Ø Chantal
Titre de l’album : Golden Brass Summit. Fanfares en délire.
Titre de l’extrait choisi : Psenicice sitno seme.
Nom du groupe : Boban Markovic Orchestra.
Genre musical : Fanfares avec trompettes. Musique traditionnelle : Balkans.
Label : Network, 2001
Album de la BDP - Double CD.
Il s’agit de 2 CD de compilations du festival de Guca, plus grand festival de Serbie.
A Guca, petite ville qui attirait les touristes par la qualité de son air pur, la vie était monotone… En 1961 fut organisé un grand concours de
trompettes. Les trompettistes devaient jouer 4 morceaux : deux de leur choix et deux imposés. Le succès fut au-delà des espérances et le Président du jury, Miodra Vasiljevic déclara que
désormais « les trompettes populaires [étaient] sauvées de la disparition.
Puis la période difficile des années Tito vit la lutte contre le folklore et tous les rassemblements populaires qui ne répondaient pas aux normes
patriotiques de la propagande communiste. Le festival subsista mais les morceaux imposés devaient être à la gloire de Tito. Les marches étaient alors des morceaux patriotiques « pour motiver
le peuple au travail agricole » écrit Ilija Stankovic, à l’origine de cette compilation.
Quelques passages sont accompagnés de chant. Ce n’est pas la majorité. Les danses traditionnelles serbes, appelées « kolo » et
« cocek », sont joyeuses. Les rondes célébraient la vie, la fête, les mariages, pour le plaisir, pour la gaieté. Jamais elles n’évoquent la guerre.
Le groupe vainqueur du festival était assuré de gagner beaucoup d’argent car il trouvait beaucoup d’engagements pour les grands mariages.
Le patrimoine culturel que constituaient les enregistrements de toutes les années de festival fut en grande partie perdues. Ces deux CD
représentent un travail important de recherches et de remises en état.
Naturellement les morceaux patriotiques imposés ne font pas partie de ceux retenus sur ces disques.
Ø Nathalie
Titre de l’album : Chants yiddish
Titre de l’extrait choisi : Yankele
Nom du compositeur ou de l’interprète : Ben Zimet
Genre musical : Musiques du monde
J’ai écouté Ben Zimet cet été lors d’un festival de conteurs dans le Limousin. Sa présence sur scène, son humour et sa voix bien sûr, m’ont
beaucoup touchée. Accompagné d’un très bon guitariste, il a alterné contes et chansons.
Né à Anvers de père polonais et de mère allemande, « nourri du passé juif de l’Europe Centrale, Ben Zimet a longtemps voyagé avant de
s’installer en France. Dans les années 60, Ben Zimet se met à chanter en yiddish et retrouve ainsi une partie de ses racines. C’est en 1980 qu’il conte pour la première fois en public.
Son art s’abreuve à trois sources : les références bibliques ; le monde de Khelm, petite ville de Pologne et lit de l’humour
juif ; les références « hassidiques ». Pour lui, le yiddish est le « breton des juifs » !
Le disque écouté était le seul présent à la BDP lors du comité d’écoute. Mais je vous en propose d’autres et surtout un excellent et émouvant
« Talila et Ben Zimet chantent en yiddish : Enfances » sorti en 1991.
Ø Sophie
Titre de l’extrait choisi : Concerto pour deux
pianos
Nom du compositeur ou de l’interprète : Poulenc
Genre musical : musique classique
Francis Poulenc (1899-1963) était un compositeur autodidacte, il était l'un des membres du fameux "groupe des Six" (avec Honegger, Auric,
Tailleferre, Milhaud et Durey).
Son style mêle légèreté et mélancolie, traits d'esprit et gravité
Le concerto fut écrit en 1932 à la commande de la princesse de Polignac et applique l'adage "deux c'est mieux qu'un".
Le 2ème mouvement écouté commence comme un hommage à Mozart mais Poulenc ne tarde pas à brouiller les pistes.
Ø Anne-Marie A
Titre de l’album : Mi Sueno
Titre de l’extrait choisi : Melodia del rio et Copla Guajira
Nom du compositeur ou de l’interprète : Ibrahim Ferrer, chant ; Roberto Fonseca, piano…[et
al.]
Genre musical : Musique populaire : Cuba ; Boléros (musique)
Ibrahim Ferrer était un grand monsieur. Chanteur cubain né en 1927, il est décédé le 6 août 2005, le 02 août il donnait encore un concert au
festival de jazz in Marciac. En 1997 il a enregistré 12 des 14 titres du célèbre CD « Buena vista social club ».
