique du monde - Afrique

 

Cette formation ultra rythmique  d'origine congolaise - près de 50 ethnies résident au Congo, chacune développant plusieurs rythmes - a été créée en 1991 sous la direction de Jean-Emile Baiyenda. Les différents horizons culturels des batteurs apportent la richesse et la variété des sonorités.

Composition du groupe : c'est la batterie de jazz qui mène l'orchestre ; instruments traditionnels ; présence des danseurs ; chanteurs.

Magiciens du rythme et du corps, les  Tambours de Brazza forment une véritable troupe contemporaine qui se produit dans des concerts où éclatent la gestuelle et les rites ancestraux africains.

Le DVD est un bel outil pédagogique pour qui veut faire découvrir la musique africaine, à travers des explications claires (exemple  : le "lokolé" ou téléphone de la brousse). 

Une démonstration haute en couleurs et joie de vivre dans Arlon - "Kélé" ou Namibie "Taramé".

Un art de vivre par la musique traditionnelle activateur  de tonus et  de bonne humeur. Laissez-vous emporter !

 

Ø      Anne-Marie H

Titre de l'album : Liebeslieder Walzer op. 52 

Titre de l'extrait choisi : Ein kleiner, hübscher Vogel ( Un oiselet charmant) 

Nom du compositeur : Brahms

Nom des interprètes : Marlis Petersen, soprano, Stella Doufexis, alto, Werner Güra, ténor, Konrad Jarnot, baryton-basse, Christoph Berner et Camillo Radicke, piano à quatre mains. 

Genre musical : musique de salon et de concert.

 

Que connaît-on de Brahms ? Ses 4 Symphonies, sa musique de chambre , si riche et romantique, son Requiem allemand, sa Rapsodie pour contralto, chœur d'hommes et orchestre ? Au nombre des oeuvres à découvrir, celles qui ont été composées pour quatuor vocal et piano.

En 1869, Brahms publie ses Liebeslieder Walzer op 52. Traduction mot à mot : Valses  sur des chants d'amour, ce qui n'est pas très réussi !

Brahms met en musique des poèmes d'amour de Georg Friedrich Daumer, à la tonalité légère. Ce 1er recueil (suivi en 1875 des Neue Liebeslieder, évoquant les douleurs liées au sentiment amoureux ) est l'un des plus populaires et des plus joyeux  composé par Brahms. Il s'inscrit dans une pratique musicale importante au XIXème siècle : celle de la musique domestique que l'on pourrait rapprocher de la musique de salon, mondanités en moins.

La pièce qui porte le N° 6, Ein kleiner, hübscher Vogel, est l'une des plus jolies inventions mélodiques du cycle. Elle évoque un oiselet pris par la glu et recueilli par une jolie jeune fille. La conclusion de chaque couplet dit ceci : Si j'étais moi aussi un charmant oiselet, sans perdre un instant, comme lui je ferais.

C'est un régal de finesse et de tendresse.

 

Ø      Dominique

Titre de l’album + DVD : Femme d’extérieur (2008)

Auteur-compositeur-interprète : Maya Barsony

Titre de l’extrait : Kil é bô

Label : RCA

Genre : Pop groovy

 

Maya Barsony est déjà riche de nombreuses expériences : choriste pour un groupe de reggae, chanteuse de rock (« Riches et pauvres »), elle collabore avec Bumcello pour un livre-disque, officie dans les sound-system sous le nom de Sista Maya.

En 2001, elle sort  son premier album auto-produit « Barsony ». Puis elle signe avec RCA pour la suite de ses aventures : le résultat est là avec ce second album enregistré dans les conditions du live en Angleterre.

Sur une musique qu’elle qualifie elle-même de « groovy pop », elle aborde sans tabou le sexe (Kilebo, Laisse couler),  revendique sa liberté , évoque ses petits boulots…

Brigitte Fontaine lui offre un texte « la Beuglante » où elle est rejointe par Matthieu Chedid pour la musique.

Au vu du DVD, il est évident que Maya Barsony est faite pour la scène

 

Titre de l’album : Mokaiesh

Groupe : Mokaiesh

Label :AZ

Genre : Rock français

 

Groupe constitué autour de Cyril Mokaiesh (auteur-compositeur de la majorité des titres) , il fait ses armes sur scène en 2005 aux côtés de Luke, Superbus …

Une énergie rock incontestable (on pense à Noir Désir), une rage dans la voix, des textes inspirés, engagés (C. Mokaiesh voue une admiration sans limite à Léo Ferré).

 

Ø      Roger

Titre de l’extrait choisi : Aimra

Nom du compositeur ou de l’interprète : Bill Dobbins, comp. ; Jean-Louis Billoud, contrebassiste, comp. ; « The BJL-Aimra big band»

Genre musical : jazz

 

Cet enregistrement a été réalisé suite à la réunion de 10 musiciens américains (dont le pianiste-compositeur-arrangeur Bill Dobbins) et 8 musiciens français (dont Jacques Helmus et Jean-Luc Cappozzo).

J-L Billoud a donné plusieurs concerts à St-Claude, en compagnie de Bill Dobbins.

Il a animé plusieurs stages avec le Big Band Région Jura de Lons-le Saunier, dont un a débouché sur une création originale, « Suite concertante pour grand orchestre de Jazz », composition de J-L Billoud.

L'AIMRA est un conservatoire de Jazz de la banlieue lyonnaise.

Dans cet extrait, après une longue introduction (sur pédale de « La ») et l'exposition du thème, les solos mettent chaque fois en compétition un soliste américain et un soliste français.

 

 

Par Bibliothécaires musicaux de Franche-Comté
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Mardi 22 juillet 2008

Ø      Roger

 Titre de l’album : Zooloup
 Titre de l’extrait choisi : Alice in Wonderbra et Abuse-mouche         
 Nom du compositeur ou de l’interprète : Denis Leloup, tromboniste,comp.    Zool Fleisher, piano
  Genre musical : jazz

 
Denis Leloup, tromboniste compositeur, né en 1962 à Paris. Denis Leloup est un jazzman avec une influence à la musique classique due à sa formation.
Après des études au Conservatoire Supérieur de Paris, il obtient un premier prix en 1980. Il joue et a joué dans de nombreux orchestres parisiens :
Jean-Loup Longnon, Denis Badault, Laurent Cugny, Gérard Badini, Patrice Caratini (Caratini Jazz Ensemble), Martial Solal, le Pandemonium de François Jeanneau, Antoine Hervé, Quoi de neuf docteur ?
A fait partie de l'Orchestre national de jazz en 1986 sous la direction de François Jeanneau, puis de 1987 à 1988 avec Antoine Hervé, puis avec Laurent Cugny.
Il a joué dans le quintette de cuivres Blocs-Notes pour lequel il a écrit une partie de la musique. Il a participé à de multiples petites formations : S.O.S. quintet, Francis Lockwood quartet, Jean-Louis Chautemps quartet, Zool Fleischer quintet, Agora (Jean-Marc Jafet), Daniel Humair Réunion, Hervé Sellin sextet. Michel Petrucciani fait appel à lui au sein de son sextet (Stefano Di Battista, Flavio Boltro, Anthony Jackson, Steve Gadd) pour la tournée 1997-98.
Il a accompagné Dee Dee Bridgewater.
On a pu l'entendre aux côtés de Bill Watrous, Shelly Manne, Dizzy Gillespie, Woody Shaw, Walter Bishop, Kenny Wheeler, André Ceccarelli, Alain Jean-Marie, Ricardo Del Fra, Andy Emler, Philippe Macé, Michel Legrand
2002, il forme un duo avec le pianiste Zool Fleischer, avec lequel il enregistre l'album Zooloup.

 Ø      Philippe

 

Titre de l’album : Matinée (XL 2007)
Titre de l’extrait choisi : « Second, minute or hour » et « Learning Lines »
Nom du compositeur ou de l’interprète : Jack Peñate
Genre musical : Pop anglaise de luxe à la portée de tous

Aperçu par hasard à la télé au détour d'une émission tardive, l'anglais Jack Peñate nous a immédiatement frappé par l’éventail de ses promesses rafraîchissantes. Quelques investigations plus tard, on apprend en vrac qu'il a 23 ou 24 ans, qu'il a signé sur un label indépendant après un marathon de concerts londoniens, qu'il vit encore chez sa mère (sic), et surtout qu'il a sorti à la fin de l’automne 2007 un premier album qui s'est trompé de saison, tant il foisonne d'un songwriting primesautier et guilleret qui semble aller comme une robe légère aux premiers jours de l'été où nous l'avons découvert. Ce qui nous charme et nous séduit avant tout chez ce garçon, c'est son habileté à convoquer les fourmis dans les jambes que nous provoquaient jadis une tripotée de groupes anglais millésimés 80's (Jam, Joe Jackson, Orange Juice, Housemartins, Smiths...) tout en alignant sans vergogne une collection de chansons qui portent aussi une signature propre. Oui, car disons-le carrément : Jack Peñate reste pour l'heure un des seuls à réussir avec autant d’insouciance un cocktail aussi efficace de bonne humeur, de rythmiques sautillantes de guitare ensoleillées et de refrains entêtants. Chaque plage est une fête, un pied de nez de Cyrano à la morosité, un mât de cocagne où l’on attrape les sourires. Cerise d’écume sur le gâteau, on observe sur les à-côtés de cette pop candide que la vénération avouée de Jack pour Jeff (Buckley) s'illustre plutôt bien dans une poignée de ballades aigre-douces d’excellente facture, qui résistent d'autant mieux à l'épreuve de la scène qu'elles peuvent y être présentées dans une version très différente.

