Mercredi 23 mai 2007
Coups de cœur du comité
CD-audio : Jawhar “When rainbows call my rainbows fly”
DVD musical : Rameau “Les Indes galantes”
 
Anne-Marie A
Titre de l’album : Com Tradiçao
Titre de l’extrait choisi : Com tradiçao
Nom du compositeur ou de l’interprète : Marcio Faraco
Genre musical : Musique du monde : Brésil
 
L’année dernière, à la même époque, je vous présentais déjà Marcio Faraco avec son 2ème album Interior . Aujourd’hui, par pur hasard, je vous le présente à nouveau mais avec son 3ème album (2005), toujours aussi bien, toujours si agréable à écouter, relaxant… Installé en France depuis 1991, il demeure un brésilien de l’extérieur, un "exilé poétique" comme il dit !
Ce troisième album a été enregistré principalement à Rio avec une bonne bande de caïds du cru, plus, à l’occasion, ses complices parisiens. Márcio a voulu prendre le contre-pied de l’album précédent, fait d’un bloc. Là il alterne ballade délicate et samba régénérante.
On retrouve entre autre Hamilton de Holanda au bandolim.
Extrait choisi :
“La contradiction existentielle de la samba, c’est les mots tristes sur tempo joyeux et enlevé. Je raconte le paradoxe du percussionniste fou de joie pendant le défilé du Carnaval, qui tape à s’en faire saigner”. Cette samba presque éthérée est tout au long guidée par deux clarinettes, celle, onctueuse, de Paulo Sergio Santos, qui passe le témoin à celle, plus énergétique, de Cacau de Queiroz.


Titre de l’album : When rainbows call my rainbows fly
Titre de l’extrait choisi : The road up
Nom du compositeur ou de l’interprète : Jawhar, chant, guitare acoustique et oud
Genre musical : ballade folk
 
Couleur et poésie, élégance et sobriété, Jawhar se trace une voie originale et un type de chanson que certains qualifient de folk/world aérien. "Une véritable fusion acoustique assez ahurissante entre musique arabo-andalouse du meilleur cru, jazz éthéré et folk songs mélancoliques qui s’avance à pas feutrés et à laquelle laisse place notre silence abasourdi". (Presto !). Jawhar vient de Tunis, il est aujourd’hui installé à Lille.
Le comité lui a décerné le coup de cœur cd-audio. Chouette !


Iré
née
Titre de l’album : Monsieur Gainsbourg revisited
Titres des extraits choisis : Le poinçonneur des lilas : just a man with a job par The Rakes ; Requiem pour un con : Requiem for a jerk par Faultine, Brian Molko & Françoise Hardi ; Ces Petits riens : Those little things par Carla Bruni
 
Cet album hommage à Serge Gainsbourg comprend 14 versions anglaises des plus célèbres chansons de l'auteur compositeur. Les artistes présents sur le disque ne sont pas des seconds couteaux puisqu'on retrouve Tricky, Placebo, Portishead, Franz Ferdinand pour ne citer que les principaux. Les interprétations sont de grande qualité et d'une grande modernité (d'où la mention revisited), le tout se laisse écouter avec un très grand plaisir.


Cyril
Titre de l’album : "Ils chantent Brassens" : compilation de reprises de Georges Brassens sorti en 1996, réédition de Chantons Brassens (sorti en 1992) avec 4 titres supplémentaires.
Titre de l’extrait choisi : Les Funérailles d’antan
Nom du compositeur ou de l’interprète : Chanson Plus Bifluorée : Michel Puyau : chant, guitare, Sylvain Richardot : chant, piano, guitare, dulcimer, Xavier Cherrier : chant, Robert Fourcade (décédé en 2005) jusqu'à la fin 1997, période à laquelle il se dirigea vers une carrière solo.
Les arrangements sont de Joël Favreau.
Genre musical : Chanson française
 
En 1996, lorsqu’on décide de rééditer l’album "chantons Brassens" sorti en 1992, on se dit qu’un tel hommage ne peut pas être complet sans la participation de l’inclassable groupe français Chanson Plus Bifluorée. Quatre reprises sont donc ajoutées, dont Les Funérailles d’antan interprétée par le trio humoristique souvent plus adepte des parodies. Mais ici, nul besoin de traficoter les paroles : le maître Georges a concocté une fois de plus un texte léger et profond, joyeusement fataliste et tellement jouissif qu’il n’y a rien à changer. L’apport de Chanson Plus Bifluorée est musical. Et quel travail ! A l’heure où n’importe qui reprend n’importe quoi n’importe comment, par manque de talent et/ou besoin ( !?) d’argent, il est formidable d’écouter un réel hommage, une réappropriation humble et désintéressée, dont le seul but est de nous faire redécouvrir un petit bijou en gardant l’esprit de Georges. Les voix, les contre-chants, les onomatopées sont impeccables, et c’est sans doute pour ça que Les Funérailles d’antan se trouve en première position sur l’album ! A écouter sans modération.