Il a toujours rêvé d’enregistrer un album entièrement consacré au boléro (cubano), chanson sentimentale cubaine, tendre et romantique. On lui
disait pourtant sans cesse que le timbre de sa voix n’était pas adapté à ce style mais il a quand même vivement souhaité enregistrer ce disque (l’enregistrement n’était pas complètement terminé
mais il a demandé sur son lit de mort que l’on publie cet album) et c’est une grande réussite.
De tendres mélodies sur lesquelles on a envie de danser langoureusement !
Il est accompagné par des géants du piano : Roberto Fonseca et Ruben gonzalez.
Titre de l’album : Lobo solitario
Titre de l’extrait choisi : Noctambulo
Nom du compositeur ou de l’interprète : Pepe Linares
Genre musical : Flamenco
J’avais envie de vous faire partager un des meilleurs moments musicaux de mon été !
C’était à Nîmes à l’occasion des « jeudis musicaux de Nîmes » et j’assistais avec ma fille à un spectacle flamenco (danses + chant +
guitare), magnifique, moment magique qui donne la chair de poule. La façon dont le chanteur vous offre son chant, sa musique, sa passion en écartant les bras, en ouvrant les mains vers
vous ! Ouah ! Et l’énergie que communique les danseurs…
Le chanteur en question, Juan El de la Alpujarra, venait de Marseille et était invité par Pepe Linares, chanteur de flamenco andalou, qui nous a
offert un très beau moment final.
Alors j’ai souhaité vous faire connaître ce « Pépé » du flamenco qui a un charisme étonnant.
Pepe vient de Linares, il s’installe à Nîmes en 1968 où il est maçon le jour et où il chante le flamenco la nuit. On l’écoute et c’est le
« duende » qui nous saisit, ce sentiment âpre et tragique que cet interprète sincère, chaleureux et généreux nous communique.
Il a enregistré plusieurs disques. Dans celui que j’ai présenté il s’est entouré de nombreux musiciens et chanteuses. Les chœurs qui l’accompagnent
donnent un peu de douceur à ce flamenco souvent noir et désespéré, ça n’est pas désagréable à mon goût, mais cela peut paraître moins authentique et déranger un peu (selon la remarque tout à fait
juste de Sophie du comité qui a cité comme référence incontournable le grand « Camaron De La Isla » dit aussi « la crevette »).
Ø Philippe
Titre de l’Album : Les Chansons d’amour
Titre de l’extrait : Je n’aime que toi
Interprètes : Les acteurs du film (Louis Garrel - Ludivine Sagnier – Chiara Mastroianni - Grégoire Leprince-Ringuet – Clothilde
Hesme)
Compositeur : Alex Beaupain
Genre : Musique de film ou l’inverse.
Label : Naïve 2007
Alex Beaupain, franc-Comtois d’origine bisontine né en 1974 avait déjà fait parler de lui en 2005 avec un premier album remarqué mais finalement
peu goûté du (grand) public. Qu’importe (qu’il pleuve sur Kennedy Airport), celui-ci bénéficiera d’une seconde vie au profit du film de Christophe Honoré, donné un moment favori pour la
palme d’or de Cannes 2007. En effet, cette troisième collaboration entre les deux hommes reprend pour l’essentiel le contenu de Garçon d’honneur réenregistré pour l’occasion avant le
tournage et augmenté d’une phalange de nouvelles compositions. Ces chansons sont d’ailleurs au propre comme au figuré le noyau dur du film, qui aborde avec pudeur, finesse et sans atermoiements,
l’épreuve du deuil. Grâce à elles, le film en dit bien plus long qu’au travers d’un jeu de dialogues classique et permet au spectateur/auditeur d’aiguiser en profondeur sa perception des
personnages. Ce procédé d’a priori - qui des chansons ou du film illustre l’autre ?- fait aussi écho au brouillage de pistes constitué par le film lui-même, estampillé, on ne sait trop
pourquoi, «comédie musicale», compte tenu de la gravité du sujet.