Ø      Anne-Marie H
Cette chronique est liée au Festival du Haut Jura qui fait ma joie chaque année.
6 Juin : Eglise de Longchaumois. Il fait un temps épouvantable : il fait froid, il pleut, il y a du brouillard et j'ai même ressorti mon manteau ! Il faut vraiment aimer la musique et le clavecin pour faire tant de kilomètres !
Le claveciniste, Bertrand Cuiller, interprète un programme Scarlatti, Padre Antonio Soler, très beau.
Je fais l'acquisition du CD suivant:

Titre de l'album : Pescodd Time (ce qui signifie la saison des petits pois!)
Titre de l'extrait choisi :  Lady Monteagle's Pavan
Nom du compositeur ou de l’interprète : William Byrd, comp. ; Bertrand Cuiller, clavecin
Genre musical : Musique ancienne - Clavecin

 William Byrd (vers 1543- 1623) est l'un des grands compositeurs anglais de la fin du XVIème et du 1er tiers du XVIIème siècle. C'est un musicien de cour qui a composé de la musique vocale se rattachant à la Renaissance et une oeuvre pour clavier qui marque le début du style baroque. Dans les dernières années de sa vie, il se consacre à la musique liturgique catholique en écrivant des messes.
Le disque s'inscrit dans une démarche intéressante : Le compositeur s'inspire de danses de la Renaissance (pavanes, gaillardes...), mais ses danses deviennent des pièces très élaborées qui n'ont plus grand chose à voir avec leur origine. Reste le tempo de la danse : La pavane est une danse italienne (de Padoue) qui se danse avec lenteur et solennité.
Telle est cette Lady Monteagle's Pavan, remarquablement interprétée par Bertrand Cuiller. Le titre fait référence à l'épouse de Lord Morley, vraisemblablement protecteur du compositeur. Byrd fait preuve d'inventivité en recourant à des procédés d'imitation et de variation.


 
15 Juin. Chapelle St Romain. Un site magnifique, un temps imprévisible. Ce jour-là, la pluie ne viendra qu'après le concert.
Montserrat Figueras et quatre autres musiciens, dont sa fille Arianna Savall ( que je n'avais pas appréciée l'année dernière dans un programme Bach, non adapté à sa voix) interprètent un magnifique concert intitulé Lux Feminae, Lumière de la Femme.

 
Titre de l'album : Lux Feminae
Titre de l'extrait choisi: Yo me soy la morenica, villancico anonyme
Interprètes : Montserrat Figueras et des membres d'Hesperion XXI, dont Jordi Savall.

 Le CD comprend des pièces qui vont de 900 à 1600, certaines sont anonymes, d'autres non. Elles sont réparties en chapitres qui évoquent différents aspects de l'histoire et de la vie des femmes : Femina antiqua, Femina nova, Femina ludica, Femina mistica, Femina amans, Femina mater, Femina gemens.
On y entend des musiques arabo-andalouses, de la musique sépharade, de la musique qui évoque l'amour courtois.
L'extrait choisi se présente sous la forme d'une chanson avec refrain et couplets, un villancico. Une forme plutôt populaire pour évoquer ce que nous connaissons à Chartres, Dijon et dans d'autres églises : Les Vierges noires.
Si vous aimez la voix de Montserrat Figueras, Hesperion XXI, la musique ancienne, alors n'hésitez pas : Le disque est tout à fait pour vous !

 

Ø      Jean-Claude

 

Titre de l’album : Digital Prophecy 

Titre de l’extrait choisi :

Nom du compositeur ou de l’interprète : Dhafer Youssef, voc, oud, comp. ; Eivind Aarset, guit. ; Dieter Ilg, cb....[et al]

Genre musical : Jazz : Influence orientale

 

C'est à la lisière du jazz et de l'électronique que Dhafer Youssef, compositeur, chanteur et joueur de Oud (Luth oriental) nous emmène. Il marie éléments arabes et rythmes actuels. D’origine tunisienne, il est né à Télboulba le 19 novembre 1967 ; à 22 ans il part s'installer à Vienne en Autriche où il resta 10 ans avant de rejoindre Paris.

Mêlant la dimension spirituelle du Soufi au son tranchant du jazz, il crée un univers sonore qui n’appartient qu’à lui. Ses musiques puisent leurs sonorités dans les traditions soufies et le lyrisme arabe qu’il associe aux instrumentations du jazz européen. Son talent réside également dans l’approche poétique de son jeu, ainsi que dans son chant profond chargé d’émotion, qui fait de sa voix, l’une des plus intéressantes de la musique contemporaine.

Dhafer Youssef a collaboré avec plusieurs grands chanteurs parmi eux on cite, Paolo Fresu, Nguyen Le, Bugge Wesseltoft, Omar Sosa...etc.

Entre 1996 et 2006 Dhafer Youssef produit 4 CD :

-           « Malak » son premier album chez Enja records. L’album est immédiatement salué par la critique. Par une formule alchimique intelligente entre l’univers du jazz européen et le bassin musical méditerranéen, Dhafer crée une oeuvre très personnelle, chargée d’émotion où alternent climats, couleurs, et rythmes de l’Orient. Avec « Malak », Dhafer Youssef et son quartet (Markus Stockhausen-trumpet, Dieter Ilg or Renaud Garcia-Fons basse, Patrice Heral-drums).

-          « Electric Sufi » Avec ce deuxième album chez Enja records, Dhafer Youssef poursuit sa quête d’un univers où se mêlent harmonieusement les racines de son Maghreb natal et les musiques mystiques arabes avec les sonorités actuelles du monde d’aujourd’hui : le jazz mais aussi les musiques électroniques ou le funk. Pour cela, il invite Wolfgang Muthspiel guitare, Markus Stockhausen trompette, Deepak Ram bansuri, Dieter Ilg basse, Doug Wimbish basse, Mino Cinelu percussions, Will Calhoun batterie, Rodericke Packe électronique.

-          « Digital Prophecy »  disponible à la B.D.P, se veut résolument moderne. Tous les artistes associés à cet album font partie de la grande scène « électro-jazz » scandinave. Le leader aura pratiquement réuni le groupe du trompettiste norvégien Nils Petter Molvaer : Eivind Aarset à la guitare et Rune Arnesen à la batterie. Dhafer Youssef nous a habitués à la fusion de la musique orientale, du jazz et de l’électronique. Son précédent album, Electric sufi chez Enja, témoignait déjà d’une grande maturité face à ce métissage d’influence. Digital prophecy est un disque tout en douceur, une musique d’ambiance qui nous plonge rapidement dans la méditation. Eivind Aarset fait un travail remarquable de nappes très aériennes, Bugge Wesseltoft produit un jeu au piano très léger et précis. Dhafer Youssef reste lui aussi dans cet esprit lorsqu’il joue du oud ou lorsque sa voix, si atypique, monte dans le registre du suraigu.

 

-          « Divine Shadows » Pour cet album, Dhafer Youssef s’est rendu en Norvège à la découverte de nouvelles sources de méditations musicales. Accompagné par son ami Eivind Aarset, devenu incontournable dans ses excursions créatrices, le musicien tunisien est parti à la recherche d’esprits divins. Pour les invoquer, comme dans le titre "Persona Non Grata", il couple les souples vibrations de son oud aux fines arabesques de sa voix, les fait soutenir par un quatuor de cordes et d’implacables grooves électroniques pour mieux métamorphoser l’ensemble en une puissante énergie incantatoire. Il visite toutes les dimensions, de la douceur ("Un Soupir Eternel") à la violence ("Odd Poetry"), sans perdre de vue son objectif : les mondes inexplorés et les esprits qui les habitent.

 

-          Il jouera ensuite avec le trio de l’autrichien Wolfgang Muthspiel avec qui il vient de signer en 2007 son dernier album :
« Glow 
» qui décrit le cheminement de deux personnes qui se connaissent bien. Glow est un album spécial. Ce n’est ni le bilan d’une vie, ni la marque d’une rencontre éphémère, ni une fenêtre dans le processus de travail d'une longue collaboration, mais une sensibilité conçue de la combinaison du passé, du présent et de l'avenir, offrant sans fin toutes les combinaisons d’écoute pour l'auditeur. "(W. Kampmann)

A écouter sans modération !...

 

Ø      Anne-Marie A


Titre de l’album : Cinq reflets de l'Amour de loin ; Nymphea Reflection ; Oltra Mar

Titre de l’extrait choisi : Oltra mar / Amour et Cinq reflets / outremer

Nom du compositeur ou de l’interprète : Kaija Saariaho, comp. ; Pia Freund, S ; Gabriel Suovanen, BAR ; Finnish Radio Symphony Orchestra ; Jukka-Pekka Saraste, dir.

Genre musical : Musique classique - Musique vocale ** Finlande ** 21e siècle

Label : Ondine  N° ODE1049-2

 

Kaija Saariaho est une compositrice finlandaise, née à Helsinki en 1952. Elle a étudié la musique à l’Académie Sibelius de Helsinki et également à Paris auprès de Pierre Boulez à l’IRCAM. Elle s’est enthousiasmée pour la musique spectrale de Tristan Murail et Gérard grisey, une vraie révélation pour elle qui aime travailler sur la matière même du son. Beaucoup de ses pièces utilisent des ressources électroniques en plus des instruments traditionnels.

Elle a reçu de nombreux prix et la distinction « Musicien de l’année 2008 » par Musical America, en tant que « faisant partie des rares compositeurs contemporains ayant atteint l’admiration du public aussi bien que le respect universel de la critique. Ses deux opéras ont particulièrement été remarqués : « L’Amour de loin » en 2000 et « Adriana Mater «  en 2006.

« Cinq reflets de l'Amour de loin », qui figurent dans ce disque, ce sont cinq scènes de l'opéra "L'Amour de loin" remaniées pour donner une suite de cinq mélodies. Le librettiste de cet opéra est l’écrivain Amin Maalouf, qui donne une réflexion spirituelle sur l’amour, le désir et l’accomplissement (un troubadour, au 12ème siècle, écrit des poèmes d’amour à une dame imaginaire. Un pèlerin lui raconte que l’objet de son amour, une comtesse, existe vraiment. Le pèlerin chante à la dame l’amour du troubadour. Au dernier acte l’amour et la mort se rencontre : le troubadour rencontre enfin sa bien-aimée, mais, tombé malade, il meurt dans ses bras).

J’ai écouté de nombreuses fois ce disque avant d’en apprécier toute la subtilité, toute l’émotion cachées derrière cette musique qui n’est pas, à mon avis, facile à écouter d’un premier abord.

A écouter donc, dans de bonnes conditions ! Et se laisser emporter sans a priori pour vraiment goûter toutes les nuances, les évocations tendres et douloureuses de ces histoires que cette musique raconte.