 
 
Pierre
Titre de l’album : Chet Baker 1953 – 1974
Titre de l’extrait choisi : Autum leaves
Nom du compositeur ou de l’interprète : Chet Baker/trompette - Paul Desmond/saxophone alto - Steve Gadd/ batterie - Bob James/ piano - Roméo Penque/ clarinette et flûte -Ron Carter/ basse...
Genre musical : jazz
collection : Colombia jazz
 
Chet Baker : trompettiste, bugliste et chanteur né le 23 décembre 1929 et mort à Amsterdam le 13 mai 1988.
Il s'engage dans l'armée en 46 et c'est à Berlin qu'il découvre le be-bop (D. Gillespie, Ch. Parker...) et les orchestres modernes blancs de l'époque.
En 1951, il déserte et se fait réformer pour inadaptabilité à la vie militaire...Il joue ensuite avec Stan Getz, G. Mulligan et C. Parker. A partir de 55, il enregistre beaucoup et avec les plus grands. Sa dépendance à l'héroïne se fait de plus en plus intense et ses ennuis avec la justice sont largement couverts par la presse à scandales.
En 66, de retour aux USA, il est agressé par des dealers (mâchoire fracturée, nombreuses dents cassées...) Après une longue traversée du désert et plusieurs années de réapprentissage, il remonte sur scène en 1973.
De 1975 à sa mort, Chet Baker enregistre abondamment aux USA et en Europe. Ses nombreux voyages s'achèvent par une mystérieuse chute de la fenêtre de son hôtel, survenue après la prise d'importante quantité de drogues.
Son jeu caractéristique semble souvent à la limite de la rupture; il maîtrise surtout à merveille l'art de la ballade et ses impros restent dans le registre médium, proche de la tessiture vocale.
 
 
Nathalie
Titre de l’album : Entre le zist et le zest
Titre de l’extrait choisi : Les bavards
Nom de l’interprète : Alain Schneider
Genre musical : Chansons pour les enfants et pour les parents
 
Alain Schneider, originaire des Vosges, est auteur, compositeur, interprète. Sa maman institutrice l’initia au piano ; ils se prit assez tôt de passion pour la poésie. Il travailla un temps chez un éditeur de musique. On le retrouve quelques années plus tard, à Paris, compositeur et arrangeur pour des documentaires, des contes pour enfants, des pubs et du multimédia. Sa réputation a commencé avec le travail qu’il a réalisé pour les cédéroms de soutien scolaire Adibou au début des années 2000. Il a publié ensuite deux albums : chanteur engagé, il écrit des textes aussi intéressants pour les enfants que pour les parents.
 Il enregistre son premier CD en 2002 (Plus loin que le bout de ton nez) et le deuxième en 2004 (Midi à quatorze heures).
Il aime chanter pour les enfants, mais il n’aime pas les chansons infantiles. Les siennes, entre deux couplets qui batifolent (comme la plage 4 écoutée), parlent d’écologie, d’humanisme, de tolérance et de tendresse. Mais Alain Schneider n’est pas du genre à asséner des leçons. Comme il dit : "Nous vivons dans un monde où le doute est moins en moins permis… En toutes choses et de plus en plus tôt, il faut choisir absolument un camp, ça m’agace. Et je ne suis ni dans l’enfance, ni dans l’âge dit adulte…et j’aime aborder des thèmes sérieux sur un ton léger". C’est sans doute la raison pour laquelle il a intitulé son album "Entre le zist et le zest", une vieille expression venue du 18ème siècle qui veut dire ni bon ni mauvais, ni beau ni moche, entre chien et loup, mi-figue mi-raisin…
Les Treize morceaux du CD serpentent de jazz manouche en rythmes cubains, de boogie pas bougon en pop pimpante.


Philippe
Titre de l'album : Héliocentric (2000)
Titre de l'extrait : Sweet pea, my sweet pea
Interprète : Paul Weller
Genre musical : Pop Rock
 
A présent artiste solo, Paul Weller s'illustrait en trio il y a déjà 30 ans, au sein de The Jam, groupe fulgurant qui se réclamait tout autant des Who que de la classe ouvrière, et qui conjuguait souvent avec brio le triangle d'intentions qui une fois transformé constitue quelque part une des définitions les plus plausibles du rock au jour d'hier, d'aujourd'hui et de demain : urgence, mélodie, irrévérence. Entre 1977 et 1982, The Jam secoua le prunier de l'AngleterreTatchérienne de si belle manière qu'il réussit à placer cinq singles en même temps dans le top des ventes et à élire Paul Weller, dont les déclarations tapageuses faisaient sensation, "meilleur être humain du monde" (sic), avant de se sabrer en règle à la suite d'une crise existentielle, au faîte de leur gloire insulaire, puisque pendant ce temps, le reste du monde, indigne, faisait la sourde oreille.
Sourde oreille qui resta, à raison cette fois, encore plus bouchée à la suite piteuse donnée contre toute attente par Weller à cette aventure : the Style Council, sorte de pseudo soul motown navrante parée de belles pochettes en noir et blanc, qui l'occupa tout de même, on ose à peine imaginer comment, jusqu'au milieu des années 90. De retour à la raison et à la guitare électrique, Weller rebrancha en même temps la jeune génération au travers de ses émules revendiquées : Oasis, Blur, Ocean Colour Scene, et le succès, jusque là boudeur, repris goût à lui. Emprunté au nom d'une théorie qui place le soleil au centre de l'univers, Heliocentric, paru en 2000, illustre parfaitement ce retour en lumière. Weller, les yeux fixés sur l'astre du jour, donne l'impression qu'il a enfin mis le fruit de son expérience du songwriting au diapason de son bien-être, qu'il décline tel un tournesol têtu tout au long de 10 titres pop-rock d'excellente facture, à savourer pendant les éclaircies et sous un ciel sans nuage.