Des parapluies de Cherbourg ou d’Epinal, Les chansons d’amour, n’ont d’ailleurs gardé que l’idée du mauvais temps. Il pleut des
cordes sur le génie de la place de la Bastille … et sur les rêves qui s’évaporent. Désincarnées dans l’écoute et orphelines d’images, les chansons d’amour auraient pu
n’être qu’une coquille vide arpentée maladroitement par les interprétations honnêtes mais parfois approximatives des acteurs, mais non. La qualité de l’écriture et la sincérité de l’entreprise
sauvent la mise avec constance sur quasiment tout le parcours. Les textes, adultes et ficelés avec élégance aux antipodes d’un romantisme naïf de béni oui-oui endimanché, apprécient d’autant plus
dans nos oreilles d’être libérés du scénario pour se faire ballotter sur les partitions. Tour à tour éprouvés par des riffs de guitare orageux ou éclairés par quelques gouttes de piano avant
d’être enlacés par des averses de cordes, ils donnent aussi à l’écoute un ton quasi hypnotique à ces ritournelles de conséquences dont il est difficile de se détacher.
Ø Anne-Marie H
Titre du DVD : Le Bourgeois
Gentilhomme
Titre de l’extrait choisi : Le Ballet des Nations
Nom du compositeur ou de l’interprète : Molière et Lully, Le Poème harmonique, Vincent Dumestre,
dir.
Genre musical : comédie-ballet
Titre du DVD : Les Paladins
Titre de l’extrait choisi : Entrée des pèlerins
Nom du compositeur ou de l’interprète : Rameau, Les Arts Florissants, William Christie,
dir.
Genre musical : comédie lyrique
C’est en 1670 qu’est donnée la 1ère représentation du Bourgeois Gentilhomme, devant le Roi à Chambord. C’est l’une des
comédies-ballets que l’on doit à la collaboration de Molière et de Lully. Elle n’est pas très souvent jouée car elle nécessite , outre les comédiens, des musiciens et des danseurs. En 2004,
Vincent Dumestre, directeur artistique et chef du Poème Harmonique, Benjamin Lazar, metteur en scène, et Cécile Roussat, chorégraphe, choisissent de donner la version la plus proche possible de
la représentation originelle : Les comédiens « chantent » le texte dans la prononciation restituée du Français du XVIIème siècle, les musiciens et les danseurs adoptent les codes
de la musique et de la danse baroques ( cf l’importance de la position des mains pour les chanteurs). Le tout est admirable et nous donne une idée de ce que pouvait être le théâtre français,
classique et baroque, en même temps. Et nous pouvons constater la place majeure qu’avait la danse à cette période.
90 ans plus tard, en 1760, Rameau compose un opéra- ballet : Les Paladins.
Le livret n’a pas une importance considérable, il est tiré d’une œuvre de La Fontaine et évoque les amours contrariées d’une jeune fille, Argie,
aux prises avec un tuteur-barbon, amoureux d’elle, éprise d’un beau Paladin ( ?), Atis.
C’est William Christie et Les Arts Florissants qui interprètent l’œuvre avec le même plaisir que dans Les Indes Galantes dont nous avons déjà
parlé.
La mise en scène est due au vidéaste et chorégraphe José Montalvo. Les danses ont été conçues par José Montalvo et Dominique Hervieu. L’ensemble,
très enlevé, est un régal pour les oreilles et les yeux. Les chanteurs sont capables aussi de danser et ils sont doublés par un danseur malicieux. Tous les vocabulaires de la danse sont
présents : classique, hip- hop, break dance, danse acrobatique… La vidéo est inventive, délirante et joyeuse. Manifestement, tout le monde est heureux d’être là et de contribuer à cet
enchantement.
Pour ceux qui pensent que l’opéra baroque français est nécessairement ennuyeux, c’est un démenti total et particulièrement réjouissant ! A
consommer sans modération !
Ø Colette
Titre de l’album : Chants de glace
Enregistré, mixé et réalisé par Boris Jollivet, accompagnement sonore : Thomas Jecker et Florent
Tissot.
Genre musical : Sons de la nature
Distribué par l’Oreille verte
Une nuit glaciale, tout se fige et blanchit. Le silence…
Une lueur sur la crête, murmure de dégel. Le soleil…
Une rencontre entre glace et soleil, un événement sonore exceptionnel et rare saisi lors du « bullage » des lacs jurassiens et vosgiens.
Lorsque les lacs sont entièrement pris par la glace et non recouverts de neige, ils produisent des sons étonnants, au moment de forts changements de température, quand le soleil glisse sur la
surface gelée, la glace travaille, se fissure.
Les sons qui en ressortent sont inouïs, et les craquements produits par ces fissures résonnent sur la masse de glace telle « une peau de percussion
». Certains sons peuvent s’entendre à plus d’un kilomètre.
Ce disque a été primé par France Culture, Radio France et le concours international du meilleur enregistrement sonore. Certaines plages sonores
sont accompagnées de musique.