L’extrait écouté en premier, oltra mar (au-delà de la mer en ancien français), a pour sujet un voyage en bateau qui symbolise les tentatives de l’homme pour comprendre l’univers, de grandes choses sur l’amour, le temps qui coule et la mort…

Par Bibliothécaires musicaux de Franche-Comté
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Mercredi 2 juillet 2008

Ø      Elise, Marie et Rozenn

 

Sélection spéciale musiques pour les enfants

 

Comme la musique pour adultes, la musique pour la jeunesse s’avère riche en genres. Les disques dits pour la jeunesse concernent les 0-9 ans à la BDP, au-delà ils sont classés dans la musique pour adultes. Nous avons choisi de vous présenter une sélection de disques de différents genres en fonction du fonds de la BDP. Nous nous sommes volontairement détournés des « classiques pour enfants », déjà connus du plus grand nombre.


I. Les berceuses


En général, pour les enfants de 0 à 3 ans mais finalement, pourquoi pas de 0 à 99 ans… ? Outre les berceuses classiques, revisitées, traditionnelles, on trouve des berceuses du monde entier. Pour avoir un aperçu, voici quelques extraits :

« Dodo la planète do » chez Harmonia Mundi.

« 48 berceuses du monde » chez ARB Music.

« Le chant des enfants du monde » vol. 3 chez Arion.

« Berceuses du monde entier » chez Harmonia Mundi.

 

II. Les musiques fonctionnelles


Qui regroupent de nombreux thèmes : la musique et les autres arts où l’on trouve des comédies musicales (du Soldat rose au Roman de la Momie), des opéras, des contes musicaux (voir ci-dessous), des musiques de cirque, de télévision, des musiques de circonstances (Noël, anniversaires), des musiques de détente ou d’activité physique, des sons de nature, des bruitages…

Extraits : « Le cordon pictural » chez Media Animation.

             « Chansons Gymbo-mélodies Bambins » chez L’aventure musicale.            « Imaginations 5 » chez Naïve/Auvidis.

et les contes musicaux

Il existe différentes sortes de contes musicaux :

- ceux qui sont proches des textes lus comme la lecture en musique par Henri Dès des « Belles Histoires de Pomme d’Api » des Productions Mary Josée, 1991 pour les 6-9 ans ;

- ceux qui alternent conte et chanson comme le « Marchand d’histoires » de Joffroi pour les 6-9 ans, ou apprentissage de l’alphabet et chanson dans « L’Alphabet en chansons » chez Ades, 1997 pour les 3-6 ans ;

- les vrais contes musicaux tels que « Les aventures du Petit Sachem » de Joffroi pour les 3-6 ans.

On constate qu’en Musique du monde, il y a une grande richesse de contes musicaux.

Extraits : « Les aventures du Petit Sachem » chez Cormoran, 1991.

« Jazzy Joe et le Petit Gentil Pois », musique de Pierrick Hardy, interprété par Christophe Guichet et Chantal Lavallée, chez Gaby Théâtre, 2002. 6-9 ans (Classé en 5.11 Comédies musicales)

S’inspirant d’Andersen et de « La Princesse au petit pois », ce conte musical commence là où la fable se termine chez celui-ci et met en scène le plus petit de ses personnages : le petit pois. [dja]Jazzy Joe vient le réveiller pour lui apprendre à mettre le fable en musique. Un CD tendre, poétique et jazzy.

« Au pays de la country-music » interprété par Anny et Jean-Marc Versini, chez Marmottes productions, 2001. 6-9 ans

Keina est une guitare qui prend des cours de musique classique à Paris. Mais elle rêve de l’Amérique car son vieux père lui avait dit que la vraie country-music était née là-bas. Kleina décide d’y partir à la recherche de cette fameuse country-music. Elle se retrouve au Texas, y rencontre un cowboy américain, Mr Gibson.

 

III. La musique classique


Deux types :

Le premier : de type biographique avec extraits musicaux. Ex. : La collection Le petit Menestrel chez Universal : Bach raconté aux enfants (Litz, Mozart…). Chaque plage correspond à des faits biographiques entrecoupés d’extraits musicaux. Les textes sont dits par des comédiens tels que Francis Huster, Michel Bouquet, Gérard Philippe…

Très vivants, avec parfois des dialogues. Pour les  6-9 ans.

Le deuxième : des compilations, qui se composent soit d’une pièce de musique : La collection Premier CD chez Thierry Magnier avec la « sonate la Follia » de Vivaldi, « sonate pour piano » de Mozart… (5 vol.). Particularité : cd accompagné d’une frise détachable illustrée, inspirée de la pièce. Illustrateurs différents à chaque fois, notons parmi eux Nathalie Novi, Gwenn Le Gac… Soit d’extraits musicaux issus d’œuvres des plus grands compositeurs. Ex : « Pierre et le loup, le carnaval des animaux » de St Saens, « l’Apprenti sorcier » de Paul Dukas…

Autre compilation intéressante : « Musique classique pour petites oreilles » chez Naive. Extraits musicaux entrecoupés de commentaires très simples sur le compositeur, les instruments. A partir de 4 ans. Extrait : plage 13

 

IV. Le jazz


Le genre est adapté aux enfants. On réutilise la plupart du temps des titres déjà existants et connus.

La collection la plus connue reste les Cds des P’tits loups du Jazz, une chorale d’une vingtaine d’enfants de 7 à 19 ans, différents selon les albums, accompagnée d’un ensemble vocal de vingt adultes, qui s’est formée en 1992. Les paroles sont pleines de vie, les CDs se composent en douze thèmes de jazz (Parker, Ellington, Monk, Gershwin…). Ils ont pour habitude de reprendre des grands standards de jazz et d’y ajouter des compositions originales.

Ils sortent leur premier album éponyme en 1993, puis « Baby Blues » en 1995 et « La Ferme de Bercagny » en 1998 pour les 6-9 ans qui offrent un merveilleux voyage musical à travers la Guadeloupe, la Grèce, l’Espagne, le Mali, l’Amérique du Sud et du Nord… ; « Fiesta » en 2004 est composé de treize nouvelles chansons dans lesquelles le jazz côtoie les musiques des Caraïbes.

« Le retour des P’tits loups du Jazz » d’Olivier Caillard chez Enfance et Musique, 1997. Pour les 6-9 ans. La chorale chante leurs paroles avec Olivier Caillard sur les grands noms du jazz dont Charlie Parker.

Autres CD :

« Jouap’la Vie ! » interprété par Rouge Malice (groupe de jeunes chanteuses de 10 à 19 ans), composé par Annick Meschinet.- Montmorot : Musik Ap’Passionato, 2000

« Jazz à la récré » qui reprend les grands classiques de la chanson et de la comptine pour enfants comme « Au clair de la lune », « Cadet Rousselle », « Ainsi Font »…, réarrangés dans une veine jazz. Notons que le titre « Cadet Rousselle » est un hommage au chanteur et poète Félix Leclerc (1914-1988) et une chanson issue de la nouvelle vague de la chanson québécoise. C’est une véritable initiation à l'univers du jazz et du blues (et ses différents styles : hard-bop, New Orléans, Bossa.. .). On y retrouve Didier Lockwood au violon et Hal Singer.

A noter « Musique jazz et blues pour petites oreilles » chez Naïve, 2004. Pour les 7-9 ans. Petit texte introductif au début de chaque morceau présentant le jazz des années 20 aux années 90 en Europe et aux Etats-Unis aux enfants.

 

V. La musique rock


Le rock peut se caractériser non seulement par son rythme (4 temps) mais aussi par son interprétation, par un univers bien spécifique. Ainsi, le rock pour enfants peut être comparé à du « champomy ». Du rock édulcoré donc, de la musique qui bouge dans tout les cas.

Le groupe Bouskidou est réputé dans le genre « rock pour enfants ».

D’autres groupes ou artistes intéressants : Amulette « Le bal rock des enfants », Roger Cactus « Rock & Pique & Colégram ».

A noter, une initiation au rock dans la collection Musiques rock’n soul pour petites oreilles chez Naïve. Avec les grands classiques comme Carl Perkins, The Platters, PercyLedge… Même formule que les compiles pour le classique et pour le jazz. Un petit bémol : la tranche d’âge proposée par le label : dès 5 ans, un peu ambitieux à l’écoute des commentaires, plutôt pour les 7-8 ans.

 

VI. Les musiques du monde


Au-delà de la simple découverte de sonorités, instruments et voix différents, il s’agit également de créer chez les enfants une prise de conscience de la diversité des peuples et de la richesse des cultures en expliquant la musique, les coutumes…

Notamment dans plusieurs collections :

Putumayo kids (division enfants et éducation de Putumayo World Music – diff. Harmonia Mundi) : choix parmi des artistes renommés ou inconnus. Albums par régions du monde ou pays (Caribbean playground, Brazilian playground), plus rarement par thème (Swing around the world, Animal playground). Dans le livret, des informations pour chaque chanson qui nous plongent dans la culture locale. A signaler : activités multiculturelles du groupe (organisation de concerts, dons dans les écoles, aide aux associations caritatives)

Extrait : « Brazilian playground ».

Terres d’enfance (ARB Music) : comptines, chansons et berceuses, parfois interprétées par des enfants. Albums par pays. Il existe également des albums regroupant des contes d’un même pays.

Chant des enfants du monde (Arion) : sonorités et musiques locales sur lesquelles chantent des enfants, informations sur le pays, les lieux où sont enregistrés les morceaux et leurs interprètes.

Voyages et rencontres (Enfance et Culture) : Contes, chansons, poèmes, lexique, découvertes, rencontres... Narrateurs pour présenter le CD (dont un local)  : créer un matériel pédagogique et culturel à partir de la tradition orale (association Enfance et Découvertes International)

Extrait : « Voyages et rencontres en Haïti ».

Au fil de l’air (Les Temps chauds) : créations originales pour un festival (dans l’Ain), interprétées par des élèves du département.

Extrait : « La caravane des mômes ».

A noter, « Musique du monde pour petites oreilles », du monde entier, avec présentation simple et rapide du genre de musique dans le pays, d’un instrument.