 
Anne-Marie H
Titre de l'album : Les Indes Galantes. DVD
Titres des extraits choisis : Danse du Grand Calumet de la Paix, exécutée par les Sauvages, puis Air de Zima et Adario : "Forêts paisibles", extraits de la 4ème Entrée : Les Sauvages.
Nom du compositeur : Jean-Philippe Rameau
Genre musical : Opéra baroque. A la mode du XXIème siècle !
 
C'est en 1735 que Rameau compose Les Indes Galantes. C'est un opéra-ballet en un prologue et 4 Entrées (ou actes).
L'opéra-ballet est un genre musical spécifiquement français. Il dérive du Ballet de Cour, genre qui mélangeait la poésie, la musique et la danse et qui existait depuis 1581 (Le Ballet comique de la Reine).
Ces ballets furent d'abord dansés par la Cour et les Rois (Louis XIII et Louis XIV) puis par des professionnels. La tragédie lyrique naît avec Lully et aussi la comédie-ballet : Le Bourgeois Gentilhomme en est un exemple, fruit de la collaboration entre Molière et Lully.
L'opéra-ballet est plus léger que la tragédie lyrique (par le choix de ses sujets) et la danse y occupe une place très importante.
La trame des Indes Galantes est assez mince : il s'agit de célébrer l'amour plutôt que la guerre (Rien de nouveau sous le soleil !) et on le fera en traversant "les plus vastes mers", c'est-à-dire en allant dans des contrées lointaines très fantaisistes. D'où les Entrées suivantes :  Le Turc Généreux, Les Incas du Pérou, Les Fleurs, Fête Persane et Les Sauvages. Il n'y a rien de musicalement authentique dans les airs et les danses, mais le plaisir de les enchaîner avec une jeunesse et un entrain très communicatifs.
Dans les deux extraits choisis, on peut d'abord voir une prétendue danse du calumet de la paix dansée par les Sauvages sur un thème que Rameau avait composé quelques années plus tôt pour le clavecin. La chorégraphie n'est pas du XVIIIème siècle mais elle constitue un régal pour les yeux. Et que dire de l'air où Zima (Patricia Petibon) et Adario (Nicolas Rivenq) ne se contentent pas de chanter mais dansent avec les autres "sauvages" !
On ne sait ce qu'il convient d'admirer le plus : la musique de Rameau, d'une incroyable jeunesse, la direction de William Christie, le plus français des américains, la chorégraphie de Blanca Li, inventive et fraîche, les chanteurs et les danseurs qui ont manifestement beaucoup de bonheur à jouer...
Et c'est aussi un grand bonheur pour le spectateur.
NB : Si vous avez envie de regarder cette oeuvre magnifique, n'hésitez pas à aller jusqu'au bout, après les applaudissements, pour voir toute la troupe et le très respectable William Christie chanter et danser" Forêts paisibles".. La salle jubile et le spectateur aussi.
Le comité lui a décerné le coup de cœur DVD, sans hésitation !


Gilbert
Titre de l'album : Sumiglia (Savina Yannatou)
Titre de l'extrait choisi : Ganchum em yar ari
Nom du compositeur ou de l’interprète : Traditionnel, instruments : Primavera en Salonico   (Accordéon, Violon, Viole, tambour, guitare, basse, percussions, ...), voix : Savina Yannatou
Genre musical : Traditionnel
 
Savina Yannatou, accompagnée de l'orchestre "Primavera en Salonico", interprète des morceaux traditionnels du grand bassin méditerranéen et au-delà : tout d'abord de son pays la Grèce, puis d'Espagne, Italie, Corse, Sicile, Albanie, Palestine, mais aussi Moldavie, Arménie, Ukraine, ...) Lachanson que nous avons écoutée est une chanson d'amour arménienne. Tous ces chants traditionnels sont très divers mais semblent en même temps former une unité. Savinna Yannatou débute la plupart des morceaux "a capella", puis reprend avec l'orchestre, introduisant des ruptures de ton et de rythme.


Par Bibliothécaires musicaux de Franche-Comté - Publié dans : Comités musiques
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