 

Discographie :

 

Les berceuses

Dodo la planète do – Harmonia Mundi (2002)

48 berceuses du monde - ARB Music (2005)

Le chant des enfants du monde vol. 3 – Arion (1996)

Berceuses du monde entier - Harmonia Mundi (2002)

Doudou : un disque pour s’endormir – Naive (2004)

 

Les musiques fonctionnelles

Le cordon pictural - Media Animation (1998)

Chansons Gymbo-mélodies - L’aventure musicale

Imaginations 5 - Naïve/Auvidis (1997)

Senza – Emi music (2006)

Joueur de flûte ; goutte de lumière, goutte d’eau –Maurice Clément-Faivre (2001)

Sur la piste du cirque – De plein vent éditions (2002)

 

Les contes musicaux

Le marchand d’histoires – Cormoran (1997)

La boîte à joujoux – Didier jeunesse (2007)

Les aventures du petit Sachem – Cormoran (1991)

Jazzy Joe et le petit gentil pois- Gaby théâtre (2002)

Au pays de la country music – Marmottes production (2001)

 

La musique classique

Coll. Le petit ménestrel – Universal (2003) : Berlioz, Schubert, Mozart, Mendelssohn, Chopin, Bach… raconté aux enfants

Coll. Premier CD – Thierry Magnier (2000) : Sonate pour piano No 11 en la majeur, "Alla Turca",

K 331 – Mozart, Sonate « La Follia » - Vivaldi

Le carnaval des animaux – Saint Saens - Harmonia Mundi (2000)

Pierre et le loup – Prokofiev – Harmonia Mundi (2000)

Musique classique pour petites oreilles – Naive (2002)

 

Le jazz

Les p’tits loups du jazz : Les p’tits loups du jazz – Enfance et Musique (1993)

                                      Baby blues – Enfance et Musique (1995)

                                      La ferme de Bercagny – Enfance et Musique (1998)

                                      Fiesta – Au merle moqueur (2004)

Jouap’ la vie – Musik ap’passionato (2000)

Jazz à la récré – EMI (2007)

Musique blues et jazz pour petites oreilles – Naive (2004)

 

Le rock

Bouskidou : Du rock pour les mômes – Universal (1991)

                  Bouski’land – Universal (2002)

Roger Cactus : Rock et pique et colégram – Compagnie du cactus (1999)

                       Epique époque – Compagnie du cactus (2005)

Amulette : Le bal rock des enfants – Universal (1995)

                 Le bonhomme de paille – Universal (2002)

Musiques rock’n soul pour petites oreilles – Naive (2006)

 

Les musiques du monde

Coll. Putumayo kids – Putumayo world music : Animal playground (2007)

                                     Brazilian playground (2007)

                                     Swing around the world (2005)

                                     Sing along with Putumayo (2004)

Coll. Terres d’enfance – ARB music :                         Arménie : rondes, comptines et berceuses (2003)                                    Allemagne : rondes, comptines et berceuses (2003)                                    Scandinavie : rondes, comptines et berceuses (2005)                                    Japon : rondes, comptines et berceuses (2004)

Coll. Chant des enfants du monde – Arion : Inde (1994), Bulgarie vol. 1 et 2 (2002), Maroc (2002)

Coll. Voyages et rencontres – Enfance et culture : A Haïti (1999), Au Vietnam (2001), En Louisiane, Au Mali

Au fil de l’air – Les Temps chauds (depuis 2000)

Chansons bleu soleil – Editions musicales Lugdivine

Musiques du monde pour petites oreilles – Naive (2002)
Par Bibliothécaires musicaux de Franche-Comté
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Mercredi 2 juillet 2008

Ø      Cyril

Titre de l’album : OK Computer

Titre de l’extrait choisi : Paranoid Android

Nom du compositeur ou de l’interprète : Radiohead

Année : 1997

Reprise par Brad Mehldau

Genre musical : rock

 

OK Computer est le troisième album de Radiohead paru le 16 juin 1997 au Royaume-Uni et le 1er juillet aux États-Unis d'Amérique et fut enregistré au studio d'Abbey Road.

Cet album rencontra à la fois un succès critique et commercial, propulsant le groupe sur les devants de la scène rock. OK Computer apparaît régulièrement dans les classements des meilleurs albums.

Cet album exprime les problèmes du monde moderne comme le stress, la paranoïa, la routine ou l'effet de masse.

Paranoid Android

Le titre de cette chanson est une référence à un personnage du Guide du voyageur galactique : Marvin, l'androïde paranoïde. Le chanteur Thom Yorke a cependant expliqué que les paroles lui ont été inspirées par l'intrusion de fans qui l'ont harcelé dans un bar de Los Angeles.

Paranoïd android est en trois sections musicales distinctes. La première, qui commence avec la guitare acoustique par « Please could you stop your noise i'm trying to get some rest », la deuxième (« Ambition makes you look pretty ugly ») où le volume monte avec un passage violent, hard-rock et la troisième « Rain down, come on rain down on me, from a great height », de nouveau plus calme, avant le retour de la partie hard-rock pour le final.

Le groupe s'est inspiré du morceau de John Lennon Happiness is a Warm Gun dans l'album blanc des Beatles, qui est lui aussi construit en trois sections musicales différentes... Colin Greenwood, le bassiste de Radiohead, explique en effet « Pour Paranoid Android nous avions en tête un DJ Shadow rencontrant le genre Beatles ». Thom Yorke va dans le même sens en racontant : « Cela a vraiment démarré comme trois chansons dont nous ne savions que faire. Puis nous avons pensé à Happiness is a Warm Gun qui était d'évidence constitué de trois parties mises ensemble par John Lennon, et nous nous sommes dit « pourquoi n'essayerions-nous pas ça? ».

Paranoid Android a été retranscrite à deux reprises au piano par le pianiste contemporain Brad Mehldau fan avoué du groupe. La première version figure sur l'album Largo en 2002 en présence de nombreux musiciens. La deuxième version apparaît en 2003 sur l'album Live in Tokyo. C'est une version solo sublime, hommage incroyable de 19min30 à la musique originale de Radiohead. Elle respecte tout à fait les différentes phases de la structure du morceau décrite ci-dessus, tout en intégrant des passages d'improvisation et d'interprétation personnelle, comme l'introduction longue de près de 4 minutes.

 

Ø      Anne-Marie A 

Titre de l’album : Iphigénie en Tauride 

Titre de l’extrait choisi : Introduction, début scène 1

Nom du compositeur ou de l’interprète :  Christoph Willibald von Gluck (1714-1787), comp. Mireille Delunsch, S (Iphigénie), Les Musiciens du Louvre ; Marc Minkowski, dir.

Genre musical : Opéra XVIIIème – sujet : antiquité grecque

 

Je venais d’écouter le magnifique « Iphigénie en Tauride » de Gluck lorsque je suis tombée sur 3 articles de Télérama (3043 – mercredi 07 mai 2008) présentant le travail du metteur en scène Krzysztof Warlikowski qui est à l’honneur avec une pièce de théâtre « Angels in America » et l’opéra « Iphigénie en Tauride » dont il assure la mise en scène et qui est à l’affiche à l’Opéra Garnier (22 mai-8 juin).

Warlikowski est un metteur en scène polonais de 46 ans. On le dit « ange et fauve, féminin et masculin, tête à claque, bouleversant, timide et conquérant… toujours préoccupé par la question humaine, ce que nous sommes devenus, ce que nous vivons et comment nous le vivons ». « A la manière des grecs, il fabrique un théâtre de société, de civilisation, exclusivement absorbé par la question du sens et des affects » dit Daniel Conrod dans Télérama 3043.

Résumé de l’action : Les dieux ont donné comme mission aux grecs Oreste (frère d’Iphigénie) et Pylade (ami d’Oreste) de ramener de Tauride la statue de la déesse Diane, déesse de la chasse, qui a été profanée par le sang d’un sacrifice humain. Ils ne savent pas que Diane a ravi Iphigénie avant la guerre de Troyes et en a fait sa grande prêtresse en Tauride. Elle l’a ravie au moment où son père Agamemnon s’apprêtait à la sacrifier. La Tauride est habitée par les scythes, barbares qui s’adonnent au meurtre sacrificiel.

Comme dans nombre d’opéras, il est question de meurtre ! A cette occasion, un petit clin d’œil à l’auteur de fantasy, Terry Pratchett, qui fait dire à la sorcière Nounou Ogg dans « Les Annales du Disque-Monde : Masquarade » : « Ben, y a en principe deux sortes d’opéras, expliqua Nounou qui jouissait de la faculté des vraies sorcières de se prendre sincèrement pour des expertes sans avoir la moindre expérience. T’as l’gros opéra, où on chante en principe en étranger des trucs du genre ‘Oh oh oh, je me meurs, oh, je me meurs, oh, oh, oh, c’est ça, je me meurs’, et puis y a l’opérette, où on chante en étranger des trucs du genre ‘D’la bière ! D’la bière ! D’la bière ! J’aime boire d’la bi-ère à plein tonneaux ! ‘ mais des fois c’est plutôt du champagne. Tout l’opéra, ça se résume en principe à ça, voilà. »

L’extrait écouté est le début de l’opéra qui commence, non pas sur une ouverture comme c’était l’usage, mais sur un bref prélude dépeignant un temps calme qui cède bientôt la place à une terrible tempête (du baroque qui rock !). On entend Iphigénie et ses prêtresses implorer la protection des dieux (c’est une musique descriptive). Mireille Delunsch est Iphigénie (sur ce CD de 2001 comme à l’opéra Garnier aujourd’hui). Très impliquée dans ce personnage et très émouvante.

 

Ø      Irénée 

Titre de l’album : Elect the dead

Titre de l’extrait choisi : Empty walls

Nom du compositeur ou de l’interprète : Serj Tankian

Genre musical : Hard-rock, métal

 

Americain d'origine libanaise (et non pas arménienne comme je l'avais dit lors du comité) Serj Tankian, est le fondateur du groupe métal System of a Down qui a connu un grand succès, particulièrement avec la sortie du deuxième album Toxicity en 2001.

Très engagé politiquement Tankian revient en 2007 avec un album solo "Elect the dead" où il démontre encore une fois ses très grandes qualités vocales (ce qui n'est pas toujours l'apanage des chanteurs de métal), musicales (il joue presque toutes les parties musicales de l'album, à part celles concernant la basse et la batterie) ainsi que son talent de compositeur.

Dans cet opus résolument hard-rock, il dénonce les dérives d'une société qui nous conduit à notre perte, le tout étant noyé dans un déluge de "gros et bon son".

A écouter sans modération !

 

Ø      Félix 

Titre de l’album : Évasion, femmes de plein vent

Titre de l’extrait choisi : Procurad’e moderare

Nom du compositeur ou de l’interprète : Évasion

Genre musical : Chant du monde, Traditionnel de Sardaigne

Label : Vocal 26 productions

 

 « Originaires de pays dont l’histoire a longtemps imposé aux femmes la discrétion et où la polyphonie est une tradition majeure, les cinq chanteuses du groupe Évasion ont donné de la voix et ouvert la voie de la protestation.

1986. Elles ont entre 10 et 15 ans, s’inscrivent à un atelier chant dans la MJC Monnaie de Romans, et très vite grâce à l'éclectisme de leurs origines (Italie pour Laurence Giorgi, Portugal pour Anne-Marie et Nathalie Ferreira, Algérie pour Soraya Esseid, Bretagne pour Gwenaëlle Baudin) elles décident de monter leur premier spectacle autour des chants de révolte et de contestation du bassin méditerranéen à l’occasion du bicentenaire de la révolution. Évasion est

né !

Dans leur répertoire actuel, elles offrent une grande place à la poésie et à la littérature française, pour faire résonner les mots autrement, mieux faire entendre leur parole et donner un nouveau sens à l’émotion. Leur spectacle ballade le public aux quatre coins de la planète, passant de la chanson d'amour au cri de détresse, de la ritournelle à l'appel de la révolte... mais en bannissant la haine et la violence... »

Le morceau choisi est une diatribe contre les « barons », appelant le peuple à la révolte : « guerre aux oppresseurs, ces petits tyrans minables, il faut les jeter bas ».

 

Ø      Jacques

Titre de l’album : Gee whiz but this is a lonesome town

Titre de l’extrait choisi : Private Lily

Nom du compositeur ou de l’interprète : Moriarty

Edition Naïve

Genre musical : Folk country

 

En coproduisant leur premier album, le couple Jérome Deschamp - Macha Makeïff a pris sous son aile un groupe vraiment étonnant qui revisite avec maestria la musique traditionnelle américaine, entre folk coutry et honkytonk des pionniers. Emmené par la voix envoûtante de Rosemary Standley, ce groupe franco-américain basé à Paris utilise tous les instruments à sa portée - guitare, guimbarde, banjo, clarinette, harmonica mais aussi une valise pour les percussions et même une machine à écrire ! - afin de nous faire prendre les chemins de traverse de l'Amérique ... à l'image de Dean Moriarty, le héros de « Sur la route » de Jack Kerouac.

Ils se produisent sur scène au milieu d'un bric à brac à la « Deschiens » : un paravent, un canapé rouge et un lampadaire des années 50.

Lily a 19 ans, n'a pas d'argent, pas de petit ami, pas de travail et s'engage dans l'armée: « I'm going to war » ....

Entre la Cigale en mars et l'Olympia en octobre ils se sont produits à Besançon dans le cadre du festival Générique.

 

Ø      Dominique 

Titre de l’album : Nationalité vagabonde

Titre de l’extrait choisi : Ai mi baht

Nom du compositeur ou de l’interprète : Rona Hartner

Genre musical : fusion électro-tzigane

Label : Follow me records

 

Rona Hartner est originaire de Roumanie.

Depuis son enfance, elle baigne dans un univers artistique. Son père faisait partie d’un groupe de jazz, d’une troupe de théâtre et peignait. Sa mère, paysagiste et portraitiste, chantait dans des chorales gospel.

R. Hartner a suivi leurs exemples. A 34 ans, elle est une artiste complète : chanteuse , comédienne, peintre, danseuse.

Son rôle de chanteuse tzigane dans le film de Tony Gatlif « Gadjo Dilo » est un déclic pour sa carrière musicale.

En 2005, elle sort, avec la collaboration de DJ Click, un album « Boum ba clash » (aussi le nom d’un spectacle) où l’électro se mélange aux rythmes des Balkans.

En 2008, avec ce nouvel album, elle confirme son talent.

Par Bibliothécaires musicaux de Franche-Comté
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Vendredi 30 mai 2008

 

Ø      Anne-Marie H

 

Titre de l'album : Les Boréades

Titre de l'extrait choisi : Contredanse en rondeau

Nom du compositeur des interprètes : Jean-Philippe Rameau, comp. Monteverdi Choir. English Baroque Soloists. John Eliot Gardiner, dir.

Genre musical : Danse, dans un opéra français.

 

Rameau meurt en Septembre 1764, pendant les répétitions de sa dernière tragédie lyrique, Les Boréades, composée en 1763, suite à une commande de l'Opéra de Paris. Les répétitions sont interrompues et l’œuvre va "dormir" pendant ... 219 ans avant d'être donnée au Festival d' Aix en Provence en 1982.

De l'opéra lui-même, je me contente de rappeler qu'il comprend des chanteurs, des danseurs, des effets scéniques spectaculaires, et un livret compliqué, comme d'habitude.

L'extrait choisi conclut le 1er acte. La contredanse est une danse française, de mesure binaire, de mouvement vif et enjoué. La structure en rondeau indique qu'il y a une alternance de couplets et refrain.

Le morceau est très rythmé et se mémorise facilement. Il témoigne du talent de Rameau à composer pour les danseurs.

  

Titre de l'album :Les violences de Rameau

Titre de l'extrait choisi : Le diable et son train

Nom des interprètes : Louis Sclavis Sextet

Genre musical: Entre jazz et musique contemporaine

 

Louis Sclavis est un clarinettiste et saxophoniste de jazz, né à Lyon en 1953. Il a fait ses études musicales au Conservatoire de sa ville natale.

Son Sextet est composé d'Yves Robert au trombone, de Dominique Pifarély au violon, de François Raulin au piano et aux claviers, de Bruno Chevillon à la contrebasse et de Francis Lassus à la batterie.

Le disque sort en 1996. Sa particularité est de prendre appui sur des  extraits d’œuvres de Rameau : Les Boréades, Les Indes Galantes, Dardanus, trois opéras.

Ainsi, l'extrait choisi reprend la contredanse en rondeau, pour la développer, la transformer, bref, la recréer.

Manifestement, le souci premier du Louis Sclavis Sextet n'est pas de savoir dans quelle catégorie musicale on va pouvoir ranger l’œuvre, mais plutôt d'expérimenter dans une continuité de la musique.

C'est pourquoi nous sommes entre un jazz très moderne et la musique contemporaine. Il est possible de signaler que c'est en tout cas une musique très française.

Pour qui aime la musique du XVIIIème siècle français et le jazz et n'hésite pas trop à aller du côté de la musique d'aujourd'hui, Les violences de Rameau méritent le détour et une écoute attentive.

 

Titre de l'album : The story of a castrato, Carestini.

Titre de l'extrait choisi : Aria "Se mi dai morte", de l'opéra Farnace 

Nom du compositeur ou de l’interprète : Leonardo Leo (1694- 1744), comp. Philippe Jaroussky, Le Concert d'Astrée, Emmanuelle Haïm

Genre musical : Opéra baroque

 

Giovanni Crestini (1705- 1760) est l'un des plus grands chanteurs d'agilité après Farinelli. Sa réputation était telle que Haendel composa pour lui à Londres des oeuvres comme Arianna in Creta.

Pour donner une idée de ce que pouvait être le chant des castrats, on peut aujourd'hui recourir à des voix d'altos, comme celle de l'éblouissante Cecilia Bartoli, ou à des voix de contre-ténor, comme celle de Philippe Jaroussky.

Le contre-ténor est un type de voix masculine qui utilise les techniques de la voix de fausset, ou de tête, dont la tessiture correspond à peu près à celle de l'alto. On s'accorde à reconnaître que la voix des castrats devait être plus puissante, plus proche de la voix des femmes. Mais personne ne saurait regretter la disparition d'une voix qui n'existait que par le biais d'une mutilation qui nous paraît monstrueuse.

Et puis la voix de Philippe Jaroussky est si belle…;

Leonardo Leo est un  compositeur napolitain de la 1ère moitié du XVIIIème siècle qui mériterait d'être redécouvert. Il a composé des "opere serie", dont Farnace, mais il est surtout connu pour être un des fondateurs de l'opéra bouffe en dialecte napolitain.

L'aria "Se mi dai morte" s'inscrit dans la tradition des arias da capo (depuis le début) : les vers sont divisés en 2 strophes de caractère opposé. Ici, les 7 premiers vers composent la partie A :

" Si tu me donnes la mort

Non, je n'ai pas de craintes,

Heureux et content

De mon sort

Je saurai mourir,

Tyran barbare,

Monstre cruel"

Ils sont introduits par une ritournelle par l'orchestre au complet. On l'entendra plusieurs fois. Les vers sont chantés, retour à le ritournelle, puis ils sont repris avec des variations nouvelles, très virtuoses.

La partie B, en opposition avec la partie A est beaucoup plus courte :

"Seulement, inhumain,

Je ne saurai souffrir

Que mon  amoureuse

Epouse aimée

Me soit infidèle"

La ritournelle marque la partie A': C'est la reprise de A avec une plus grande ornementation, toujours attendue du public.

On ne peut qu'être ébloui par l'aisance avec laquelle Philippe Jaroussky se joue de toutes les difficultés de l'aria.

Mais saurait-on aujourd'hui écouter tout un opéra seria où abondent ces arias da capo ? Ces airs ont une certaine étendue, ils permettent au chanteur d'exhiber une grande palette d'ornements dans le même numéro, mais ils sont répétitifs et on finira par les écourter.

En fait, ces airs de bravoure étaient liés à la conception que l'on avait des opéras au XVIIIème siècle : Le théâtre d'opéra est un lieu où l'on se rend pour rencontrer des personnes du même monde, discuter affaires, nouer des intrigues et pour écouter cet air par ce castrat, après quoi l'on reprend ses discussions...

Nous sommes très loin de l'écoute que nous avons aujourd'hui d'une oeuvre comme un opéra !

 

Ø      Dominique 

 

Titre de l’album : La Porte plume

Titre de l’extrait choisi : Le Linge de nos mères

Nom de l’interprète : Amélie-les-crayons

Genre musical : Chanson française

Label : Néômme

 

Après « Le Chant des coquelicots » (Cd 6 titres sorti en 2002) et « Et pourquoi les crayons » (2004), Amélie-les-Crayons nous revient avec ce troisième album déjà récompensé par le Grand prix de l’Académie Charles Cros 2007.

Une voix claire, légère, des mélodies sautillantes, des textes tout en finesse , un livret magnifiquement illustré par les pastels de Samuel Ribeyron : un vrai petit bijou !

De la tendresse, de la douceur :  du bonheur à l’état pur !

Pour faire plus ample connaissance avec la demoiselle et sa troupe :

-    Article dans Chorus n°62

-          Le Tour de la question (DVD) (2006) (concert , clips, ..)

-          Site : www.amelielescrayons.com

 

Ø      Christian

 

Titre de l’album : Désert rebel (3ème album 2006)

Nom de l’interprète : Abdallah ag Oumbadougou… collectif

Genre musical : Musique du monde

 

En 2005, sous l’égide de  La Mano Negra, Tryo, I Am, qui partent à la rencontre de Abdallah ag Oumbadougou, au Sahara, Touareg né en 1962, guitariste et autodidacte…

Projet musical lié à la situation au Niger et à la condition des Touaregs, peuple berbère et nomade, que le Mali, le Niger, l’Algérie et la Libye, veulent marginaliser, assimiler.

Abdalllah a été en exil, prison, mais tout au long de la période 1984-1995, il n’a pas arrêté de composer et d’appeler à la rébellion tous les Touaregs en état de combattre. Et dès 1995, date de signature de la paix, se remet à la musique uniquement.

Cet album «Désert Rebel »  est estampillé « Culture équitable » enregistré en studio au milieu des dunes.

Le Collectif « Désert Rebel » veut lancer la réflexion sur la culture équitable par les rencontres culturelles.

Abdallah utilise sa notoriété pour préserver la culture Touarègue et a créé la fondation « Takrit n’tada » pour défendre les jeunes artistes, construire des écoles de musique pour apprendre aux jeunes filles à manier l’inzad, une vièle monocorde touarègue, et également construire deux écoles.

 

Ø      Anne-Marie A

 

Titre du DVD : Jeanne d'arc au bûcher

Nom du compositeur ou de l’interprète : Arthur Honegger (1892-1955), comp. ; Paul Claudel, livret ; Jean-Paul Scarpitta, mise en scène ; Sylvie Testud, Eric Ruf, acteurs ; Orchestre national de Montpellier Languedoc-Roussillon ; Altinoglu, Alain, Chef d'orchestre. 2006.

Genre musical : Oratorio

 

Oratorio dramatique en 11 scènes avec prologue, créé en 1934.

L’oratorio est un genre musical caractérisé par un drame chanté comprenant plusieurs personnages et souvent un chœur, à sujet généralement religieux. Proche de la cantate, l’oratorio n’est normalement pas destiné à une représentation scénique.

A propos de cette œuvre Honegger écrit «  Quand j’ai composé Jeanne d’Arc au bûcher, j’ai suivi pas à pas les directives de Paul Claudel. Nous avons marché la main dans la main, collaborant au même dessein, qui était d’écrire un ouvrage populaire dans le beau sens du terme, c’est-à-dire capable d’attirer un vaste public de disciplines, de formation, de croyances, de milieux extrêmement divers. C’est à ce public de décider si nous avons échoué ou réussi. » A. Honegger Janvier 1951

Et Paul Claudel en 1939  : « Pour comprendre une vie comme pour comprendre un paysage, il faut choisir le point de vue et il n’en est pas de meilleur que le sommet. Le sommet de la vie de Jeanne d’Arc, c’est sa mort, c’est le bûcher de Rouen. »

 

C’est toute l’œuvre d’Honegger et de Claudel qui tourne autour de ce sommet qu’est la mort de Jeanne, c’est à partir de cette mort qu’elle envisage toute la série des évènements qui l’y ont conduite, sa vocation, sa mission, de Domrémy à Rouen, du chemin qu’elle a parcouru et où l’engageaient des voix irrésistibles… « Cette petite paysanne ignorante qui ne savait signer que d’un croix, tout de même en lettres de sang et d’or » dit encore Claudel.

Ce que dit le metteur en scène Jean-Paul Scarpitta : « Elle revient à la vie pour revivre son histoire. Elle sort des ténèbres. Elle a été sacrifiée, elle a été brûlée. C’est frère Dominique qui lui lit le livre du procès car elle n’a pas compris pourquoi on l’avait brûlée. Elle est tellement innocente… »

Le metteur en scène a voulu infuser la vie intérieure de Jeanne. Jeanne isolée dans des carrés de lumière pour raconter son cheminement, sa vie, …sa vocation, « une révolution pour les âmes » dit encore Scarpitta (on entend les voix qui l’ont guidée à travers la France pour sauver le roi de France).

Frère Dominique est un saint, de la confrérie des prêcheurs, confrérie qui a condamné Jeanne. Il rencontre Jeanne dans l’immensité après qu’elle ait brûlé. Il n’a pas vécu du temps de Jeanne car il est mort en 1221 (Jeanne est morte en 1431 à Rouen). Il vient des cieux pour lui révéler à travers le livre qu’il porte, l’histoire de son procès. Jeanne se demande comment elle a pu en arriver là , elle est encore dans sa crédulité, comment on a pu faire cela contre elle car elle voulait sauver la France.

Ce DVD est magnifique, la mise en scène dépouillée montre l’essentiel, nous permet d’intérioriser le personnage de Jeanne d’Arc joué admirablement par Sylvie Testud. Pour moi c’est une découverte, son jeu est d’une sincérité absolue, d’une immense émotion qui vous donne sans cesse la chair de poule. A découvrir absolument !

 

Ø      Elise

 

Titre de l’album : Je vais bien, ne t’en fais pas 

Nom du compositeur ou de l’interprète : Le duo AaRON

Titre des extraits choisis : du DVD : dans les Bonus, le clip de la BO « U-Turn (Lili) » ; dans le film : « Mister K » ; extrait du CD : « Le Tunnel d’Or »

 

Jeunes versaillais d'origine, Simon Buret et Olivier Coursier débutent l'aventure Aaron en 2004. Chantant essentiellement en anglais, ils commencent à composer quelques titres, partageant la même passion de la musique. En un an, ils se retrouvent avec une vingtaine de chansons, dont  U-Turn (Lili) qui sera utilisée par le réalisateur Philippe Lioret, comme thème principal de son film Je vais bien, ne t'en fais pas. Ballade pop, aux détours sombres et mélancolique, U-Turn (Lili) connaîtra un succès permettant au duo de se faire connaître. En janvier 2007, paraît leur premier album Artificial Animals Riding On Neverland, aux forts accents pop, parfois post-rock, lorgnant vers le rock nébuleux d'Archive en conservant la délicatesse de Radiohead.

Simon Buret est chanteur, auteur, compositeur et Olivier Coursier, compositeur et arrangeur. Le duo français se dévoile au grand public avec un album à l'image de sa musique : sensible, charmante et sincère. L’album, aussi étrange qu’original, se présente comme un recueil d'ambiances sombres, intimistes et poignantes et un ton qui tourne à la mélancolie. Simon Buret conte le non-dit, les à-côtés du quotidien, il laisse place à l’essentiel et aux sentiments du souterrain dans ses textes.

Chose rare, de l’aveu de l’auteur lui-même, tous les textes sont autobiographiques : amour espéré, fantasmé, parfois contrarié, ou même trahi. Notons une reprise « Strange Fruit », dont l’une des interprétations les plus célèbres fut celle de Billie Holiday, qui décrit les lynchages couramment pratiqués aux Etats-Unis dans les années 30-40.

Citations : « Notre musique reflète le monde parallèle de chacun, le refuge où l’enfant intérieur panse le monde qu’il se doit d’endosser ».

 

 

Ø      Philippe

 

Titre de l’album : Hey Hey My My (2007)

Titre de l’extrait choisi : Don’t sell me now

Nom du compositeur ou de l’interprète : Hey Hey My My : Julien Garnier / Julien Gaulier

Genre musical : Pop Rock

 

Les deux Juliens se sont rencontrés à Bordeaux où ils ont partagé études et groupes divers avant de décider en 2005 de croiser le bois des guitares acoustiques dans Hey Hey My My, qui tire son nom d'une chanson de Neil Young parue en 1979. Cette chanson, que Neil Young refuse désormais de jouer depuis que Kurt Cobain en a cité les paroles dans la lettre retrouvée après son suicide, nous incite d'entrée à nous méfier des apparences à l'écoute de ces chansons printanières et mélodiques plutôt deux fois qu'une. Ici, le jeu de l'homonymie entre les deux Juliens est sans cesse contre balancé par la dichotomie entre la partition, en vacances au soleil, et les textes pluvieux et mélancoliques qui les accompagnent. Le groupe s'inscrit ainsi par la démarche, dans une certaine tradition pop, qui des Beach Boys à XTC, pour citer le haut du panier, cultive dans l'aigre douceur une certaine politesse du désespoir en estimant que ce n'est pas parce que l'on est au fond du gouffre que c'est une raison pour casser les oreilles de l'auditeur...

 

Ce premier album éponyme, qui fait suite à un EP dont il reprend d'ailleurs nombre de titres, offre donc une collection de chansons primesautières et mélodiques très agréables à l'écoute, notamment grâce à des voix et doubles voix très instinctives que ne renieraient pas nombre de groupes anglo-saxons. Il est d'ailleurs rassurant à ce propos de constater qu'enfin, après nombre d'erreurs, de reniements et de mauvaise foi, on accepte ici-bas de plus en plus volontiers le choix de la langue de Shakespeare chez les groupes français sans se poser de questions existentielles. Pendant une interminable période, ce penchant légitime fut en effet sacrifié au nom d'une prétendue exception culturelle, comme si la culture hexagonale ne passait que par le filtre des mots, alors que cela n'a jamais posé aucun problème à nos voisins belges, suédois, finlandais, suisses... Heureusement, certaines fortes têtes ont su très tôt s’affranchir de l'affreux Yé Yé sans lui demander son avis. Donné en guise de rock à la France des années 60 comme solde de tout compte, ce malentendu historique (je n’ose dire génétique) a contraint pendant trop longtemps des légions entières de groupes à chanter français sur un rock souvent rendu de ce fait désincarné, bancal et maladroit. Car l’exercice est, il faut bien le dire, très difficile, et l'essai, rarement transformé. Pendant ce temps, des artisans de l'ombre, qu’il faudra bien un jour réhabiliter et reconnaître pour ce qu’ils furent, ont produit dans des bas fonds tortueux rarement éclairés par le soleil de la reconnaissance trois générations de groupes. Bonne nouvelle : Hey Hey My My- qui peut être considéré parmi d’autres talents actuels comme une résultante de cette histoire souterraine et têtue- affiche désormais sans vergogne à la lumière, au travers de son pavillon pop rock, une attitude décomplexée bien naturelle que l’on attend désormais avec impatience de voir plus souvent et de plus en plus.

 

 

 

Par Bibliothécaires musicaux de Franche-Comté
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Mardi 25 mars 2008
  • Dominique et Aemilia

Sélection spéciale musiques des pays de l’Est

 

Titre : The continuing adventures of Taraf de Haidouks (DVD + CD)

Interprètes : Taraf de Haidouks

Label : Crammed discs (2005)

Extrait : DVD

Pays : Roumanie

 

Taraf est le nom traditionnel des groupes de « lautaris » (musiciens tsiganes roumains) et le mot « haidouks » signifie « brigands »

Instruments : cymbalum, violon, accordéon, flûte, contrebasse

Le cymbalum (Hongrie) est une cithare à caisse dont les cordes se percutent à l’aide de deux marteaux tenus chacun dans une main, instrument probablement dérivé du santur iranien.

La forme la plus courante actuellement possède une grande caisse de résonance trapézoïdale posée sur quatre pieds, ainsi qu’une pédale qui commande des étouffoirs.

Les membres du Taraf sont tous originaires du village roumain de Clejani.

La particularité de cette troupe tsigane est d’accueillir des artistes de 18 à plus de 70 ans.

Le groupe s’est formé en 1990 après la chute de Ceausescu.

Grâce a Stéphane Karo et Michel Winter, producteurs belges et Laurent Aubert , ethnomusicologue suisse, tous trois fascinés par le talent de ces musiciens , ils ont pu dépasser les frontières et connaître une carrière internationale.

 

Ce DVD est un régal. Il nous propose un concert filmé à l’Union Chapel (Londres), entrecoupé d’interviews de fans (Johnny Depp, Gabriel Yared…), ainsi que deux documentaires (l’un qui retrace la carrière des musiciens et leurs tournées, l’autre qui évoque l’enregistrement de l’album Band of gypsies) et des bonus (extrait de « Latcho drom »)

De véritables virtuoses qui naissent presque avec un instrument à la main. L’apprentissage se fait par l’écoute. Pas de solfège mais la musique est au cœur de leur vie !

 

Autres CD à la BDP

Band of  gypsies (2001)

Honourable brigands, magic horses and evil eye (1994)

Maskarada (2007)

 

Titre: The Mother of gypsy land

Auteur-compositeur-interprète : Ljiljana Buttler

Label : Snail records

Extrait : Ashun daje mori

Pays : Serbie

 

Ljiljana Buttler, née Ljiljana Petrovic à Belgrade en 1944 d’un père accordéoniste et d’une mère chanteuse, était une star de la chanson avant la guerre entre les anciennes républiques de Yougoslavie.

Après avoir déménagé dans le Nord de la Bosnie, Ljiljana accompagne sa mère dans les cafés, les restaurants. A 14 ans, elle se retrouve seule, part pour Belgrade et continue de chanter dans les restaurants. Petit à petit elle crée son propre style et on la reconnaît à sa voix grave si particulière.

A la fin des années 70 elle devient l’idole des intellectuels et des artistes yougoslaves. Les gens l’appellent alors  « La Mère de l’Âme gitane».

Mais à la fin des années 80, refusant tout système commercial et rejetant la musique occidentale moderne, elle quitte la Yougoslavie et s’installe en Allemagne où elle mène une vie ordinaire.

En 2000, Dragi Sestic (producteur de cet album), est bouleversé par l’écoute d’une vieille cassette chez ses parents à Mostar et fait tout pour retrouver l’artiste : persuasif, il réussit à convaincre Ljiljana Buttler de réenregistrer.

 

On dit d’elle qu’elle incarne le sevdah (ou sevdalinka).

 « Chant de Bosnie venant de Turquie. Le mot a des origines arabes et veut dire amour, extase, désir. C’est aussi un mot qui, en médecine, désignait la bile noire, bile influant sur les humeurs. C’est effectivement un chant qui exprime les émotions liées à l’amour, mais souvent un amour désespéré, impossible, meurtri.

Le sevdah s’est chanté traditionnellement sur accompagnement du luth saz : il se chantait en petits comités dans les familles musulmanes.[…] Le style a évolué avec le temps s’ouvrant aux accordéons, violons, clarinettes et guitares. Mais le sevdah est resté une musique de sentiment qui s’est répandue dans toutes les couches de la société […] . » (définition dans « Dictionnaire thématique des musiques du monde » / E. Bour)

 

Autre CD à la BDP :The legends of life (2005)

 

Titre : Les Mystères des voix bulgares (vol.1)

Label : Disques Cellier

Extrait : Erghen diado (chanson de Schopsko avec tapan et cuillères)

Pays : Bulgarie

 

Ignorant l’harmonie occidentale jusqu’au 20e siècle, ce chant millénaire qui a développé sa propre polyphonie s’est tenu éloigné de la musique de divertissement et de la chanson occidentale « à la mode », gardant ainsi sa splendeur expressive d’origine. Chanté par les jeunes filles des campagnes bulgares qui n’ont pas de connaissances en solfège, le chant bulgare est un art syncrétique : éléments archaïques, liturgie byzantine, chant populaire, récits épiques, histoires héroïques, complaintes…

A écouter les yeux fermés, en vous laissant envoûter…

 

Titre de l’album : Une fanfare tsigane

Interprètes : Kocani Orkestar

Label : Long Distance (1994)

Extrait : Romski Cocek

Pays : Macédoine

 

Fanfare gitane macédonienne, elle propose des interprétations originales du répertoire traditionnel. Ces musiciens ont absorbé une multitude de styles, tout en respectant l’origine orientale de la musique des Balkans.

Cet extrait est inspiré d’une danse orientale traditionnelle de la femme : cocek.

Instruments : cornet, trompette, saxophone, clarinette, tubas, tuba basse, accordéon, grosse caisse, darbuka.

 

Titre de l’album : Gyi !

Interprètes : Besh o drom

Label : Szerzoi magánkiadás (2004)

Extrait : Fidóé (plage 5)

Pays : Hongrie

D’influences très diverses (musiques juive, transylvanienne, afghane, égyptienne, roumaine, bulgare, libanaises, grecque …), ce groupe hongrois jongle avec une multitude de styles, en mélangeant instruments acoustiques et électroniques. 

Revisitant la musique populaire tsigane, hongroise et balkanique, cet album éclectique dont aucun morceau ne se ressemble, comporte quatre instrumentaux et six vocaux. Un album énergique et festif et un véritable bain de jouvence de la musique hongroise !

Ecoutez la guitare d’inspiration manouche dans l’extrait proposé.

 

Titre de l’album : Kayah i Bregovic

Interprètes : Kayah et Goran Bregovic

Label : Zic Zac (1999)

Extrait : Spij kochanie, spij

Pays : Pologne

 

Kayah est une des chanteuses (à la fois compositeur et interprète) les plus populaires de Pologne. Honorée plusieurs fois par le plus prestigieux prix musical polonais, le Frederyk, Kayah est une véritable star dans son pays.

En 1999, le compositeur d’origine serbo-croate Goran Bregovic, mondialement connu pour les musiques de film qu’il a composé pour Emir Kusturica, s’associe avec la chanteuse pour un album dont le succès lui a permis de dépasser les frontières polonaises. Sur des compositions bien connues de Bregovic, Kayah impose sa voix chaude et énergique et son charisme hors du commun.

 

Titre de l’album : Comptines et berceuses de Babouchka : 29 comptines slaves

Éditeur : Didier Jeunesse (2006)

Extrait : Raz, dva, lioubliou tiébia ! et Spi, mladiéniéts, moï priékrasnyï

Pays : Russie

 

Dans la collection Comptines du monde (Un livre, un CD), Didier Jeunesse nous propose un voyage musical dans les comptines et les chansons enfantines de différentes régions du monde. Après l’Afrique Noire, le Maghreb, le Brésil et le Portugal, les îles créoles, l’Asie et les traditions juives, cap sur les pays d’Europe de l’Est.

29 comptines et berceuses de Russie, Pologne, République tchèque, Ukraine, Slovaquie et Biélorussie, chantées par des adultes et des enfants, nous enchantent par leur rythme, leur accompagnement musical (violon, balalaïka, cymbalum…) et les sonorités mélodieuses des langues slaves.

« Raz, dva, lioubliou tiébia ! » (« Une, deux, je t’aime ! ») est une chanson d’amour en forme de comptine, métaphore de la rencontre amoureuse. L’orchestration entraînante mêle balalaïka, instrument à trois cordes de la famille des luths, accordéon et sopilka (flûte ukrainienne).

« Spi, mladiéniéts, moï priékrasnyï » est une très célèbre berceuse cosaque (les cosaques, tribus semi-nomades à l’origine, constituent l’une des composantes historiques du peuple russe et sont restés célèbres pour leurs qualités combatives) écrite par Mikhaïl Iourievitch Lermontov, un des grands écrivains romantiques russes.

 

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  • Chantal

Titre de l’album : Bijoux et babioles

Titre de l’extrait choisi : Casseroles et faussets.

Nom de l’interprète : Juliette

Genre musical : Chanson française

Label : Polydor 530535-7

 

Petite femme rondelette avec des lunettes rondes, Juliette Noureddine est née à Paris en 1962. Elle écrit paroles et musiques de la plupart de ses chansons. Elle a pour cela une recette, exposée à la fin de l’album Bijoux et babioles qui est sorti début février 2008.

Si vous le pouvez, allez la voir en concert, vous rirez beaucoup. Absurde à souhait. L’ambiance est tour à tour jazzy et style fanfare. Un mélange de mélodie traditionnelle et d’orchestration classique est tout à coup interrompu par une chanson accompagnée à l’accordéon ou au piano par Juliette elle-même.

Elle ne joue pas à l’intellectuel et ne cherche pas à passer de grands messages. Elle est opposée au racisme et à la méchanceté, sans que ce soient des thèmes récurrents. On sent cependant une vraie culture, aussi bien musicale que littéraire. Elle a baigné dès l’enfance dans un milieu musical, son père était saxophoniste. Elle a fait des, études de lettres et de musicologie. Elle n’hésite pas à emprunter un thème classique, un texte en latin, un «continuo » de Rossini (« Petite messe solennelle », à la gloire du vin !)

La chanson choisie n’échappe pas à l’humour de Juliette. Elle se moque en chantant faux exprès de ceux qui chantent « à tout hasard jamais vraiment un bécarre, jamais vraiment un bémol ». 

 

  • Anne-Marie A

 

Titre de l’album : La Tradition du Quadrille

Titre des extraits choisis : Figures « pantalon » puis « poule » puis début entretien avec Négoce.

Nom de l’interprète : Negoce, accordéon et Signature, ens. vocal et instrumental.

Genre musical :  Musique traditionnelle - Guadeloupe, quadrille

Label Ocora Radio France

Prix France Musique des musiques du monde 2006

 

Un disque enregistré dans la salle de bal de Sainte-Anne en Guadeloupe.

Le quadrille de la Guadeloupe est une danse syncopée, dérivée du quadrille européen, dont l’instrumentation inclut violon, accordéon, guitare, banjo, percussions.

Celui qui est présenté dans ce disque est un quadrille dit « au commandement », c’est celui de Grande-Terre. L’ordonnancement des parcours et des figures est rappelé aux danseurs au fur et à mesure que la danse se déroule.

On peut lire sur le livret « Le quadrille de Grande-Terre, issu de danses du XVIIIe siècle européen mêlées à la sensibilité africaine, représente plus qu’un simple divertissement et accompagne la vie des Guadeloupéens jusqu’à aujourd’hui. Cette musique créole, aux mélodies riches et fortement rythmées, voit en Négoce et Signature l’un de ses meilleurs représentants. »

La danse étant très en vogue dans les salons parisiens, elle fut vite adoptée par les planteurs de la Guadeloupe qui suivaient de près les caprices de la mode française. Ils se mirent aux leçons dispensées par des maîtres à danser. Les mulâtres et les Noirs libres firent de même. Les esclaves, souvent des domestiques, apprirent en regardant les maîtres quand ils les servaient pendant les leçons de danse, ou lors des bals quand ils faisaient office de musiciens.

Reynoir Casimir, dit Négoce, est l’un des meilleurs accordéonistes de quadrille au commandement dans le style de Grande-Terre. Son ensemble de musique traditionnelle, Signature, est spécialisé dans ce type de quadrille, c’est un orchestre de bal.

Ce plaisir de danser est communicatif, les figures de danses intitulées « pantalon , « été », « poule », « pastourelle » stimulent sans difficulté notre imagination ! Elles montrent l’origine rurale de ce style chorégraphique. Et la voix de Béatrice Noyer au commandement est bien ferme et chantante.

Dans ce disque on peut aussi entendre des biguines, mérenguée, valse, marche.

« La musique ça fait oublier nos soucis !, la musique c’est une question d’amour ! » dit Négoce dans l’entretien qui lui est consacré et où il explique les 4 figures du quadrille. Un vrai bonheur !

Un document indispensable pour la transmission des traditions.

 

  • Jean-Claude

 

Titre de l’album : "Not just another Diva" - "He takes my soul"

Nom de l’interprète : Denise Allen

Genre musical : Blues

 

Je vous ai fait écouter un extrait d'une très belle voix et pas très connue : celle de Denise Allen (chanteuse  américaine).
Il est assez inhabituel de trouver des chanteuses comme elle, dont la qualité et la puissance émotionnelle de la voix charment aussi bien le fan de Rock'nroll que le passionné d'une musique plus traditionnelle, celle qui plonge ses racines dans le blues et le gospel. 
Une  créativité insatiable et un amour profond de la musique s'expriment avec la même présence, dans une large palette de styles. Ses albums "Not just another Diva" et "He takes my soul" sont une superbe manifestation de cette fougue ! Denise Allen, avec sa sensualité raffinée et courageuse nous offre un univers chaleureux, cohérent et authentique ; sans fioritures ni tricherie, mais tout en subtilité et en nuances, sa voix sait nous guider dans l'univers magique de nos rêves...

Je ne pense pas qu'on puisse se procurer ces 2 albums chez les disquaires de l'hexagone, mais je vais essayer d'obtenir de son agent en France (que je dois appeler) de pouvoir garder à la BDP ces disques qu'ils nous a envoyés dans le but de promouvoir la tournée de la chanteuse en France... à suivre

 

  • Philippe

 

Titre : Senses working overtime

Album : à l’origine, English Settlement (1982), en l’occurrence, la compilation des singles CD « Fassil Fuel ».

Nom du compositeur ou de l’interprète : XTC, Andy Partridge

Genre musical : Extase pop, comme son nom l’indique.

 

Formé à Swindon, Angleterre, aux environs de 1976, 1977 ou 1978 selon les sources, quatuor du babillage à l’adolescence, trio dans son âge du milieu et enfin duo dans son automne prolongé par la maturité, XTC est un groupe scandaleusement méconnu qui mérite pourtant tous les honneurs, y compris celui de la célébrité éternelle, carrément. Titulaire d’une horde de fans de tous horizons mordus jusqu’à la moelle et partant, inspirateur de légions de groupes plus ou moins fameux au sens français comme au sens anglais du terme, les deux têtes pensantes d’XTC sont surtout les responsables prolixes d’une armée de morceaux imparables injustement ignorés des ondes et du reste. Pourtant, ce n’est pas faute d’être constants dans l’effort, puisqu’il leur arrive d’aligner parfois à la suite une bonne dizaine de tubes potentiels sur un même album, sans sacrifier pour autant ni leur exigence têtue de la perfection, ni leur quête du graal pop, mais en vain…

Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter leur dernier album en date Wasp Star, daté de 2000. Oui, malédiction poissarde oblige, et qu’on le veuille ou non, XTC est l’un de ces groupes dont on connaît tous au moins un morceau (Making Plans for Nigel – leur seul vrai hit français à ce jour) sans savoir qu’il est de lui, et une foule d’autres choses que l’on attribue à d’autres, puisqu’elles ont été piratées sans vergogne par des jeunots férus d’archéologie vinylique plus inspirés en marketing (Blur, par exemple, qui s’est bien gardé de l’avouer).

Nous voilà donc, tels des Mr Jourdain amateur de musique pop, portés à apprécier XTC sans le savoir, car il faut bien l’avouer, ce que l’on aime souvent chez leur descendance, c’est ce qui vient de là, sans que ça vienne du blues… ou si vous préférez, pour s’achever dans la paraphrase douteuse, on a tous quelque chose en nous de extici , si l’on respecte la prononciation d’origine. Il n’empêche que les raisons de cet insuccès constant mériteraient que l’on rouvre l’enquête, d’autant plus que la plupart de leurs albums à partir de 1979 s’écoutent encore plutôt bien, et qu’aucun ne ressemble ni à son avant, ni à son après. English Settlement, double album dont est extrait Senses working overtime présenté ici, reste encore, 25 ans après sa parution, un tour de force magistral, liant à la sauce XTC influences aigres ou douces de tout bois et de toutes essences (folk et rock anglais, Moyen Age, musique orientale et africaine) et les faisant monter en neige sans le moindre grumeau pour aboutir après cuisson à une meringue légère et fondante de sonorités printanières à dominante acoustiques (percussions comprises) jamais entendues jusqu’alors.

Sept autres albums ont suivi depuis, dont 3 minimum valant le même détour que celui exposé ci-dessus, et ce sans compter les brouillages de pistes divers auxquels nous ont habitué les 4 puis 3 puis 2 compères (faux groupe 60’s poussiéreux soi-disant exhumé d’où on ne sait quelle cave, 45 tours de noël sous pseudo potache et barbe postiche, collaborations de tous poils, productions de toutes plumes, et vice et versa, ce ne sont pas les masques ou les culs de sac qui manquent). A ce propos, à toutes fins utiles de défrichage et/ou de poursuite de quête, on pourra se reporter à la très bonne biographie synthétique rédigée pour le webzine popnews (http://www.popnews.com/popnews/oldies/xtc/) ou aux pages 2181 à 2188 du Dictionnaire du Rock de Michka Assayas.

 

  • Irénée

 

Titre de l’album : Adore

Titre de l’extrait choisi : Ava adore

Nom du groupe : Smashing Pumpkins

Genre musical : grunge, rock, et pop.

 

Quatrième album de ce groupe américain de Chicago, Adore fut tièdement accueilli par les fans (purs et durs) des premiers albums des Smashing Pumpkins (Citrouilles éclatantes ou fracassantes) .

Formé à l'origine en 1988 de Billy Corgan (chanteur, guitariste, compositeur et qui incarne presqu'à lui tout seul le groupe), Jimmy Chamberlin (batteur), James Iha (guitariste) et D'Arcy Wretzky (basse), le groupe va passer d'une musique mélangeant grunge, rock, et pop avec pour caractéristique la présence de boucles de guitares au son déformé ; à une musique beaucoup plus électronique, où les synthétiseurs sont plus présents.

Le son des Smashing n'est pas facile à définir car Corgan cherche toujours l'évolution, mais c'est assurément un groupe qui mérite d'être dans toutes les bonnes discothèques car il a marqué les années 90 et a su conserver un style qui fait de lui une source d'inspiration pour bon nombre de formations de rock/pop alternatif.

 

PS : autres albums à écouter Siamese Dream, Mellon collie and the infinite sadness, Zeitgeist (album de 2007)

 

  • Elise

 

Titre de l’album : East of Angel Town (2007)

Nom du compositeur ou de l’interprète : Peter Cincotti

Genre musical : jazz

 

Peter Cincotti (1983-...) est un auteur, compositeur et interprète new-yorkais de jazz (de 24 ans). Son premier album éponyme est paru en 2003, il y reprend des grands standards de jazz. Dans son deuxième album On the Moon  qui paraît en 2004, il nous propose ses propres compositions de jazz.

Son dernier album East of Angel Town lui permet d'être réellement connu en-dehors des Etats-Unis. C'est un album qui explore différents styles musicaux en mélangeant jazz, blues, pop, rock et funk. Il y évoque son amour de la ville de New York, la solitude, le monde séduisant de Los Angeles, ... Un album très sympa où l'on peut s'extasier de son talent pour le piano!

 

 

 

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